‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 13 sur 213 · Diod. Fragm. XXXVI, iir · texte numérisé non relu

Diod. Fragm. XXXVI, iir

minement à leur puissance. Enhardis par la négligence des Romains, ils recevaient un autre encouragement des progrès du luxe parmi eux. Seuls, ils pouvaient livrer à leur usage ces hommes d'élite que la guerre ne rencontrait plus sur les champs de bataille ; et ils étaient servis en cela par Tambition rivale de ces princes dégénérés qui se partageaient les débris de la succession d'Alexandre : les royaumes maritimes de Chypre et d'Egypte les regardaient comme des auxiliaires contre l'empire des Séleucides. Us naviguaient donc en liberté, prenaient et venaient vendre leurs prisonniers, soit à Sida où ils ne se donnaient guère la peine de cacher leur origineS soit à ce vaste marché de Délos, placé au centre de leurs excursions, marché si riche, qu'on pouvait, dit Strabon, en exporter chaque jour des myriades d'esclaves*.

La piraterie, ainsi transformée en traite des blancs j était devenue lecommerce^Ie plus lucratif et le plus suivi. Des chevaliers, les plus grands noms de Rome, équipaient des vaisseaux, et allaient servir sous ce pavillon. C'était donc bientôt un métier honorable ; c'était déjà comme une puissance organisée, ayant ses arsenaux, ses ports, ses flottes, ses points d'observation. Elle ne s'attaquait plus seulement aux vaisseaux perdus sur l'étendue des mers, mais aux villes : plus de quatre cents avaient été occupées par les

(Strab. XIV, p. 664.)

S. Kaî '^àp •hXitmwTO *^aii<ùi * xal rh IfAivopeTov cOx àiruôiv iravTtXâ; {v pLi-Ya xal iroXux^aaTOv 'h AdXoç, ^a{iiw) puipta^a; h^^nô^toi aôO/.(xip^ xal I^a<i6at xal àiroirif&4>at. (Strabon, XIY, p. 668-69.) Nous n*aTons pas besoin de dire que le nombre, pris à la lettre, ne soutiendrait pas l'examen. — C'est au même passage de Strabon que sont empruntés les détails qui précèdent.

pirates*; el le Romain lui-même n'était plus en sûreté en Italie. Autrefois, on avait vu des chefs de pillâtes descendre au rivage de Literne el renvoyer leurs gens pour aller saluer dans sa retraite le grand Scipion* : c'est un hommage qu'ils lui devaient peut-être après l'incendie des flottes carthaginoises. Mais, depuis la ruine de Mithiidate, leur insolence ne connais^iait plus de bornes, et, s*ils descendaient en Italie, c'était pour y ravir des préteurs avec leur robe de pourpre, leurs licteurs et leurs faisceaux ; ils avaient enlevé ainsi la fille d*Ântonius, leur principal ennemi, sur le chemin de sa campagne''. Ces coups de main pouvaient se tenter par forme d'insulte ou dans l'espoir de quelque rançon ; car le citoyen de Rome n'était pas une marchandise facile à placer dans le commerce. Ils s'en dédommageaient d'une autre manière ; et, si, parmi leurs captifs, il s'en trouvait un qui alléguât ce titre redouté, ils feignaient l'éloimement, la crainte, se jetaient à genoux, imploraient leur pardon ; ils le revêtaient de la toge, de peur qu'il ne fût encore méconnu, puis, avec mille protestations de regrets, ils mettaient une échelle à la mer et l'invitaient à s'en aller librement : au besoin, on l'y forçait*.

Pompée, avec les moyens étendus qu'on mit entre ses

i. Plut. Pomp. 24. — 2. Val. Max. H, x, 2.

2. Plut, ibid, Cicéron (pro leg. ManiL 12) retrace avec un vif sentiment de rhonneur national in ulté l'audace des pirates : c Mercatoribus • totum mare non fuisse dicam, quum duodecira secures in prsedoc num pote>tatem |>ervenerinl T . . . portum Caietœ cetel)erriuium « atque pleni^simum navium, inspectante pra^lore a prae Jouibus esse

diieptum ; ex Miseno autcm ejus ipsius liben»s, qui ciim prœdonibus •< antea ibi bellum gesserat, a pi sedonibus esse sublatos ; . . . quum << prope inhpectantibus vobis clasbis ea cui consul populi romani pra?u positus esset a prœdonibus capta atque oppressa est ! »

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