‹ Histoire de l'établissement, des progrès et de la décadence de la monarchie des Goths en ItalieChapitre 27 sur 27 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

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NOTES

( 1 ) page 5.

E.iScanzie, Scanie, ou Scandinavie. {Jorn. de reh. Get. — Cocc/d. Vit. Th. , cap. 1 . )

( 2 ) page 5.

Isidore ne désigne pas quelle partie des Alpes les Goths habitèrent, sans doute momentanément. On pourrait présumer que c’étaient les Alpes Pannoniennes.

(3) page 6.

Aujourd’hui la Bohême et la Moravie.

(4) page 6. *

Ils s’unirent h Maximien-llercule contre les Perses; ils fournirent des troupes k Constantin pour combattre Licinius, et l’aidèrent k bâtir Constantinople. {Jorn. de reh. Get.)

(5) page 6.

Ils semblaient épier les forces de l’Empire et la capacité du prince. Selon que les Romains et leurs chefs étaient faibles on puissans, ces Barbares infestaient les provinces ou les respectaient. Sous Philippe, Dèce, Valérien, Gallien, et pendant les guerres civiles allumées par les tyrans , ils ravagèrent la Mœsie , ensuite la Thraee , la Grèce , la Macédoine et l’illyrie ; et même ils retinrent quinze ans ces deux dernières contrées : ils en furent chassés par l’empereur Claude. Durant tout son règne et celui de ses digues successeurs, Aurélien , Tacite , Probus, les Goths ne firent aucune irruption. {Jorn. de reh. Get , — laid. Chron. œra, 5^4. )

NOTES

(6) page G.

L’empereur Philippe ayaut supprimé les dons qu’on était dans l'habitude de leur faire chaque année, ils s’en vengèrent " par une guerre cruelle. ( Jorn. de reb. Get. )

Les Germains ne cultivent point la terre, dit Tacite (Lib~ de Germ. , cap. i4 ) , parce qu’ils dédaignent d’acquérir par la sueur ce qu’ils peuvent acheter avec le sang. C’étaient la les mœurs de toutes les nations du Nord, et des Goths en particulier.

(8) page 7.

Ils étaient réduits ’a vendre tout ce qu’ils possédaient pour se procurer des vivres. Après s’être défaits de leurs habits, de leurs meubles, de leurs esclaves, ils livraient leurs enfans.

( Jorn. de reb. Gel. )

Les Romains ayant invité a un repas le roi des Goths , Fridigerue , avec ses principaux officiers, voulurent les assassiner , pour opprimer plus facilement la nation. (Jorn. de reb. Get. )

(10) page 8.

Il ne me paraît pas inutile d’avertir que j’appelleiîonraj/z.r, en général , tous les peuples de l’empire d’Occident , pour les distinguer de l’empire grec d’Orient et des nations barbares. 11 y a une si grande différence entre l’idée que le nom de Romains retrace a notre esprit, et ce qu’étaient alors les peuples de l’empire d’Occident , qu’on pourrait être étonné de les voir désignés ainsi dans cet ouvrage. J’ai employé cette dénomination pour éviter la longueur d’une périphrase.

(11) page 10.

La dignité royale était , depuis quatorze générations , dan»

Digitizod fcv^Goo^e

NOTES* 5 o 5

la même famille. C'était la race des Âmales. ( Jorn. de reb. Get.)

(12) page 12*

Cette adoption par les armes tirait son origine des mœurs des Germains, comme presque toutes les autres pratiques de la chevalerie.

« Les jeunes gens de condition libre n’étaient point comptes » dans l’Etat , et faisaient partie de la maison. Ils n’étaient » point distingués des esclaves, et gardaient avec eux les » troupeaux, jusqu’h ce qu’ils fussent en âge de porter les- » armes, et que la vertu les eût, pour ainsi dire, reconnus. Alors, » le père , ou un des parens, les présentait à l’assemblée pu- » blique , et leur donnait le bouclier et la framé^^spèce de » hache d’armes particulière a cette nation. C’est ainsi qu’ils » recevaient la qualité et les droits de citoyens ». ( Tacilus , lib. de Germ. , cap. i 3 , 20. )

On voit, chez les Lombards, le roi Audoin, vainqueur des Gépides, refuser d’admettre h sa table son fils Alboin, quoique le jeune héros, par sa rare valeur , ait eu grande part k ce triomphe. « L’usage défend , dit-il, qu’un fils mange a la table » de son père, avant d’avoir été armé par un prince étranger».

