‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 5)Chapitre 18 sur 201 · Diu. II, VI · texte numérisé non relu

Diu. II, VI

souviens-toi de moi. Si lu m'envoies dans un lieu où les hommes ne peuvent vivre d'une manière conforme à la nature, je me retire, non pour te désobéir, mais persuadé que tu me donnes ainsi le signal de la retraite ^ »

Ainsi Une paraît s'élever contre le suicide que pour en éloigner la légèreté ou le caprice, et le remettre, comme un droit sacré, sous la sauvegarde de l'inspiration divine : chez les animaux vraiment libres, celte inspiration, c'est l'instinct de la nature ; chez les hommes vraiment libres, c'est la voix de la raison*.

Ces principes établis, rien de plus simple que de les appliquer aux conditions sociales ; et ces applications se reproduisent partout dans le Manuel et dans les Discours d'Épiclète, avec quelques variations de forme, selon qu'il considère l'homme libre ou l'esclave. C'est de l'homme libre qu'il parle, surtout, car c'est à l'homme libre qu'il s'adresse : on le reconnaîtrait au nom d'esclave (ivBpiTroBov) qu'il prodigue à son interlocuteur *. 11 veut le désabuser, en effet, sur ces droits d'homme libre ou de maîlre, dont il se croit en possession. Il n'est pas maître, car l'homme n'a que deux maîtres dont il subit successivement le joug : la vie et la mort. Il n'est pas libre, car il est esclave des sens, esclave du luxe, esclave de l'ambition*. S'il fallait

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