‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 5)Chapitre 15 sur 201 · Épict. Diss, U n, 6, et II, v · texte numérisé non relu

Épict. Diss, U n, 6, et II, v

4. «... Ne peux-tu pas écrire? Ne peux-tu pas instruire des enfants ? garder la porte d'autrui? Mais, dis-tu, il est honteux d'être réduit à une pareille nécessité. Commence par apprendre quelles sont les choses honteuses. • (DtM. UI, xxvi, 7.)

comment faut-il Tentendre? C'est au pur stoïcisme qu'Épictète demande la solution de ce double problème. Et d'abord, le corps n'est point ici en cause, il s'agit exclusivement de Tàme* ; il s'agit de la volonté ; nul n'est esclave s'il garde son libre arbitre, nul n'est libre s'il n'a puissance sur soi-même*. Mais comment réaliser cette domination de soi qui est la liberté absolue (ajT£;3'jsicv ts xal ock5vs|Acv £Tv2t)? en la réduisant à ce qui est véritablement de son ressort, en ne cherchant point à l'étendre au delà*. Or ces limites sont faciles à poser : « Tout ce que lu ne peux pas te procurer ou conserver, lorsque tu le désires, t'est complètement étranger*. » Biens, amis, enfants, famille, rien donc n'est à nous; le corps môme n'est pas à nous*, et non seulement il ne faut pas essayer d en retenir la possession, mais il Taut rompre les attaches qui nous y lient pour èlre libres.

Ainsi l'homme doit se réduire à l'àme, à l'âme privée de la sensibilité, privée presque de son activité : « La liberté, dit Êpicléte, ne consiste point à jouir des objets

^r/jif )^'j«.svî;, ixtudîpoç. (Épict. Fragm, 9.)

2. Ou^wç-^àp ^cûXc;, rh irpoaîçsaiv v>;rxp)^<ûv iXfuSipc;. . . . où^il; sXeûOspor, iX'jTcû (iTj xpaTciv. {Ibid, 8 et 14.)

3. « On est maître , quand on a en son pouvoir les choses qu'on veut avoir ou rejeter, de teHe sorte qu'on puisse les prendre ou les laisser. — Celui qui veut être libre doit ne vouloir et ne fuir que ce qu*il a ainsi en sa puissance; sinon il est esclave. » (Man. iiv, 2.)

Page 1