Alboin prend avec lui quarante guerriers, va trouver le roi des Gépides, le même prince dont il a tué le fils dans la dernière bataille, et il lui explique son désir. Celui-ci remplit envers Alboin tous les devoirs de l’hospitalité , malgré la douleur de la perte cruelle qu’il vient de faire. Pendant le festin, les Lombards et les Gépides se provoquent par des railleries et des bravades mutuelles; ils sont près d’en venir aux mains. Le roi se jette entre les deux partis, réprime leur colère, et congédie Alboin , après l’avoir décoré /les armes de son propre fils. Trait admirable de candeur et de magnanimité qui caractérise ces Barbares. Dès ce moment , Alboin put

5oiS NOTES.

devenir convive de son père. ( Warnef. de Gesl. Lang. f cap. 23, 2 -i. )

CassioJore nous apprend [lib. 4, ep. 2 ) quelles furent les cérémonies et les effets de l’adoption.

C’était d’abord un grand honneur que d’être choisi pour fils d’a urnes : par cela même un prince était reconnu vaillant et glorieux. On envoyait au prince qu’on adoptait, des chevaux , des épées , des boucliers et tous les intrumens des combats. Le fils d’armes contractait avec son père adoptif une étroite alliance, qui les obligeait h se prêter l'un a l’autre secours et assistance en toute occasion.

Les empereurs avaient pris cette coutume des Barbares, et ils la meUfcent en pratique assez fréquemment.

On e *erra plusieurs exemples dans la suite de cet ouvrage. ( 2 *. partie , chap. 4,21.)

(13) page i4.

C’était un usage ancien. Tacite se plaignait de ce que cet abus existait déjà de son temps. aJam et pecunîarn accipere ( Germanos ) docuirnus. » ( Lib. de Germ. , c. i5.)

(14) page 16.

Rufin régnait en Orient, Stilicon en Occident. Tous deux avides, cruels, perfides, ils regardaient l’Empire comme leur proie , la puissance comme le moyen d’assouvir leurs passions, les sujets comme des victimes. Le premier n’avait d’autre science que l’hypocrisie ; le second, du moins, rachetait en partie ses vices par des talens militaires , et par sa présence d'esprit dans les dangers.

Stilicon, h la tête des troupes d’Orient et d’Occident, réunies, allait combattre les Visigoths qui s’étaient jetés sur l’Illyrie. Rufin, craignant la réputation et le crédit de son rival, lui arrache des mains la victoire. 11 envoie aux troupes d’Orienl un ordre de l’empereur qui les contraint de se retirer et

KOtES. 5 o 7

d’abandonner les provinces sans défense aux ravages de l’ennemi; et pour couronner son crime, il invite secrètement les Huns et les Gotbs a faire une irruption , afin de se rendre nécessaire au timide Arcadius. ( Claud. cle laud. Stil. — Id, in Ruf. — Zozym, , lib. 5 .)

(t 5 ) page îG.

On eut lieu de reconnaître plus d’une fois le^ effets des persécutions. Entr’autres exemples , lorsque Radagaise , à la tête d’une multitude de Gotbs, vint fondre sur l’Italie , tous les Payens, qui formaient une assez grande partie de la population, triomphaient b l’approche des Barbares, en qui ils voyaient des vengeurs. 11 n’y avait plus de patrie. ( Lebeau, Uist, du Bas-Emp. — Millot , A brégé de l’Hisl. mod. )

(16) page 19.

Rufin ayant été assassiné , Eutrope lui succéda ; vil eunuque , dont lé caractère était encore plus infante que les emplois dont on l’avait tiré. Héritier du pouvoir de Rufin, il le fut aussi de sa jalousie envers Stilicon , et n’épargna rien pour perdre celui qu’il détestait.

Alaric, avec une multitude de Goths, désolait la Grèce* Stilicon tenta de s’opposer ’a leur furie. Eutrope , h force d’intrigues , détermine Arcadius h déclarer Stilicon ennemi de l’Empire , parce que ce général est entré en armes sur les terres d’Orieut sans l’agrément de l’empereur, et Alaric reçoit le commandement de l’Illyrie orientale. Peut-on comprendre un tel excès de démence?

(17) page 19.

Le lnême Stilicon , dont l’ambition s’irritait a mesure qu’il voyait croître ses honneurs et sa puissance, trama, dans la suite, line conspiration contre Ilonorius; et, pour mieux l'accabler, il sollicita les Vandales, les Suèves, les Alaios, les

So8 NOTES.

Visigoths a prendre les armes; mais toutes ces machinations tournèrent b sa perte.

Olympius, qui le supplanta, jouit de la même autorité', en abusa comme lui, et, bientôt apres, eut une fin pareille.

