‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquitéChapitre 65 sur 213 · Slnibon. V, p. 213, et Plut. Crassw · texte numérisé non relu

Slnibon. V, p. 213, et Plut. Crassw

134 LITRE If. CHAPITRE III.

multiplié pour varier les plaisirs du peuple. Aux anciens bustuaireSf qui se battaient corps à corps autour du bûcher^ avaient succédé divers couples qui reproduisaient dans l'arène toutes les images de la guerre.

Comme à la guerre, il y avait les hommes armés à la légère et les hommes pesamment armés.

Parmi les premiers se rangeaient d'abord les vélites qui préludaient au spectacle en se lançant des traits, combat d'adresse où l'enjeu était la vie d'un homme et qui, dit-on, amusait le peuple plus que tout le reste*; puis le rétiaire qui avait comme arme offensive le filet pour envelopper son adversaire, le trident pour l'abattre et le poignard pour Tachever. Il était nu à la réserve de la tunique ou du caleçon (subligaculum) dont les extrémités se reliaient en plusieurs plis ou se rattachaient par un ceinturon sur les reins ; ayant de plus pour défense la ceinture où il faut voir peutêtre le plastron dont parle TertuUîen*, et au bras gauche i;n brassard {manica) descendant assez bas pour lui couvrir la main, une épaulière assez haute pour lui protéger le col et au besoin la tète (19). Le laqueariuSy qui se servait d'un lacs comme le rétiaire du filet, avait comme lui pour défense l'épaulière et pour arme une épée ou un bâton recourbé (20).

Les gladiateurs pesamment armés étaient pourvus de

1. Isidore de Séville, Orig. XYIIf, 5. Le P. Garrucci a signalé un gladiateur de cette espèce dans une des plus informes figures recueillies par lui sur les murs de Pompéi ; il parait avoir casque et bouclier. (ImcripUont gravées au irait, pi. xt, n** 6.) Le nom de provocaM, provocalor, que Ton trouve dans quelques inscriptions (Corp. inscr, lot. t. V, 2884 et 4502) s'appliquait peut-être à ce genre de combat.

2. De spectac. 25. Quelques archéologues ont entendu la $pongia du filet; mais le nom du filet est connu (rete, jaculutn) et le sans de spongia, comme nrme défensive, déterminé par Tite Live (IX, 40).

diverses armes employées à la guerre pour l'attaque ou pour la défense, avec les différences que l'usage avait introduites entre les armes du soldat et celles du gladiateur, différences qui n'étaient pas à l'avantage du soldat; car si on livrait le gladiateur à la mort, on voulait qu'il pût marchander longtemps sa vie : c'était l'intérêt du laniste, sans dommage pour la multitude dont on prolongeait le plaisir. L'arme offensive était quelquefois la lance, et plus généralement l'épée droite (gladim), Tépée courbe (sica) et aussi une épée brisée en forme de faux (faix). Les armes défensives étaient le casque simple ou surmonté d'un cimier avec ou sans aigrette, et muni d'une mentonnière et d'une visière percée de trous, ou d'une seule et même pièce enveloppant la tête, sans autre ouverture que pour les yeux et la bouche ; le bouclier rond ou ovale, le plus souvent quadrangulaire, cambré pour mieux protéger le corps, et quelquefois arrondi ou échancré par le bas; le brassard au bras droit, la cnémide à la jambe gauche, quelquefois aux deux jambes en même temps : le brassart couvrant l'avant-bras ou le bras tout entier ; les cnémides s'arrêtant à mi-jambe ou remontant jusqu'au dessus du genou et faisant saillie, comme les bottes à l'écuyère ; pour plusieurs mêmes, les cuisses, comme le bras et le corps étaient revêtues de lames de métal ou de lanières de cuir. Le cuir d'ailleurs remplaçait quelquefois le fer ou l'airain dans la composition du casque aussi bien que dans les défenses des bras et des jambes (21).

Ces armes dans leurs diversités et leurs combinaisons plus ou moins complètes servaient à . distinguer les différentes sortes de gladiateurs : Vhoplomaque, l'ancien hoplite « armé de toutes pièces », le thrace, emprunté sans doute aux bataillons pesants des Macédoniens; le

samnile, le gaulois^ qui devaient rappeler par quelque côté l'armement des peuples de ce nom et le mirmiUon^ gladiateur du genre gaulois, adversaire particulier du rétiaire(22).

Les gladiateurs qu'on opposait Tun à l'autre étaient tantôt de la même classe, tantôt de classes différentes. On faisait combattre thrace contre thrace, samnite contre samnife ou thrace contre samnite ^ : mais la principale lutte, la plus populaire, celle dont on retrouve le plus souvent l'image dans les bas- reliefs, dans les mosaïques, comme dans ces croquis grossièrement tracés par la main de quelque désœuvré sur les murs des maisons ainsi qu'on le voit à Pompéi, c'était la lutte du gladiateur armé à la légère contre le gladiateur pesamment armé, du rétiaire et du mirmillon*. C'était une sorte de chasse au monstre marin où le rétiaire, muni du filet et armé du trident do Neptune, poursuivait d'abord son adversaire appelé mirmillop. à cause du poisson figuré sur son casque'. Il le poursuivait en chantant : Non le peto, piscem peto. Quid me fugis. Galle ^1 II lui lançait son filet, comme on jette Vépervier : mais s'il manque son coup, malheur à lui. 11 faut qu'il fuie à son tour devant son adversaire, nommé à cause de cela secuior : et avec cette inégalité d'armement

1. Voyez les annonces des jeux parmi les inscriptions de Pompéi : dans les jeux donnés par Msescinius, un thrace et un mirmîllon ; un lioplomaque et un mirmillon ; deux essédaires. etc. ; dans ceux de P Sornius, un dimachœroi et un hoplomaque, un thrace et un mirmillon, un hoplomaque et un thrace, etc. (Voyez Garrucci, Inscriptions gravées au traita pi. x.)

2. Voir les textes et les figures cités à propos du rétiaire.

5. l\. de Longpérier, dans sa note sur les armes des gladiateurs, a donné Pirnage d'un casque dé mirmillon trouvé à Pompéi. (Revue archéol. (185i), pi. 165, n* 2.)

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