‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 5)Chapitre 46 sur 201 · I. Les esclaves d'un usage purement domestique · texte numérisé non relu

I. Les esclaves d'un usage purement domestique

II. Les esclaves qui mettaient plutôt au service de leur maître, soit 1^ leur habileté en affaires (procureurs, intendantsy agents divers) ; soit 2^ leur intelligence et leur talent (médecins, grammairiens, artistes) ; soit 3^ leur industrie et leur travail (charpentiers, forgerons, etc.).

La première classe, par la diversité des fonctions qu'elle renfermait, comptait des serviteurs de tout rang, depuis l'humble mediastinuSj relégué aux soins les plus vils du ménage, jusqu'à r.esclave de choix, élevé quelquefois par le maître pour lui tenir compagnie et charmer ses loisirs ^ Si longtemps que durera Tesclavage, le premier ne sera pas remplacé ; le second ne le sera que par lui-même, si, tiré de la servitude par l'affranchissement, il préfère la vie d'une splendide maison avec ses fonctions demi-serviles au douteux avenir d'une pleine liberté. Les auteurs de l'empire nous montrent bien encore, dans la demeuix; des grands, d'assez nombreux serviteurs*; mais ils prouvent aussi, et les inscriptions témoigneront également,

1 . MâROHI âLUMNO i c. CALPnURHIDS tAUSVS | — DOMINO DILECTC8 | QUOQCO IRET 8EJ1PBR C0ME8 | POCULI MIHISTER | D0CTU8 PALAESTRAB PUER | — ÀEQUES |

sEPULTos HIC suM | NATus ANHos ocTo ET DECiM. (Orelii, 2882 et beaucoup d'inscriptions de jeunes esclaves nés à la maison (vemœ)^ par exemple : GRATTU CTPA&B FECIT SIBI ET | G. VARULEIO 8UAVI VIRO SUD | ET A6A- THOCLI TER5AB SUO | CARISSmO QUI VUIT AMIf. | HI MERSES TUI ET SUIS | CM-

KiBus P0STERI8Q. EORUM | (C. Itisc, lol. t. VI, 4574.) Cf. ihtd. 46il, autre venta de 17 ans.

3. Apul. Met. H, p. 57 (Deux-Ponts); J. Capitol. Fer. 5; Àmm. Marc. XIV, C, p. 25, et XXVUl, 4, p. 527 édition Valois). Yopiscus ditd^Aurélien (AureL 49) qu*il fixa pour les eunuques im nombre proportionné à retendue des terres sénatoriales, parce que leur prix s'élevait à un taux exagéré.

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pour cette période comme pour la précédente, que les affranchis s'y confondirent souvent avec eux (21).

Dans la seconde classe, il dut en être de môme de la première subdivision. Des affranchis, alors même que cette condition ne leur était point imposée par Taffranchissement, durent trouver avantageux de continuer la gestion des affaires de leurs maîtres, recevant à titre de part ce qu'ils avaient jadis comme pécule ; le nombre en est considérable dans les inscriptions qui nous sont restées ^ La seconde ne se borna point à retenir des affranchis, elle attira des hommes d'origine ingénue par les avantages ou les honneurs que la faveur du public ou l'estime des princes attachait à ces professions. Sénèque parle avec sentiment et dignité de ces titres de la médecine et de l'enseignement à la considération et à la reconnaissance des familles*; et le pouvoir s'en était fait l'interprète par divers privilèges. César avait donné le droit de cité aux médecins et aux professeurs ; Auguste ajouta l'immunité pour les premiers, et les autres obtinrent de semblables avantages de la muniûcence des princes suivants '. L'exemple de Néron, qui prononça deux discours, mit en

i. Voy. les tables des divers volumes du Corpus Inscripl. /ai. aux roots Procuraior, Di$pensator, a raiionibusy ab epUtolu, etc. On voit encore quelquefois, attachés à ces services dans le palais des princes, des esclaves qui ne manqueront pas d*être un jour aiîrancliis : pbilades roTus AUGG. HIC. (Atiguitorum nosirorum) VBR(mi) cu8t(o<) TABDL(arttm). (Wilmanns, 1402.) gallistus aug. n. Disp(en<ator). [Ibid. 1415; cf. 1414, etc.) Voy. encore la note 22 à la fin du volume.

2. (( Quare et medico et prœceptori plus.quiddam debeo nec adver- 1 sus illos mercede defungor? Quia ex medico et praeceptore in ami- <( cum transeunt, et nos, non arte quam vendunt, obligant, sed benigna « et familiari voluntate. » (Sén. De benef: YI, 16.) Sénèque lui-même et Fronton pourraient être cités pour exemple. . 3. Suét. Cœt. 42; Dion, LUI, 32, p. 725 (12 av. J. C), etc. Voyez ciaprès, ch. VI.

vogue la rhétorique plus que Cicéron ne sut faire. Jamais, dit-on» elle ne fut plus florissante à Rome, et Suétone nous a montré qu'elle pouvait mener de la position la plus infime à la dignité sénatoriale ^

Il en fut des arts d'agrément comme des arts utiles, car le peuple ne paye rien si généreusement que son plaisir. Les gladiateurs (c'était un art d'agrément pour le peuple romain), les acteurs et les mimes, affranchis souvent par sa faveur,, laissaient librement à l'arène ou au théâlre une habileté ou un talent dont ils étaient seuls, dès lors, à recueillir les avantages*. La plupart gardaient bien la marque dégradante de leur ancienne profession ' ; mais plusieurs s'élevaient aux honneurs ou à la fortune. Une femme, Dionysia, pouvait gagner 200 000 sesterces ; Roscius 300 000, profits qu'il dédaigna quelquefois * : et les honneurs ne leur manquaient pas pins que la fortune. On sait de quelle considération jouissait ce Roscius, l'ami de Cicéron \ Pylade et Baihyllc, affranchis d'Auguste, se parla-

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