‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 5)Chapitre 74 sur 201 · I. iO (419), eo(L · texte numérisé non relu

I. iO (419), eo(L

3. « Cura rectorum provinciarumcorporati urbis Bomae, qui in pe- « regrina transgressi sunt, redire cogantur, ut servire possint fun- « ctionibus quas imposuit an tiqua solemnitas. »(L. 4 (412), C.Th., XIV,

II, De privil, corporatorum. Cf. l un, (399), XII, xv, De centurionibus, et 1. 1 (397), XIV, vn. De collegiatis.) On suivait les régies appliquées au droit de la puissance paternelle, pour adjuger ou refuser à la corporation qu'ils avaient délaissée les enfiinls nés depuis leur fuite.

4. (( Gollegiatos, et vitutiarios, et nemesiacos, signiferos, cantabra- « rios, et singularum urbium corporatos simili forma praecipimus revocari. • (G. Th., XIV, vu, De collegialis, 1. 2 (412); cf. XVI, x. De paganis, 1.20(415), qui ordonne aux prêtres païens de revenir dans leurs cités propres.)

SERVICE DES HUNIGIPES. i77

Elle s'uppliquail donc, en vcrlu du môme droit, au corps des armateurs quoique plus élevé ; et la loi y insiste peutêlrc davanlage, afin que le privilège ne leur ôlc pas le sentiment de leurs obligations. Us sont esclaves de leurs fondions S esclaves perpétuels, nonobstant toute dispense surprise à la faveur du prince'; point de dignité «jui excuse, poini de prescription qui libère' : i's transmettent leurs charges à leurs fils*, et elles passent, sans dirficnlté, a ec leurs biens, à leuri héritiers*.

C'est la condition normale des corporations, c'est l'état général de lous les citoyens de Tempire. Les habitants de ces petits châteaux disséminés à la frontière (burgarii)^ sont fixés en leur lieu. Qu'y font-ils? ils y sont ; leur foncliou est d'èlre là, immobiles comme le dieu Terme. Senlinelles avancées du pe.iple romain, il faut qu'ils vivent au milieu des invasions (nnemics, relirés dans leur fort, comme pour retenir à TÉlat un droit de

1. f Universos, qiios navicubriaB condicioni obnoxios invenit <inti- « quitus, prœdiclîe functioni conveniet famulari. » (L. 55 (412), G. Th., XllI, V, De naviculariis.) — Onera navicularia (1. 2,eoc/.); ohsequium, nécessitas (\. 1, 16, 22, et C. Th., XKI, vi. De prœdiis navicu lariorium) .

2. < Sint perpetuo navicularli, quia qui mérite esse debeant provic disti; ipsa denique, si quoquo modo annotatio elicita fuerit, exclui dalur. » (L. 19 (590), C. Th., XIII, v, De naviculariis,) H s'agit de curiales qu'on avait faits naviculaires : ce qui ne les retranchait pus de la curie.

5. L. 3 (Z6S), C. Th., XIII, vi, De pra?rf. naviculariorum ; etl. 11 (565), XIII, Y, De naviculariis.

4. « Génère naviculariorum corpori cohaerent » (1. 20(592), C. Th. Xni, V, Denavic.}* ... débitas huic nécessitai i orijjines. » (L. 22 (393), eod.)

5. « Ac si, quum obierint, sobolem non relinquent, quique ille in « eorum facultiitibus qualibet ratione successerit, aucloris sui muuus « agnoscet. > (L. 19 (390), eod.)

6. « Burgos crebra per limitem habilacula constiluta vulgo vocant.i (Oruse, V, 22. Gf. Végèce, IV, 10, cité par GoJefroi ad I. un. G. Th., VU, xiv. De burgariis.

ni - 12

i78 LIVRE III. CHAPITRE Y.

possession sur ces fronlières désolées : c'est leur poste et leur demeure étemelle pour eux et pour leurs descendants ^ Sont-ce des soldais au moins? On les assimile aux esclaves publics dans les lois qui traitent de leur pécule et de leurs enfants* ! Mais qui désonnais échappe au joug de Tesclavage? Habitants des forts, membres des corporations, des collèges, de la curie même, tout sert*. La curie, ce conseil suprême de la cité, qui semble dans son ressort retenir quelque chose de la souveraineté publique, la curie n'est plus, à ce titre-là, qu'une corporation comme une autre*, avec plus d'obligations encore : car c'était elle qui, en plus d'une ville, tenait lieu du plus grand nombre des autres. C'était elle, du moins, qui partout répondait en môme temps de la perception de l'impôt et de raccomplissemcnt du travail public.

1. Ils avaient, sans doute, dans leurs forts des obligations analogues à celles de ces barbares établis dans les campagnes de la frontière : « Propter curam munitionemque limitis aique fossati. » La loi voulait que, dans ce dernier cas, ceux qui leur succédaient dans ces possessions fussent assujettis aux mêmes devoirs : « Circa curam fossati tuitiof nemque limitis studio vel labore noverint sei-vieîidum, ut illi quoshuic f operi antiquilas depularat. n (L. 1 (409), G. Th., VII, xv, De terris limiianeis (adressée au vicaire d'Afrique).

2. L. lin. (398), G. Th., VII, xiv. De burgariis. Gf. 1. 58, G.Th., VUI, V, De cursu publico, loi dont la précédente est la suite, et dont elle applique les effets aux burgarii : il s*agit de ces muletiers publics, que la mansuétude du prince ordonne de ramener à leur poste, « licet senes « aut débiles, cum uxoribus suisetomni peculioatque agnatione. »

3. « Qui curiae vel collegio, vel burgis cœterisquecorporibus... «erf vierit, » (L. 2 (400), G. Th. XII, xix, De his qui condit, propr, reliquerunt.)

4. Corpora curialium (1. 21 (335), G. Th., XII, i, De decurionibus) ; collegium ordinum (1. 94, eod.)

SERVICE DES HUNIGIPES. 170

L'empire pour retenir les curiales à ces importantes fonctions leur avait accordé des honneurs et des immunités de diverses sortes : privilège de ne pouvoir être assignés hors de leurs provinces sans un décret du prince^ et, pour leurs fils, de ne pouvoir ôlre exposés aux botes : le peuple eût voulu les charger encore de ce rôle-là*. Des limites d'âge avaient été fixées à leur magistrature (de vingt-cinq à cinquante-cinq ans) (46) ; la responsabilité qu elle entraînait pour eux ou leurs parents avait été sainement entendue, sagement réglée*. En outre Marc- Âurèle avait pris des mesures pour amender, en faveur des plus pauvres, l'inique rigueur du tour de rôle ; et l'on assurait des aliments à ceux qui se seraient ruinés au service de rÉlat*. On se ruinait donc déjà dans ces honneurs coûteux; et il faut, en effet, tout l'aveuglement de la passion pour ne dater que de Constantin la décadence de cette inslitulion et le dépérissement de l'empire*. Plusieurs lois protectrices du Digeste ne témoignent que trop de cette oppression, à laquelle leurs défenses ne devaient pas

Page 1