‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 212 sur 213 · MAG. CAPITOL. MAG. LUPERCAL. VUT. TRI · texte numérisé non relu

MAG. CAPITOL. MAG. LUPERCAL. VUT. TRI

{Corp. Inscr. lot., 1. 1, 805.)

Les affranchis aux degrés inférieurs du culte et dàla milice.

Auguste avait confié à des affranchis l'administration intérieure des quartiers de la ville et le culte des dieux Lares, doni il plaçait les images aux carrefours. (Schd. Uorat. Sat. II,

III, 281.) C'est Torigine des auguslales, sur lesquels nous aurons à revenir plus tard. (Voy. M. Egger, Examen des hût. d'Auguste, appendice. II, p. 357 et suiv.) Il avait formé de la même manière le corps des vigiles noctumi. (Dion Cass. LV, 26, p. 779, 1. 80.) 11 avait dû faire des levées d'affranchis en deux circonstances graves ; mais il s'était encore attaché à les tenir en dehors du reste de Tarmée. (Suét. Aug. 25; Dion Cass. LVI, 25, p. 822, 1. 56; Vell. Palerc. II, cxi, 1.)

Largesses des patrons.

Le patron donnait à ses clients un repas complet (cœna recta). Néron réduisit cette contribution à la simple corbeille (sporlula), et elle put être donnée en argent, à raison de 100 quadrantes (25a8 = l franc 25 cent.); mais Domitien rétablit Tusage du repas complet, et il en est fort loué par Martial. (Suét. Ner. 16, et Domit, 7; Martial, 111, vu.) Juvénal fait allusion à ces aumônes des patrons (Sat. 1, 95-102, 120-125), et Martial donne l'exemple, en sa personne, de cette mendicité dont on ne rou* gissait plus; il fait une épigramme sur la misère de son vêtement, pour en solliciter un neuf (VI, lxxxii; cf. VIII, xxviii). Nous empruntons ces textes au curieux et savant mémoire de H. Naudet, Des secours publics chez les Romains.

Rhéteurs et grammairiens à Rome.

Plante nous montre dans quel mépris ces Grecs étaient à Rome aux yeux du peuple, et il les bafoue volontiers sur son théâtre :

Tum isti Graeci palliati, capite operto qui ambulant. Qui incedunt subfarcinati cum libris, cum sportulis. Constant, conferunt sermones inter se se drapet», Obstaul, obsistunt, incedunt cum suis sententiis.

(Plante, Curcul. II, m, 297.)

Mais la science qu'ils enseignaient, et par suite leur per-

sonne, commençaient à avoir du prix pour Taristocratie. Nous avons dit plus haut dans quelle estime était à ses yeux la grammaire, à mesurer Testime sur le prix que Ton payait un bon grammairien. Du reste, l'argent qu'on y mettait était quelquefois d*un excellent rapport. Des chevaliers en faisaient spéculation : Tun d*eux, selon Suélone, ne recevait pas moins de 400,000 sesterces par an de L. Apuleius : a L. Âpuleium ab « Eficio Galvino, équité romano prsedivite, quadringenis annuis tf conductum, multos edocuisse. » {De illustr. gramm.t 5.)

Les rhéteurs latins,, frappés d'abord par un édit du sénat (i63 av. J.-C.), puis par une déclaration semblable des censeurs, survécurent à ces deux arrêts et finirent par faire reconnaître les titres de leur art à la considération des Romains. (Suét. De Claris rhetor. i. Cf. Aulu-Gelle, XV, 11.) Vers la fin de la ré-publique, un chevalier romain, Fabianus Blandus, donna à son tour des leçons de rhétorique. Sénéque le rhéteur constate que, le premier, il fit sortir cet enseignement de la classe des affranchis, où le mépris de Rome l'avait laissé jusque-là. 11 n'est pas besoin de dire que l'auteur ne partage point ce mépris : « Minime probabili more turpe erat docere quod a honestum erat discere. » (Controv. 11, praef., p. 162.) Ort trouve parmi les inscriptions de grammairiens affranchis un Glaudius, un Âdrianus, sans doute affranchis de Claude et d'Adrien. (Mommsen, Inscr.Neap. 1499; Hurat. p. 2044, 7.)

Les mimes à Rome.

