Orelli, 2571, etc
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couples de gladiateurs tous jusque-là victorieux ^ Dans uu autre monument d'un certain Bœbius, surnommé a trois fois juste », monument élevé en mémoire des jeux qu'il a donnés à Minturncs, on dit à sa gloire qu'il a, en quatre jours, produit onze couples, et sacrifié, tué^ onze gladiateurs, les premiers de la Campanie*. Tous les combats avaient donc été mortels, le peuple devait être content.
Dans le travail, comme dans les fonctions diverses du service domestique, on comptait désormais beaucoup plus d'hommes libres. Le nombre des citoyens, si considérablement diminué au temps des Gracques, si faible encore, en proportion de l'étendue du territoire, depuis la réunion de l'Ilalie à la cité, était grand, sans doute, depuis que le droit quiritaire était donné à tout l'empire, et qu'il s'étendait ainsi à tous les sujets libres du monde romain. Ce droit ne les avait point rendus plus riches : sans les relever des anciens tributs, il les soumettait à de nouvelles formes d'impôts. Il ne pouvait donc point, en de telles circonstances, leur inspirer, pour les occupations manuelles, un mépris de parvenu et tous les préjugés de
i. Orelii, 2570, et Mommsen, Inscr. Neapol. 2625.
2. Hic iciNT(urnû) diebus un edidit paru xi ei his ocaD. GhÂ(diatorc^) PRiic(os) ckMv{aniœ)jit. (Mommsen, Irucr, Neapol, n^^OôS. La loi de Dioclétien(G. J., X, un, De aihletis) qui assure la dispense des charges civiles aux athlètes couronnés trois fois dans les jeux sacrés, s'ils ont constamment combattu (per omnem œtatem) s'applique à des hommes libres, faisant métier de ces combats, combats d'ailleurs qui n'avaient pas cessé d'être honorés. Les princes eux-mêmes décernèrent quelquefois des statues à ces sortes d*athlètes (voy. Reines., Y, 44). Il s'agit d'athlètes ; mais, même dans les combats de bêtes, on ne flétrissait que les mercenaires : « Denique eus qui virtutis ostendendae causa hoc fa- « ciunt sine mercede, non teneri aiunt veteres, nisi in arena passi « sunt se honûrari:eos enim pulo notam non evadere. • (L. 1, § 6 (Ulp.), D., in, I, De poêtulando,)
rancien palriciat^ Us y étaient retenus, poussés même par la crainte de ces corporations qui saisissaient Thomme libre et Tenlevaient à ses loisirs, à ses occupations mémo, si elles n'étaient point de nature à offrir un plus grand profit à l'État; ils y étaient appelés par les immunités que les princes avaient assurées, soit au commerce, comme le fit Alexandre Sévère, pour Tatlirer vers Rome *, soit à la pratique des arts, sans distinction de lieu. Ces dispenses, dont le droit du Digeste ne laissait jouir que les métiers rattachés au service de l'armée', ou du moins les corporations légales d'artisans, consacrées à quelque service public, avaient été étendues par Constantin à la plupart des professions civiles. Leur travail, quoique tout privé, promettait aux municipes, au trésor même, des ressources qui légitimaient cette forme d'encouragement en leur faveur ; et le prince en avait dressé une longue liste que Jusiinien reproduisait avec peu de changement (59). On les retrouve non seulement dans la loi , mais dans des inscriptions qui témoignent de ce développement des mëliers dans la classe libre. Le travail du fer ou de Tairain, du bois, de la pierre ou du marbre (60) : une mention spéciale est due à ceux qui ont tracé tant d'inscriptions
4 . Ainsi Libanius, prenant pour exemple de la nécessité du travail, les forgerons, qui résistent au sommeil pour gagner de quoi vivre : Ti oSv gO KaOïù^ouffi ; tî; aùrcbç àçuirvîl^tt ^itfffoni;; oûx iXiuBt^oî ri k%\ il i^uuOîpuv; (Liban. Orat. xxxi, De tertrttel^, t. II, p. 651, if.)
2. « Negotiatoribus ut Romam voientes concurrerent maximam im- « munitatem dédit. > (Lampr. Alex. Sev. 22.) Plus tard Justiuieti dispensait, repoussait même de la milice armée les commerçants : « Hos € enim, utpote utiles omnibus contractibus, armata quidem militia « penitus abstinere sancimus; aliam vero quamcunque sine metu prse- « sentis sanctionis posse sibi acquirere. » (L. 1, G. J., III, itxV, Negotiaiores né militent.)
3. L. 6. (Tarr. Patérn.) D., L, vi, De jure immmitatiê, et 1. 5, § 12 (Galiistr.), eod.
sur les tombeaux^ ; la confection des machines, tous les arts qui se rapportent à la construction ou à la décoration des maisons, architectes, maçons , charpentiers, couvreurs, etc. (61); artistes en mosaïque, peintres, doreurs, statuaires, et l'art de mettre en œuvre Tor, Tivoire, les pierres fines et les métaux précieux (62) ; les soins qui ont plus spécialement pour objet la personne de l'homme, son vêtement, sa chaussure, avec tous k'S ornements que la richesse y ajoute (63); l'industrie qui met à son usage tout ce que réclament les besoins ordinaires ou les recherches de la civilisation : meubles d'utilité ou de luxe, armes de guerre ou de chasse, instruments de musique, instruments de métiers (64) ; et le commerce qui va chercher dans des régions lointaines, ou qui livre à la consommation les choses nécessaires à la vie ou au bien-être de la vie (65). Ces titres se produisent quelquefois avec le cynisme de l'homme qui trouve parfaitement honorable tout métier où Ton fait ses affaires, comme ce marchand de gladiateurs^ ifEGOCuTOR FABnuAE GLADiATORiAE* ; souvcnt avcc une incroyable emphase pour les professions les plus modestes, NEGoaATRix LE6UM1NARU, négociante en légumes, negogiator ARTis MAGELLARIAE, uégociant daus l'art du rôtisseur'; plusieurs aussi, entre autres, des ciseleurs, une marchande de pierres précieuses, élèvent des monuments à leurs affranchis et aux descendants de leurs affranchis^.
Cette population industrielle était assez nombreuse dans quelques grandes villes. Saint Jean Chrysostome, quand il se plaint du peu de sacrifices que l'on s*imposc pour
1. D. M. I TXTUL08 8CRI | BEND08 VEL | SI QDID OPE | RIS MARMOR | ArI FO | ERIT HIC HA I BE8. (OfelH, 11*4223.)