‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 5)Chapitre 116 sur 201 · Âug. inps. zcix, § 7, t. lY, p. 1534, b, c · texte numérisé non relu

Âug. inps. zcix, § 7, t. lY, p. 1534, b, c

S. S. AugusUn écrivait à ses fidèles : « Domiois dilectissimis et de- « siderantissimis, sanct» plebi cui ministro , merabris Gtiristi, Augus- € tinus in Domino, salutem. • (Ep. cclxvui, t. Il, p. 1367.) En saluant du même titre Maximin, évèque donatisle, il en donne la raison. Domino scripsi, quia scriplum est : Vos in libertalem vocati estis, fraires, ianlum ne libertatem in occasionem carnis detis , sed per charitatem servite invicem. (Galat. \, 13.) Celui à qui Ton s'adresse peut être dit < maître », puisqu'on doit le servir par charité et en vue du maître unique. (Âug. Ep, xxiii, t. II, p. 44, c.) Il I explique encore dans Tusage épistolaire, parce que nous devons à tous de libres services : c Quodam modo liberam servilutem. » {De gestis Pelagi, § 51, t. X, p. 510, a.) Cf. De opère monach., § 37, t. VI, p. 833, c, et S. J. Chrysostome, commentant un texte de saint Paul, De Anna, serm. iv, 4, t. IV, p. 735, d.)

3. Basil. Moral, reg, lxxv, § 1, Sur les devoirs des esclaves, et § 3, Sur les devoirs des maîtres. Il rappelle les textes de TÉvangile et des apôtres cités plus haut. (Basil., t. II, p. 310-311.)

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pensée chrétienne, et marquait, au delà de ces rapports provisoirement maintenus enire maîtres et esclaves, le vrai but où elle prétendait arriver : « Qu'il y ait, dif-il, un mutuel échange de servitude et de soumission, et il n'y aura plus d'esclavage ; que l'un ne prenne pas rang parmi les libres et l'autre parmi les esclaves : il vaut mieux que maîtres et esclaves se servent les uns les autres, et une telle servitude serait bien préférable à une autre liberté. Et en voici la preuve : qu'un homme ait cent esclaves et qu'aucun d'eux ne le serve ; qu'il y ait ailleurs cent amis se servant mutuellement, où sera le bien-être? où y aura-t-il le plus de joie et de contentement ? Ici point d'indignation, ni de fureur, ni rien de semblable; là, l'inquiétude. C'est par force d'un côlé, et, de Tautrc» par

reconnaissance, que se fait le service. Cest ce que veut le

Seigneur; c'est pour cela quHl a lavé les pieds à ses dis* ciples^. »

Ces maximes ne furent pas sans application chez les chrétiens, et les Pérès de l'Église, qui leur proposaient le grand modèle de Jésus-Christ, eurent aussi, parmi eux, des exemples à joindre à leurs préceptes'. Des femmes de la plus noble origine pratiquaient ces vertus d'abnégation et d'humilité. Saint Jérôme citait Fabiola, issue de Fabius, Paula, de la famille des Paul-Émile et des Scipion, comme aimant à se confondre parmi les pauvres et les esclaves', ou encore sainte Léa qu'on aurait prise, dans

1. Chrys. In Ep. ad Ephes. y. homil, xix, 5, t. XI, p. 141-142.

2. Plusieurb inscriptions chrétiennes font honneur aux maîtres de leur douceur envers leurs esclaves.l(LeBlant, Inscr., chrit. de la Gaule^ n- 25, 450.)

3. c Familiola quam in utroque sexu de servis et ancillis in fratres « sororesque mutaverat. » (Hier. Ep, lxxiyi, ad Eustoch. y'irg.Epitaph.

la foule de ses serviteurs, comme la servante de tous les autres ^ ; et il montre ailleurs rattachement que cette conduite des maîtres leur méritait de la part de leurs esclaves^. Telle était plus spécialement la conduite des évoques; et, puisque, en affranchissant leurs s Tviteurs, ils ne pouvaient entraîner l'affranchissement général des esclaves, peut-être ne fut-il pas inutile qu'ils en eussent encore, afm de montrer, par Texemplo comme pai' la doctrine, comment on en devait user. Mais cet exemple lui-même avaitil assez de force pour devenir obligatoire, et leur doctrine, appuyée des textes les plus précis de l'Écriture, eut-elle assez d'influence pour transformer les rapports de maître à esclave dans la société chrétienne de leur temps ?

Ce n'était plus, il faut l'avouer, la société des apôtres et des martyrs. Lorsque le christianisme fut sorti de ces temps difficiles où l'on n'était chrétien qu'au péril de sa vie, où Irf foi devait être à l'épreuve des tourmenis, lorsqu'il prit possession du monde, il ne put, dans ce domaine agrandi, retrouver les mômes vertus parmi les fidèles : car il devait accueillir, au nombre des croyants, bien des hommes attirés par la nouveauté, entraînés par la foule, enfants du polythéisme, étrangers encore aux idées de la vie chrétienne et qui apportaient à l'Église leurs mœurs païennes à corriger. La société chrétienne

Paulœ, t. IV, P. II, p. 670, cf. p. 678, et ad Océan. De morte Fabiolœ, ibid., p. 658-662.)

i. Hieron. Ep. xx, ad Harcellam, De exitu Leœ, ihid,, p. 5i-52.

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