‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 5)Chapitre 143 sur 201 · De Tobia, xxnr, § 91, l. I, p · texte numérisé non relu

De Tobia, xxnr, § 91, l. I, p

corvées graluiles*. Ce Iravail, le salaire auquel il donne droit, c'était pourtant Tunique soutien du pauvre : et n'élail-ce pas le tuer que de lui ôler les moyens de vivre? Aussi les Pères font-ils de ces abus de pouvoir presque un crime d'homicide ; et, si la loi des princes n'a point de peine pour ce genre de meurtre, ils en appellent à une sanction plus haute. L'homme, mercenaire en ce monde, ouvrier dans la vigne du Seigneur, devait s'attendre à trouver auprès du divin maître la mesure dont lui-même aurait usé '.

Eu prouvant la nécessité, la vertu, la noblesse du travail, les Pères ne faisaient point de distinction. Us condamnaient les professions dangereuses, mais ils jugeaient égales toutes les fonctions utiles dans Tordre des métiers comme dans Tordre des services : car TÉglise est souvent comparée à un corps dont les membres, avec leur usage divers et leur beauté propre, ont pourtant même destination et même vie'. Ainsi, au d'jrnier rang du clergé, les fossoyeurs qui, à Texemple de Tobie, ensevelissaient les morts, étaient recommandés aux évêques comme des frères, en leur

1. f Cieuz, troublez-vous d'étonnement ; terre, frémis, » s*écrie le saint, avec l'auteur sacré, en retraçant ce tableau. (Chrys. in Mattk. hom, ULi, 5, t. YIl, p. 614.) Cf. Libanius, De patroc, vtcortan, cité plus haut, p. 271, et la lettre de S. Augustin en faveur de colons menacés de payer une double redevance, à l'intendant d'abord, puis au maître, qui tenait le paiement pour nul parce qu'il ne l'avait pas reçu. (Ep, ccxf.YEi, t. II, p. 1327.)

2. «... Hoc est enim interficere hominem, vit» suae ei débita subit sidia denegare. Et tu mercenarius es in hac terra : da mercedem « mercenario, ut et tu possis dicere Domino, quum precaris : Da « mercedem , Domine , sustinentibus te. » (Ambros. De Tobia, zziv, 02. ibid.)

3. Chrysost. in Ep. ad Ephes, i^, hom. x, i, t. XI, p. 75-76. Aug. Scrm, GCLxvn, § 4, t. V, p. 15;^3, c.

qualité de serviteurs deJ. €.*; ainsi les veuves âgées, qu*cntrelenait l'Église, prêta-cnt leurs services aux clercs iiuilades et sans parents, comme ces saintes femmes qui accompagnaient les apôtres et veillaient à leurs besoins' ; et ces exemples étaient toujours suivis dans les classes les plus élevées. De pieuses matrones, au temps des Pérès de l*Kgli$e, renonçaient encore à tous les avantages de la beauté, de Tàge et de la richesse, pour se confiner aux derniers rangs du service domestique', pour se consacrer elles-mêmes au service des malades et aux soins les plus rebutants, comme le faisait la petite-fille des Fabius^, cl encore Flaccilla, femme de Théodosc". Nulle fonction qui parut vile aux yeux de TÉglise, nulle qui ne fût honorée par Texemple des saints ou des martyrs : il y avait des martyrs et des saints même dans celles que TEglise réprouvait comme suspectes*. Les grands du monde, les évoques,

\ . Hieron. De vn ordinibuê EccUsiœ, t. V, P. i, p. 99. Disons, du reste, que Ton doute de l'autlienticité de ce Irailé. — Des clercs employés aux mêmes soins sont désignés sous le nom de copiaiœ (1. 1 ('ùyl), C. Th., Xill, 1, De lustral, contai.); d'autres, à Alexandrie, formaient une corporation chargée du soin des malades : on les appelait, à cause des dangers auxquels ils étaient exposés dans les contagions, parabolani. (L. 42, G. Th., XVI, ii. De episcopU,)

2. Hieron. Ep. xxxiv, ad Nepotianum, De vita cleric.^ t. IV, P. u, p. 260; Âug. De opère monach,, § 5, t; VI, p. 803, c.

Page 1