XLVII
5. L. 12, § 41 (t^apinien cité par Ulpien), D., XXXin, tu, De mtructo et iruirum, Ugaio.
4. i £a psedagogia qu» ibi habebat, ut quum eo venisset, praesto « essent in tridinio, legato continentur. • (L. 12, § 52 eod.)
somptueuse il compte des légions de serviteurs. Selon une coutume que nous avons trouvée déjà dans les travaux de la campagne, ils y étaient partagés en décuries : le service des bains» à lui seul, en comptait plusieurs, qui se succédaient Tune à l'autre ; pour la cuisine, elle en avait ' une quarantaine, et tout le reste en proportion^ Il semble que l'auteur ait voulu mettre en action, et dans ib plus large cadre, le service intérieur fel que nous avons essayé d'en retracer le tableau. Quant à la famille rustique, les esclaves ne s'y comptaient que par les naissances : un secrétaire lisait au maître, dans le journal de sa maison (tanquam urbis acta)^ que tel jour, dans un seul de ses domaines, il lui était né trente garçons et quarante fiUes*... calculez, sur cette base, la population de cette province ! Et Trimalcion n'était pas le seul ; dans le même ouvrage, un autre se vantait d'avoir, dans ses champs de Numidie, une famille assez nombreuse pour assiéger et prendre Carthage* ! Après de tels exemples, le Romain Larensius, dans le Banquet des sophistes, n'était-il pas en droit de se moquer d'Athènes, où le plus riche des Grecs, Nicias, avait réuni mille esclaves et encore pour les louer aux mines ? Aussi afSrmait-il qu'à Rome un très grand
1. Le maître dit à Tun des cuisiniers : f Ex quota decuria es? Quum
• ille ex quadragesima respondisset : Emptilius, an, inquit, domi natus t es? — Neutrum,inquit cocus; sed testamento Pansœtibi relictus sum. « Vide ergo, ait, ut diligenter ponas : si non, te jubebo in decuiiam
• viatorum dejici. » (Pétrone, Satyr. 47, p. 240.)
2. f Sexliles in prsedio Cumano, quod est Trimalcionis, nati sunt pueri fl XXX, puell» XL. . . Eodem die Mithridates servus in cnicem actus
• est, • etc. (Ibid. 53, p. 257.)
3. Nam familiam quidem tam magnam per agros Numidiaa esse « sparsam, ut possit vel Garthaginem capere. » (Ibid. 117, p. 542.) Cf. Sénèque, De benef, VII, 10 : i Familia beliicosis nationibus major. >
nombre de citoyens (icajjLîtoXXct) avaient des esclaves par dix. mille et par vingt mille, et non point, comme en Âttique, dans des vues de spéculation, mais pour en faire cortège * !
Ces exagérations évidentes, que plusieurs ont prises au sérieux, devaient amener, par une réaction naturelle, des doutes plus graves et plus justes sur cette immense population qu'elles supposaient. Toutefois, il ne faudrait pas pousser trop loin le scepticisme,et rejeter, avec les évaluations générales ou fictives, les nombres précis donnés pour des exemples particuliers. Nul doute, à mon .avis, que certaines maisons n'aient réuni un nombre très considérable d'esclaves. C'est la réalité du mal qui provoque, outre mesure peut-être, la verve du moraliste ; ce sont les excès présents que la satire exagère, et il y a toujours dans cette exagération une part de vérité. Pourquoi Démétrius, cet affranchi de Pompée, devenu plus riche que son maître, n'aurait- il pas pu se donner le plaisir de passer en revue, tous les jours, les rôles de ses esclaves, comme Teût fait un général de ses soldats* ? Pourquoi Csecilius n'auraitil point laissé par testament quatre mille cent seize esclaves comme le dit Pline' si dans ce nombre sont compris les esclaves de ses domaines rustiques,et si ces domaines étaient de ces latifundia qui couvraient le territoire de tout 4in peuple de l'ancienne Italie? S'il laissait en même temps 3600 jougs de bœufs et 257 000 têtes de menu bétail, ces
i. Athén.VI, p. 272, c.
% « Nuroerus illi quoUdie servoruin Telut imperatori exercilus refe- 0 rebatur, cui jamdudum divilise esse debuerant duo vicarii et cella f laxior. i (Sén. De Iranq, anhn, viii, A,) Cf. Pline, XXXUI, vi, 9. Hoc proficere niancipiorum legiones, et in domo lurba externa ac servorum quoque causa nonoenclalor adhibendus. n