L'introduction du genre des mimes 'à Rome, par le captif Publius Syrus, se fonde sur un texte de Pline (XXXV, lvhi, 1). C'est à tort, ce me semble, que les commentateurs hésitent à reconnaître ce personnage dans le Publius dont il parle, parce que Pline dit que ses ancêtres ont pu le voir : Yidere proavi. Publius Syinis florissail sous César, Pline sous Vespasien. De l'époque de Pline à Yarrivee de Publius à Rome (et il s'agit de son arrivée), il y a donc plus d'un siècle : c'en est assez pour compter deux ou trois générations. Le titre qu'il

5M NOTES ET ÉGLAIRCISSEIBNTS.

donne à Publius, mimicœ scenœ condiior^ ne permet point le doute.

Affranchis artistes.

Pour les peintres : hbracla augustae l. pictoe (Gori, Co- Iximh. Liviœ Augnstœ^ n« i36). On Antiochus Gabinius, affranchi de Gabinius, est cité par Cicéron parmi les élèves de Sopolis, célèbre peintre de portraits à Athènes {ad Att. lY, i6, p. 526, Éd. Lemaire); et il y a quelques autres désignations de peintres affranchis. (Vulpi, Tab. ant. illustr. p. 17; Muratori, p. 985, n^" 5 ; Mommsen, Inscr. Neap. 2879, 6833, ii.) Pour les sculpteurs : un artiste grec qui avait passé de Mécènes à Auguste (Gori, n® 157); un autre avait pour fonction de remettre aux statues des yeux, « ce dont il s'acquitta fort bien tant qu'il vécut, I dit Tinscription : oculos reposuit statdis qca ad vixit benb (Spon, Mise. ant. p. 232; cf. Orelli, n"" 4185); des fabricants de vases de Corinthe, a corinthus fabee (Gruter, p. 639, 8, etc.) ; quelques ouvriers en or {aurifiées), deux, entre autres, dont les noms se lisent aussi sur des pierres gravées par eux. (Gori, n« 115 et 116; cf. n- 114 et 117-122, et M. Raoul- Rochette, Suppl au catalogue des artistes^ p. 78.) Les architectes sont et devaient être en plus grand nombre. Un Chrysippus Vettius, formé par son maître Cyrus, est mentionné par Cicéron, qui l'avait employé {ad Att. XIII, 29, et XIV, 9 ; cf. ad Div. Vil, 14); et les inscriptions nous montrent encore un affranchi de Néron (Fabretli, p. 721, n» 451), un M. Artorius Primus, dont le nom s*est retrouvé gravé en très beaux caractères dans les ruines du théâtre de Pompéi (Mommsen, Inscr. Neap. 2238), et d'autres de la maison impériale (Harini, Atti degli Arvali, t. I, p. 256; Corp. Inscr., lat.,i. VI, 5738, etc.)

Nul de ces artistes n*est resté dans Thistoire. Parmi les sculpteurs, on doit pourtant une mention spéciale à deux affranchis dont les noms se rattachent à des œuvres qui existent encore : Polytimus, auteur du jeune chasseur du Musée du Capitole {Mus. Capit.i. III, tab. lx, p. 122-123), et Marcus Cossutius Cerdon , artiste grec comme le précédent, auteur des deux

jeunes satyres trouvés dans les ruines de la villa d'Aulonin le Pieux, et placés aujourd'hui au Musée britannique. (Voy. Sillig, Catal, artif., Dresde, i827, et Raoul-Rochette, Supplément au catalogue des artistes^ p. 259 etpassim.)

Encouragements aux sciences et aux arts.

« Omnes medicinam Romœ professos et liberalium artium « doctores... civitate donavit. » (Suét. Cœs. 42.) Le médecin Musa, affranchi, ayant guéri Auguste d'une maladie, obtint du sénat en récompense Tanneau d'or et Timmunité. (Dion Gass. LUI, 30.) Gevers, tout en avouant lui-même qu'on ne trouve dans les beaux-arts aucun nom d'esclave, n'en avance pas moins que la classe servile eut une grande part à leur développement; car les beaux-arts fleurirent encore et les Romains les dédaignaient : restent donc les esclaves. Mais, entre les esclaves et les citoyens, il oublie les étrangers, les Grecs libres ; ce qui suffit pour ôter toute valeur à ses conclusions. Du reste, il ne songe pas à en faire honneur à l'esclavage ; il ne parle que des classes asservies ; mais il a le tort de n'y point distinguer les hommes libres d'origine, et d'y confondre trop souvent des hommes qui restaient probablement libres aussi de condition, par exemple, ces architectes qui suivaient Adrien dans ses voyages (Aur. Victor, i4), etc.

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