‹ Histoire de l'établissement, des progrès et de la décadence de la monarchie des Goths en ItalieChapitre 2 sur 27 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

Je ferai voir quelque jour, dam un ouvrage particulier , que le plan de Ta monarchie des Ostrogoths était entièrement différent du plan de toutes celles qui furent fondées , dans ces temps— lé , par les autres peuples barbares.

Montesquieu , Eêf. des Loû , liv. 5o , ch. if .

C'est une circonstance heureuse et remarquable , qu’en proposant le sujet du concours de 1810, la classe d’histoire et de littérature ancienne ait offert à l’émulation des sayans

l’idée d’un ouvrage projeté par uu grand homme : un tel sujet était digne du génie de Montesquieu.

Combien on doit regretter qu’il n’ait pas décrit la domination des Goths eu Italie !

C’est une des époques les plus intéressantes de l’histoire du monde ; c’est la dernière catastrophe qui anéantit le nom romain , car l’Empire avait , pour ainsi dire , cessé d’être.

Avec quelle profondeur , avec quelle énergie, Montesquieu nous eût montré l’inlluence exercée rnr le génie d’un seul homme sur la destinée des peuples \ un barbare occupé de rétablir l’ordre partout ; un usurpateur relevant les lois des peuples subjugués, et faisant respecter son empire au dedans ainsi qu’au dehors ; un conquérant travaillant à faire refleurir la paix et les arts de la paix ; un Gpth servi avec amour par les descendans des Paul- Emile et dés Décius , et digne des vœux des Romains , si toutefois , pour des Romains , une ruine entière n’eut pas été préférable à

Diqitiz

une douce servitude , à une sécurité honteuse !

Mais à sa mort , quel triste spectacle se déploie à nos regards ! Tout se trouble , tout se confond. A trente années de repos succèdent trente ans de calamités. Les liens qui unissaient les vainqueurs aux vaincus, sont brisés. Les ennemis profitent du tumulte pour fondre sur leur proie; et Barbares, et Grecs , tous déchirent la malheüreuse Italie; et la plupart des Romains regardent stupidement les combats dont ils doivent être le prix. Enfin cet éclat emprunté, dont l’Italie avait brillé quelque temps , s’éteint et meurt ; le nom romain va s’ensevelir sous le despotisme d’autres Barbares du Nord.

Si l’on cherche la cause de ces désastres , je crois l’apercevoir dans le caractère du peuple conquérant, mais surtout dans les établissemens mêmes de Théodoric, et dans les distinctions posées entre les deux peuples qu’il assembla dans le même empire.

Cependant , avant d’entrer dans le récit

des événemens , et d’examiner ces diverses institutions, il me paraît nécessaire de reprendre les choses de plus haut , afin que l’on sache quelle était la condition des Goths et la situation de l’Italie , au moment de l’invasion.

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