Dion Cassius, XXXIX, 25, p
SOURCES DE L'ESCLAVAGE A ROME. Zl
quatre mille caplirs qu'Auguste avait su faire dans les montagnes des Salasses ' ; et, vers la fin du premier siècle de Fempire, nous ti*ouvons celle dernière page de Thistoire des Juirs où Josèplie a pu inscrire toutes les misères que la captivité traînait après soi : les plus jeunes et les plus robustes des prisonniers réservés au triomphe ; parmi le reste, les en^'ants vendus, les plus âgés envoyés aux carrières d'Egypte, le plus grand nombre distribué aux provinces, pour aller périr dans les cirques par les bêtes ou par le fer. Pendant ce triage confié à Fronton, Tami de Titus, douze mille déjà étaient morts de faim : sur deux millions sept cent mile hommes, un million cent mille avaient péri, quatre-vingt-dix-sept mille restaient esclaves *.
C'était peu au jugement de plusieurs. Autant d*ennemis, autant d'esclaves, telle était la forme nouvelle que Sisennius Capiton donnait, en le retournant, au proverbe « autant d'esclaves, autant d'ennemis » (quoi servie ^ot hoste$f. Il semblait que ce fiU là ce droit de domination que le poète plaçait si fièrement dans les destinées de Rome.
Tu regere imperio populos, Romane, mémento.
Toutes les races avaient comparu devant le peupleromain dans ces solennelles revues de la victoire, toutes avaient envoyé au Capitole les victimes ordinaires du triomphe, foutes laissaient lignée dans l'esclavage. Mais l'habitude de ces
1. SIrabon, IV, p. 205. Le nombre des hommes capables de porter les armes, éTalné à huit mille, ne parait pas en proportion avfc le reste, compté pour trente-siix mille ; mais on sort d^une guerre où beaucoup d hommes en âge de comt)atlre ont dû périr.