‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 5)Chapitre 17 sur 201 · Ibid. IV, I · texte numérisé non relu

Ibid. IV, I

rencontrer ni limile, ni gêne, clic s'interdit l'action : n'est-ce point cesser d'être? n'est-ce point s'anéantir soimême que de s'iibandonner, comme il le dit, à la volonté de Dieu*? Ne nous y trompons point, cependant. Le principe de sa liberté demeure avec toute son énergie, et cette résignation apparenle cache une plus haute exaltation de l'iime. La volonté de Dieu à laquelle elle se livre, ce n'est même pas dans les choses extérieures, c'est en elle-même qu'elle en cherche la révélation : car « la raison est supérieure aux présages*. » La raison veut que, pour toutes CCS choses indifférentes de la vie, elle se laisse aller au cours des événements : qu'est-ce que la vie? un rôle; chacun doit remplir son personnage sur cette scène du monde, long ou court, important ou médiocre'. Mais faudra-t-il toujours l'accepter jusqu'au bout? « Eh quoi! si l'on m'envoie à l'île de Gyare? Si cela t'arrange, tu iras; autrement, tu sais le lieu où tu dois te rendre, bien loin d'aller à l'Ile de Gyare : le lieu où doit arriver un jour, bon gré, mal gré, celui qui t'y envoie maintenant*. » La raison demeure donc Tinterprète suprême de la volonté divine; et, si elle juge, n'est-ce pas elle qui commande, alors que Téme ne semble qu'obéir? Ce privilège, Épictète le lui réserve dans les passages mêmes où il prêche la docilité et la soumission, comme pour en marquer plus nettement les conditions et le caractère : — « Dans quelque poste que tu m'aies placé, je mourrai mille fois (comme dit Socrate) plutôt que de l'abandonner. Mais encore où veux^u que j'aille? Ah! en quelque endroit que je sois,

i. DÎM. IV,I, 89-91; cf. vu, 17.

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