Ihid,, §§ 27 et 28, p
3. Àug. De opère monach. § 32„'j>. 827. (Cf. Regvla ad tervot Dei, §§ 1 et 2, 1. 1, p. 1271*1272. Â la fin, par une autre de ces saiities où
Celte rude leçon donnée aux moines fainéants, saint Augustin eut Toecasion de la répéter dans plus d'un discours à ceux qui, renonçant au monde, voulaient d'abord renoncer au travail. Il insiste toujours sur le commandement de saint Paul : Si quis non vult operarif non manducet; et il y joint encore l'exemple de l'Apôtre qui, prédicateur de l'Evangile, soldat du Christ, planteur de la vigne, pasteur du troupeau, avait bien le droit de vivre de la parole de Dieu : ce qui ne l'empêcha point de refuser un salaire si bien gagné pour se donner comme modèle à tous ceux dont les prétentions voudraient s'élever plus haut'. Le travail n'était donc pas seulement la loi de l'homme déchu ; c'était encore sa condition depuis que le Sauveur l'avait relevé, c'était la règle de la vie parfaite, comme les saints la voulaient établir dans les monastères, pour servir d'exemple aux fidèles liés au monde par leurs devoirs. Aussi le travail faisait-il de la classe inférieure la classe la plus rapprochée, par son genre de vie, de la perfection de rËvangile; et saint Jean Chrysostome en relevait les avantages dans un discours où, selon son habitude, il unit avec tant d'art les textes sacrés à sa démonstration : « Ne proclamons pas trop le bonheur des riches, ne méprisons pas les pauvres, ne rougissons pas des métiers et ne croyons
S. Augustin oublie volontiers la régie et la mesure, il se prend à leurs longs cheveux, et demande 8*ils veulent aussi faire vivre les barbiers dans le repos, ou s'ils prétendent imiter encore les oiseaux de TÉvangile, et craignent d'être déplumés et de ne plus savoir voler. {De opère monac^., §59, ihid., p. 835.)
1. Aug. ihid,, § 4, p. 801-80S. Cf. in Joann. Ev. tract, cxxn, 3, t. Ht, p. S45S-S45S, et Uieron. £>. xv, t. IV, P. n, p. 21 : « Manu quotidie et f proprio sudore quaBrimus cibum, scîentes ab Âpostolo scriptum esse : « Quiautem non operatur non manducet. » C^était, dit le saint, la pensée qui dirigeait Asella dans son travail : « Operabatur manibus suis, « sciens scriptum esse, » etc. (Ibid. xxi, t. IV, P. n, p. 53.)
L'ÉGLISE ET LA LlBE&TÈ. 383
pas qu'il y ait de la honte dans les occupations manuelles, mais bien dans Toisiveté et dans l'inaction. S*il eût été honteux de travailler, saint Paul ne l'eût pas fait et ne s en fût point tant vanté dans rÉcriture ; si les métiers étaient une flétrissure, il n'aurait pas déclaré ceux qui ne Ira* vaillent point indignes de manger. » Et, poursuivant, il montre Texcellence du travail qui continue l'œuvre de Dieu dans le monde; qui, dans l'homme, n'est pas seulement une expiation du péché, mais un préservatir contre ses atteintes, une source pure de bonnes œuvres et de vertus*.
Il n'est pas besoin de dire avec quelle sollicitude l'Eglise recommandait l'homme de travail et l'homme de louage aux attentions des fidèles : ci Car qui sait, disait saint Ambroise en commentant l'histoire de Tobie et de l'ange, s'il n'y a point de même un ange en lui ' ?» A plus forte raison faisait-on au riche un devoir d'accomplir envers son mercenaire toutes ces obligations de droit rigoureux dont le fort, en un temps d'oppression, s'affranchit volontiers à l'égard du faible; et, tandis que Libanius plaide pour les maîtres comme pour les paysans, saint Jean Chrysostome prend surtout en main la défense de ces pauvres campagnards, mourant de faim au milieu des produits de la terre, travaillant sans relâche pour se retirer les mains vides, et laisser le propriétaire remplir ses greniers et ses caves des fruits de leurs veilles et de leurs sueurs : trop heureux s'ils ne lui restent pas liés jiar quelque dette, exposés à mille vexations, à mille
1. Ghrys. in illud, Salut. Prise., § 5, t. UI, p. 178-180. CF. ad Stag. a dœm. vex. hom.j § 3, t. I, p. 159, c.