Gori, n
148 LiYRB II. CHAPITRE III.
teui's. Ce columbarium^ élevé à deux étages, complaît déjà plas de cinq cents travées à deux unies,c'e3t-à-dire la place de plus de 1000 esclaves ou aCTrancbis ; et il y avait plus de morts que de tombeaux : souvept des amis, des parents, voulaient que Ton confondit leurs cendres dans la même urne, pour reposer à jamais ensemble dans le sommeil de la mort^ Plusieurs, il est vrai, apparti^nent à des règnes postérieurs'; mais il y avait, pour les esclaves du palais de Livie, d'autres tombeaux encore : tombeaux particuliers (les inscriptions s*en retrouvent dans les divers recueils') ; tombeaux communs : on a découvert le long de cette même voie Appienne, sur la voieCo^^ûx et sur la voie Prsenestina , plusieurs monuments analogues, rapportés par leurs inscriptions à la maison d'Auguste* Quelques-uns déjà signalés dans les anciens recueils : celui que décrit Fabrelti, avait trois étages de travées à quatre urnes, par travée*; d'autres plus récemment découverts : un par exemple entre la voie Appienne et la voie latine, qui parait être de la famille des enfants de Drusus Néron ; un autre, le monument de la famille de Marcella, trouvé en 1847*. La maison de Livie est celle de l'empereur : toutefois il
î. Gori, no 103 — 2. îhid, n» 190, etc.
o. Entre autres : livub aug. ser. a potione (Mommsen, Intcr, Neap. lot, n* 6861); a veste magha (Ibih., 6851) ;
4. Fabrelti, Inscr, ant, I. p. 9-12 et 50; Reinesins Inscr. cl. ix, p. 575-585. (Voyez Tintroduction de Gori.) Une inscription donnée par Gruler, p. 934, n*» 12, se rapportait à un de ces tombeaux communs :
E\ DOMO I CABSARUM ET | UTIAE | LIBERTORUM P.T SERVOBOll; tOmbeaU qul
avait été construit sans doute par une association d'affranchis et d'esclaves, formée, avec Tassentiment du maître, sur le modèle des collèges funéraires (Voyez ci-après au ch. vi).
5. Corpus inscr. latinarurriy t. VI, ?• partie (en cours de publication), p.899, n- 4327-4413 et p. 908 n^» 4414-4880 : le dernier, dans la vigne des Codini,
ne faudrait pas en repousser l'exemple pour ce seul motif. Auguste, qui voulait dissimul,er son autorité sous les formes de la république, ne pouvait point avoir la pensée d*effaccr Tancienne aristocratie par un luxe insolite*. Sa maison tenait le premier rang, sans doute, mais elle ne tenait point un rang à part. D'autres la suivaient à des distances inégales ; plusieurs avaient aussi leurs mausolées d'affranchis et d'esclaves : témoin, avec les exemples que nous venons d'endonner, le maisons deMécène,de Licinius, deLucîusArrunlius,qui futconsul sous Auguste et périt sous Tibère, de Sylvanus, de Munatius, de Sabinus, deScribonia* ; celle des Statilii, dont le columbarium découvert en 1875 dans la même région que les autres comprend à lui seul plus de quatre cent vingt inscriptions' ; et les esclaves dans ces maisons se groupaient de môme en décuries^. On vantail la modération de Gaton le censeur, de Scipion, de Carbon, de M. Antonius, de Caton d*Utique, parce qu'ils se bornaient à prendre dans leurs expéditions trois, cinq, sept, huit et douze esclaves ; et, du reste, on n'en doit rien préjuger touchant le nombre de leurs domestiques, car ce pouvait être une habitude de campagne ; César, qui avait
1. Tibère, qui saiiii d'abord une politique analogue à celle d*Âuguste, poussa même, dans les commeacements, la réserve beaucoup plus loin : t Rari per Italiam Csesaris agri; modesta servi lia; intra c paucos libertés domus. » (Tacite, Ann. IV, 7.)
2. Gruter, p. 945, n« 10, et p. 1096, , n» 7; Muralori, p. 1609; FabreUi, I, p. V2 et 43, cités par Gori, /. /. Cf. Orelli, n» 3023.
3. Corp, msar. lat. t. VI, 2* partie, p. 994 et suiv., et la note 24, à la fin de ce vohiaie.
4. DBI8 HIRIBCS M. FULVU M. L. lEITI | ARAM PECUKU S0A DfiCCRIO | KES
DOMuus PATRONi Ejcs (Gruter, p. 1151, n<»4, e $chedi$ Pighianis), Gicérou, parlant 2i Âtticas des esolaves que Vedius traînait i sa suite, ajoutait : « Si Gurion fait passer sa loi, Vedius en sera certainement pour eux à 100000 sesterces. > {Ad AtL Yl, \,ad fin,)
lant d'esclaves, en emmena trois quand il passa dans l'ile des Bretons^ Mais, à Rome, on ne pouvait se produire sans une suite fastueuse.Lucien nous montre, en mille endroits, ces usages,ccs nécessilés de la société où il vit* ; et les poètes,méme quand ils ne songent point à la satire, quand ils no cherchent pas rampUGcalion, se servent également de nombres assez élevés.SiPline,dans sa diatribe contre les mœurs de son temps, exagère en se récriant contre les légions d'esclaves', Juvénal parle au moins de cohortes^ ; Martial fait allusion à la foule qui servait d'escorte au riche, à propos de cet ambitieux de bas étage et de son unique valet,
Qui seul fait troupe autour de sa misère Qui êolus inopiprœstat et facit turbam*.
et Horace, voulant moutiie]^ l'excentricité de Tigelllnus, le représente ayant pour escorte tantôt deux cents esclaves et tantôt dix*.
Ces limites sont bien loin d'être exagérées. On a même lieu de les croire communes pour les maisons un peu riches\ et les dires des poètes ont leur justification dans les
1. Polybe et Posidonius ap, Athén. VI, p. 275, b; Val. Max. IV, m, 11 et 12; Apulée, Apolog. p. 23 (Deux-Ponts).
2. f (iu*une foule nombreuse de senriteurs marche à votre suite, et tenez toujours un livre à la main, voilà ce qui vous fera réussir. * (Lucien, Le maître de rhétorique, 55.) Cf. Vàne, A et 22; PjourlesportraiU, 2. Satum. 1; Épitre* à Saturne, 35; et Juvénal, VII, 141.
3. Pline, XXXUI, vi, 9-10. — 4. Juvénal, XIV, 305. — 5. MarUal, XII, LXXXTm, 3.