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nombrestà calculer les hommes de service qu'ils supposent, d'après les bases de Varron (bases qu'il faudrait sans doute réduire, comme il le dit lui-même, en les appliquant à de grandes masses), feraient près de 5000 esclaves pour le menu bétail, et au moins 560 autres pour les bœufs, à n'en compter qu'un seul pour 10 jougs.
11 existe d'ailleurs des monuments qui, par leur destination et leurs dimensions, prouvent le vaste développement qu'avait pris l'esclavage dans les grandes familles do Rome : ce sont les columbaria (colombiers). On appelait ainsi de hautes et larges salles mortuaires, où se rangeaient, à plusieurs étages, en de petites travées distinctes, les urnes funèbres (ollw) des esclaves ou des affranchis de la maison. Au commencement du xvm^ siècle, des vignerons découvrirent, sous une colline factice, le columbarium de Livie, femme d'Auguste ; et c'est là, dans ce sanctuaire de la mort, que Ton retrouve encore, grâce aux inscriptions tumulaires, la plus tidèle image du palais impérial'.
Il y a des esclaves pour les principales divisions du service : service de chambre et d'antichambre *, — soins du coi-ps et de la santé', — éducation des enfants *, — toilette, et ce que les Latins appelaient, après les Grecs, « le monde des femmes, » mundu$ muliebris : conservation des véte-
i . Gori, Columbarium Liviœ Au^tœ, ap, Poleni nova iuppL t. HI. Les chifTres qui suivront les détails tirés des inscriptions indiquent leur ordre dans ce recueil ; nous aurons soin de ne prendre ici que les noms qui ne sont pas donnés comme noms d'aiîrancbls.
2. osTiARU (Gori, n* 30) ; roqator, celui qui, en annonçant la visite, prenait les ordres de la maîtresse (u** .53) ; ab officus adussioniih (n* 54) ; ccBicoLAAu (n* 26, etc.).
3. Pour les bains : sbcu.mdio liv. iQUABrcs (Gori, n* 81 et 82); JULLAB micTRa (n* 78); — liviab hbdicus (n" 73); chirobc. (n* 77).
4.HriUID8 I PABDA60G0S | JUUAB GERHANICI | FlUAB(n''36).— MALCHIODRUS| rAEOAGOCUS BBC. (n* 35.)
ments, entretien des bijoux, ajustement des perles, avec la mission délicate de choisir, parmi ces parures, ce qui pcul composer l'ensemble le plus complet, et faire de la maîtresse une œuvre d'art* ; une tombe indiscrète nous à même révélé lecolorateur deLivieV — Mille autres petits soins intimes: lire ou tenir les tableltes; suivre, ou s'asseoir aux pieds*, fonctions par lesquelles débutait cette troupe de jeunes enfants plus divertissants qu'utiles*; — le service d'apparat où, devenus plus grands, ils jouaient le principal rôle* ; — le service des objets sacrés, images ou statues des ancêtres et des dieux*;
1. sARCiKATRix, lingère (Gori n» 86); pbnourios (n^ 101), qui faisait le Tètement de femme appelé penula; follo (n* 45); a porpura (n** 96 et 97); capsarius (n* 80) qui gardait les vêlements; capsarios aoeip. (H* 123); uvuE margaritarius (n* 102); ab ornambiitis (n~ 105 et 104); uvuB ORiiATRU (n^^ 67 et 85). Cf. Reinesius, Inscr. cl. ix, n» 78 : juliah
JUCORDAM AOGCSTAE LIBBRTAll A MPNDO MULIEBRl.
2. ARTBROS UTiAB ooLORATOR (Gori, II* 84). Le dictionuaîre traduit, il est vrai, par : peintre en bâtimenU.
3. LECTOREs (n* 27); libraria (n* 100); pbdisbqua ou pbdisbquus (n*' 58-42); a pedibos (n* 5) Suétone (Aug. 78) parle du fréquent usage qu'Auguste faisait des lecteurs du palais dans ses insomnies. « Si interf ruptum sommum recuperare, ut evenit, non posset, lecioribus aut f fabulatorilna accersitis resumebat, producebatque ultra primam saepe c lucem. »
4. BPHEBcs (Gori n* 5; cf. Fabretti, p. 72, n*5), deligius, nom donné à un enfant de trois ans et trois mois (Gori, n* 4). Suétone parle aussi, on Ta vu, des amusements qu'Auguste cherchait parmi \ês petits enfants. (Aug. 85.)
5. mviTATOR AuoOTTi (Gori, n* 202; cf. Gruter, p. 598, n* 6); stru- CTOR (Gori, n* 201 ; cf. Gruter, p. 585, n* 2); ad arcentum (Gori, n* 199) ; A CTATHO (n* 268); uvue saltator ou saltatrix (n* 252).
6 AD iMAGiiiBS (Gori, u» 127); atrieiwis (n« 128). On gardait dans Vatrium beaucoup de ces images et de ces monuments . abdituos (n« 1 08} ; THORARios, chargé de brûler de Tencens (n« 205); a otatuis (n» 125), chargé de Tentretien et des réparations des statues ; cf. Suét. Aug. 51 et 57); ahunthus litiab lu vbnerbm (n® 106) : c'était encore, pour la maison de César, un culte domestique ; mais, dès les premiers rè-
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— enfin le service général et le service des affaires ^ Toutes les fonctions ne figurent cependant pas dans les cases du columbarium ; on n'y trouve point les rangs inférieurs de l'esclavage : de tout le personnel nécessairement si nombreux de la cuisine, il n'y a qu'un pùtor (peut-être quelque haute spécialité de la pâtisserie), qui avait passé de Licinius à Auguste '.C'est donc une assemblée de choix ; ce sont les favoris, les chefs de service, les princes, les décurions : car le service réel et complet réunissait, comme dans la peinture fictive de Trimalcion, des décuries d'esclaves. Il y a le prince, les décurions de l'escorte, les décurions des gardes de l'entrée, des chambellans, des pédagogues ; les décurions de l'approvisionnement, du secrétariat ; les décurions des lecteurs, des médecins' : ce titre est même donné à des femmes qui devaient en avoir d'autres sous leurs ordres*. On voit par là combien y était considérable le nombre total des servi-
gnes, Ws images impériales devinrent elles-mêmes l'objet d'un culte.
1. DI8PWC81TOR (Gori, n«* 29 et 176; cf. Fabrelli, I, p. 37, n» 182); ■AfiisTRi, chargés de la conduite d'une partie des esclaves (Gori, n<>38);
CU8T0S RATIONUM PATRIMUNII (ïi"* 131); AD POSSKSSIORES (u** 132 et 195);
iHsuLARiDS, gardien d'une maison ou d'un îlot de maisons [n^ 191); KUMULARius, chargé, selon Gori, de vérifier si l'argent était bon (n® 134), On trouTe d'autres twmularii esclaves, C. Insc. lat, t. III, 3501 ; t. V, 93, etc.