Ap. Stob. Flonleg. LXII
esclavage liéréditairc, ni la naissance, ni la guerre, ni la vente, n'établiront une race d'esclaves, sans usurper sur les droits de familles que la nature avait produites pour la liberlé^ »
Épictète qui, esclave jadis, aurait dû mieux compatir à l'esclavage, semble avoir pris dans son ancienne condition le droit d'y être plus insensible*. Lui aussi, cependant, il comprend l'humanité autrement que le vulgaire et que les politiques ; il élargit la sphère où l'homme se meut en cette vie; il le proclame habitant du monde et enfant de Dieu ; et au-dessus de la cité nationale, il élève cette cité plus vaste qui comprend les dieux et les hommes'. Mais il porte si haut sa théorie, qu'elle devient inapplicable aux choses du monde ; et, d'ailleurs, quand il assure à tous une si parfaite égalité, comment s'émouvoir de pitié pour des distinctions imaginaires^? C'est la faute de celui qui les souffre, et elles ne peuvent plus inspirer au philosophe que de l'indignation et du mépris.
Il y a encore, en effet, parmi les hommes» cette distinction de libre et d'esclave ; mais à quoi s'applique-t-cUe et
i. Oral, Vf y p. 258 et suiv. — Il conclut qu'il faut juger i'iiomme comme un cheval, comme un chien de chasse. S*il a des qualités, il le faut dire noble et de bonne race, sans rechercher son origine, p. 2il-244. — Dans son dixième discours. Sur les esclaoes, il met dans la bouche de Diogène divers arguments contre l'emjiloi des esclaves et sur la servitude des maîtres qui dépendent de leur service, etc.
2. Ëpictète, né à Hiérapolis, en Phrygie, fut esclave d'Épaphrodite, affranchi de Néron. Un jour, dit-on, que son maître s'amusait à lui tordre la jambe : • Vous la casserez, t dit Épictète; et l'événement ayant suivi la prédiction : c Je vous l'avais bien dit, » ajouta sur le môme ton le philosophe.