‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 163 sur 213 · Plut. Syll. 9. — 5. App. G. civ. I · texte numérisé non relu

Plut. Syll. 9. — 5. App. G. civ. I

6. «Ver eas (nnulieres) se Catilina iredebat posse servitia urbana sol* « licitare, urbem incendere. » (Sali. Caiil, 24.)

pour augmenter ses forces : et le sénat apprenait que des mouvements allaient éclater partout parmi eux, à Capoue, en Apulie *. On n'avait point assez de soldats pour y veiller ; on avait trop de gladiateurs, et on les dispersait, comme on pouvait, dans les différents municipes, afin de les isoler et de les contenir •. Cela n'empêcha pas Catilina de trouver plus d'esclaves qu'il n*en voulut, quand il commença la guerre ; il fut même contraint de les refuser, de peur de donner à son entreprise les apparences d'une guerre servile, de ne pouvoir plus la dominer peut-être, et, au moins, de soulever tous les hommes libres contre lui'.

Cette réserve, qui lui était commandée par l'intérêt même de sa conjuration, ne se rencontre plus dans les troubles qui se continuèrent à Rome après lui. Cicéron, tout en montrant parmi les causes de sa chute et de son exil les prisons ouvertes, les esclaves soulevés, fait grand honneur à Milon d'avoir étouffé les efforts et les fureurs de Clodius en achetant des gladiateurs pour l'intérêt de rÉtat, « qui était tout entier dans notre salut, » dit-il*. Et, pendant les guerres civiles, on n'y devait pas mettre

i, « Gapuse atque in Apuiia servile belium moveri. » (Sali. CaliL 30. Cf. Cic. Pro Sexiio, 4.)

2. ff Itemque uli gladiatoriae familiae Capuarn et in cœlera municipia « distribuerentur, pro cujusque opibus. » (Sali. Cat, 30.) Cicéron eut, plus tard, à défendre P. Sylla d'avoir, à cette époque, acheté des gladiateurs dans des vues séditieuses. {Pro P. Sull. 19.)

3. ff Servitia repudiabat, cujus initio ad eum magnse copiœconcur- < rebant, opibus conjurationis fretus, simul alienum suis rationibus f existumans, yideri causant civium cum servis communicavisse. » (Sali. CaUl. 56. Cf. kk et 50, et Dion Cass. XXXVII, 33, p. 133)

A « Honori summo nuper nostro Hiloni fuit quod, gladiatoribus f emptis reipublic» causa, quœ salute nostra continebatur, orones f P. Glodii conatus furoresque compressit. » (Cic. De off. Il, xvu. Cf. Pto SéxiiOf 6i, les gladiateurs achetés dans une pensée factieu$e par Clodius.)

plus de scrupules. De part et d'autre on accueillit, ou rechercha de tels auxiliaires. On se disputait toujours les gladiateurs et les pâtres, ces anciens soUlafs de Spartacus*, cl, plus d'une fois, on brisa encore les fers des esclaves enchaînés *. 11 y en a dans le camp de Labiénus après la défaite de Pompée ; dans les deux armées en Afrique, dans l'armée d'Espagne'; cl, à la mort de César, les conjurés avaient une escorte de gladiateurs, quand ils allèrent occuper le Capitole au nom de la liberté*.

Inaugurée sous de pareils auspices, la seconde guerre civile ne suivit pas une autre voie. Antoine, vaincu, se chercha des soutiens jusque dans les bagnes de l'esclavage'; et plus tard, quand il fut défait, non plus par les conjurés, mais par Oclave, ce sont les gladialeurs réunis par lui-même à Cyzique pour les fêtes du triomphe dont il se flattait qui lui restèrent le plus fidèles. Ne pouvant pénétrer jusqu'à lui, ils se pressaient de le venir rejoindre et ne consentirent à mettre bas les armes que quand ils le crurent mort*. Oclave prélevait aux mêmes sources jusqu'à

1. César, B. civ. I, 14; HI, 21. Cf. I. 5G; Dion Cass. XXXIX, 7, 8, i8; Cic. Pro Sulla, 19; Pro SexUo\ 56, 59, 59; ïn Vatin. il ; Ad Q, Fratr. U, 6, § 5.

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