Festus, y" Reliarius
il est perdu s'il ne Irouve le temps de ramener à lui son, fllet et de le lancer encore sur son adversaire. Le gaulois était donc l'adversaire ordinaire du rétiaire; mais le samnite lui était aussi opposé, et on trouve quelquefois luttant avec lui des gladiateurs qu'à leur armure on peut prendre pour des thraces ^
Indépendamment de ces combats classiques, il faut menr lionner diverses sortes de jeux qui ne prenaient et nq tuaient pas moins d'hommes : les andabatœ^ dont le casque recouvrait tellement les yeux, qu'ils allaient comme à l'aventure; d'autres combatlant à cheval (équités).^ d'autres sur des chars (essedarii)^ d'autres par troupe^ (calervariï)^ soldats d^ns ces mêlées sanglantes que l'on donnait en spectacle, depuis César, pour offrir au peuple l'image d'une vraie bataille'. Ajoutez ceux que l'on tenait en réserve pour les opposer aux vainqueui^ (supposititii); car celui qui avait vaincu une fois n'était pas encore sûr de sa vie même pour la journée : un gladiateur nommé Bato, fut contraint par Caracalla, (on le reproche au prince, il est vrai, comme un acte cruel) de combattre trois fois'. Ajoute;
i, Isidore de Seville parle des gladiateurs d*après les textes des an. ciens ou les monuments figurés. Quand il signale cette masse de plomb que le tecutor opposait au filet du rétiaire (secutor gestabat cuspidem et massam plumbeam quse adversarii jaculum inpediret, Orig. XVIII, 55), 11 semble parler diaprés les monuments, mais en prenant pour une masse de plomb le bouclier dont se couvre le iecutor,
S. Juste-Lipse, Saturnales* Henzen, mémoire cité. Cf. Dezobry, Rome au êiècle d'Auguste, lettre xct, où ces détails sont mis en action. (T. III, p. 507 et suiv.) — Un Romain avait ordonné, par testament, de faire combattre deux à deux des fenmies qu'il laissait dans son héritage. I^e peuple cassa le testament (Àthén. IV, p. 154); mais les femmes reparaîtront, à d'autres titres, dans Tarène.
3. Dion Cass. LXXVU, 65. Il succomba et le prince lui Ot de magnifiques funérailles. On a retrouvé son tombeau avec son image en costume de gladiateur. (Voy. Fabretti, Col. Trajane, p. 258.)
encore les meridiani qui vers le milieu du jour venaient presque nus préluder aux autres combats, à la suite des combats d'animaux : car une fête n'était pas complète s'il n'y avait combats d'hommes et de bêtes : combats de taureaux; les torréadors (leur origine est, on le voit, fort ancienne) s'appelaient taurocenlsBy ou encore suœessoreSj quand ils venaientpour relayer les autres, et quelquefois succensores^ quand leur manière de combattre la bétc était d'esquiver son attaque et de lui sauter sur le dos ; combats de lions, d'ours ou de panthères. Le bestiaire entrait dans l'arène, ayant pour arme offensive l'épieu ou la lance et pour défense quelques lanières aux jambes, quelque plastron sur Pèpaule ou sur la poitrine : plusieurs (des condamnés, sans doute) sont livrés nus aux bêtes. On appelait cela une chasse : mais dans de pareilles conditions la bête était moins souvent la proie du chasseur que le chasseur de la bête*.
La réunion de tant d'esclaves, qui ne servaient qu'à se détruire, qui, vaincus, périssaient, et, vainqueurs, échappaient parfois aux maitres,constituait une énorme dépense; et pourtant beaucoup en possédaient en propre : au temps de César on fit une loi pour défendre d'en avoir à Rome au delà d*un nombre fixé, loi renouvelée encore par Tibère*.
1 . Il ne faut pas confondre avec ces chasses, les tyîvœ, c'est-à-dire la transformation du cirque en forêt où on lâchait des cerfs et autres bétes fauves que le peuple était libre de poui^suivre et de s^approprier. (Cf. Jul. Capit. Gord,) Voyez encore sur les gladiateurs et les bestiaires la note 25 à la fln de ce volume.
2. Suét. J, Cœ9. 10. Cf. Tib. 34. Les inscriptions parlent de ces familles de gladiateurs (Mommsen, Inscr. Neap. lai. 756, etc.); ils y sont quelquefois aussi comptés par décuries, comme par exemple les gladiateurs de Commode qui forment un collège : ikitulbs collboi suviLin AUREUANi (Orelli, n* 2566); Murât, p, 620, 3; cf. Mommsen, Inser. Neap. lat» n** 756 et 757. Il n'est pas besoin de dire que Tempereur
Les moins riches trouvaient à les louer chez des spéculateurs qui en faisaient leur métier (on les appelait d'un nom qui voulait dire «( vendeurs de chair, » lanistœ, de lanius)^. Mais, plus tard, il fut moins nécessaire d'acheter ou de louer des esclaves à cet usage : la fureur du combat avait gagné les spectateurs. Des hommes libres, des chevaliers^ des empereurs, descendirent dans l'arène ; entraînement fatal, qui marque le degré d'abaissement où les mœurs publiques étaient tombées.
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Tel est le tableau général de l'esclavage à Rome, telle est la distribution des esclaves mis au service des besoins que le luxe a fait naitre dans les palais des grands. Mais ce tableau, que nous avons formé de traits divers, empruntés aux livres didactiques, aux moralistes et à la poésie encore plus qu'à l'histoire, peut-on laccepter comme un cadre
avait les familles les plus considérables. l\ est quelquefois question des gladiatairs du fisc ^calei). Gordien en avait 1000 couples ainsi désignés. (J. Capitol. Gord. 33.)
1. Ce qui n'empêche pasCicéron, félicitant son ami sur l'excellente troupe (Xc'xov ) qu*il a achetée, de lui dire : « Si tu avais voulu les louer, en deux spectacles tu serais rentré dans tes fonds. • (Cic. Ad AU. IV, 4.) Sur les lamtUs, plusieurs inscriptions : Orelli, n** 2551 et 2553. Les lanistes, comme les ïenoneiy autres vendeurs de chair humaine, et de même ceux qui trafiquaient de leur vie ou de leur corps pour l'arène ou pour les lieux de débauches étaient réputés infâmes et exclus des fonctions municipales par la loi Julia municipale : t Qui « depugnandis causa auctoratus fuerit . . . quive corpore, questum € fecit, fecerit, quive lanistaturam artemve ludicram fecit, fecerit, « quive lenocinium faciet. > (Voy. Mommsen, C. Inscr, laU 1. 1, p. 132, 1. 113-124.) Dans une famine, Auguste chassa de Rome les lanistes et leurs lamiUes de gladiateurs. (Suét. Aug. 42; Orose, VII, 3.)
réel, comme une sorte de table de recensement? N'aurail-on pas à craindre de prendre des qualifications pour des hommes, et de compter, comme autant de sections parmi les esolaves,.ce qui n'élail qu'une distinction toute naturelle de leurs attributions multipliées? Oui, sans doute, et nous avons hâte de joindre à notre description cette remarque nécessaire pour corriger Timpression qu'on en pourrait garder, comme il arrive h la simple lecture des traités de Pignori ou dePopma. De môme que, dans le travail rustique, le laboureur qui creusait la terre (fossor) pouvait bien, le temps venu, sarcler les blés {sarlor)^ faire la moisson {messor)^ ou le vigneron (vîwiïor), tailler la vigne (putator) et faire la vendange (vindemiator), ainsi, dans la famille urbaine, plusieurs de ces devoirs, qui semblent constituer des charges distinctes, devaient être cumulées par un même serviteur. Cornélius Nepos, dit que, chez Atticus, les valets de pieds étaient capables de remplir à merveille Toffice de lecteur ou de copiste^ Il ne parle ici que de leur capacité; mais souvent, il en dut être ainsi de-leur emploi, sinon là, du moins ailleurs, sinon dans ces fonctions, du moins à tel autre degré du travail ou du service : l'esclave a metellay l'esclave chasse-mouches^ avaient probablement aussi quelque autre besogne. Dans la villa de Faustus, dont Martial vante Tordre parfait et la sage économie, les esclaves qui avaient des fonctions particulières, comme l'aubergiste (caupo) qui vendait à boire aux voyageurs, le garçon de salle (palœstrita) qui frottait d'huile son maître quand il s'exerçait à la lutte, et toute la troupe des esclaves de la ville, étaient, dans les moments de loisir, employés à
i. « Nnmque in ea eranl pueri liUeratissimi, anagnostie optimi et a plurimi librarii, ut ne pedisequus quisquam esset, qui non utrumque « horum pulchre facere posset. • (G. Nep. Pomp. AtL 15.)
d'autres soins : les jeunes enfants aux cheveux bouclés passaient du^ pédagogue au villicus, et l'eunuque, aussi, trouvait quelque ouvrage à la portée de sa faiblesse ^
Ce cumul, si naturel à supposer dans les familles moins considérables % est d'ailleurs attesté par les lois qui réglaient l'exécution des testaments : « Si un esclave, dit Marcien, sait plusieurs métiers, et qu'on lègue à l'un les cuisiniers, à Taufre les tisserands, à un troisième les porteurs, l'esclave appartiendra à celui dans le lot duquel se trouvent les hommes du métier qu'il pratiquait le plus ordinairement'. » Mais il n'en est pas moins vrai que les soins, les plus accessoires en apparence, faisaient aussi des fonctions spéciales ; le mot ad pedes ne désigne pas pour l'esclave un service accidentel, mais une occupation ordinaire : c'était son titre, et il lui restait, même dans les circonstances étrangères à cet emploi, môme dans des inscriptions. 11 y avait des esclaves spéciaux pour tous les détails du service intérieur ou extérieur : un d'entre eux, qui avait jadis pour fonction d'aller au-devant du mallre (advorsitor)^ se plaint, dans la Casina de Plante, d'être