A conside'rer la situation des ministres , on s’étonnera^ moins de leur tyrannie. Au faîte des grandeurs, et voyant sous leurs pieds le précipice , revêtus d’un pouvoir arbitraire et environné .d'ennemis, forts de leur ascendant sur le prince , mais ayant tout b craindre de l’esprit versatile d’un tel maître, ils ne devaient songer qu’b leur propre sûreté ; ils se hâtaient d’abattre, d’immoler tout ce qu’ils pouvaient redouter, de ruiner l'Etat pour s’agrandir, enfin, selon l’expression de Corneille, de dévorer le règne d'un moment .

(18) page 24 .

A la mort de ce prince , Jean , secrétaire d’état , s’empara de l’empire vacant. Placidie, sœur d’Honorius et vçuve de Coustance, qui vivait, depuis long temps, retitée b la cour de Constantinople avec son fils Valentinien, alors âgé de 5 ans, vint en Italie pour reprendre l’héritage de sou frère. Elle était soutenue d’une petite armée que lui avait donné Théodose, successeur d’Arcadius. Une grande partie du peuple et du sénat ne tarda pas b se déclarer en faveur du jeune Valenti** nieD. Jean succomba , et Placidie lui fit trancher lu tête.

11 a été, suivant la coutume, appelé tyran, parce que sou usurpation ne fut pas couronnée du succès. Cependant il voulait rendre au£ tribunaux leur autorité. Il retira des mains des ecclésiastiques la puissance judiciaire; par cette seule disposition, il faisait plus pour le bien de l’Etat , qu'Honorius pendant les vingt-sept ans qu’il parut sur le trône. Ce fut une des principales causes de sa chute : les évêques ne lui pardonnèrent pas, et ils jouissaient d’une grande prépondérance.

NOTES, 5og

Après une trahison si funeste, on ne doute pas que si le comte Boniface ose se montrer dans l’Empire, le dernier supplice ne lui soit réservé. 11 se montre, il revient a la cour, il rentre en grâce auprès de Placidie , qui s’applique a flatter , plus que jamais , l’ambition du coupable. Aëtius se révolte aussitôt, et appelle les Huns a son secours. Jusqu'alors, les compétiteurs b l’Empire avaient excité des guerres civiles ; mais on n’avait pas encore vu des généraux et des ministres su disputer la puissance en bataille rangée , sous les yeux du prince, et le prince recevoir ensuite la loi de son sujet vainqueur. Aëtius blessa h mort son rival dans le combat, et revint triomphant a Ravennc. 0(1 ajouta de nouveaux honneurs b son ancienne fortune, Voilà comme on punissait, dans ce temps, les rebelles,

(20) page 20,

Lorsque Attila porta l’épouvante et le ravage en Italie, Valentinien était enseveli dans les plaisirs b Rome. Le pape Léon paraît seul ; il se présente au conquérant. Une terreur superstitieuse arrête la foudre qui allait écraser Rome. En 4 Àlaric , roi des Visigotbs , était mort neuf jours après le pillage de cette ville; Attila craignait d'éprouver le même sort. Ces âmes si fortes paient toujours le tribut b la faiblesse humaine.

Aussitôt le bruit public attribue un pouvoir miraculeux b Léon ; ses paroles divines ont imposé au Barbare.

Il était naturel que le peuple, abandonné par ses princes, défendu par le courage et la fermeté du pontife, regardât ce dernier comme son sauveur, comme son père, en un mot, comme un être sacjré.

Dans la suite, un évêque de Pavie se Gt médiateur dé deux princes rivaux, et s’attira la vénération des peuples, comme

5io NOTES.

pacificateur de l’Italie, (,/ora. de reb. Get.,cap. 4s. — Sig\ lmp. Occ. , lib. i3. ) •

(ai) page 26 .

Valentinien porta ainsi la peine de sa folie et de son ingratitude envers Aëtiu$.

Un Romain , dont ce prince avait déshonoré l’épouse , méditait sourdement de tirer vengeance de l’affront, et d’arra-r cher h l’offenseur la couronne avec la vie. Mais la crainte qu’on avait d’Aëtius arrêtait les complots. On parvint h le rendre suspect par des calomnies et des intrigues : et lorsque ce général devenait plus que jamais nécessaire pour soutenir la puissance qu’il avait garantie des fureurs d’Attila, Valentinien le tua de sa propre main. Il n’est pas étonnant qu’un prince assez lâche pour tout souffrir d’Aëtius rebelle , ait été assez lâche pour assassiner Aëtius son libérateur.

Valentinien , s’étact privé lui-même de son plus ferme appui , fut égorgé par le traître qui lui avait conseillé le crime. ( Leb. Uni. du Bas-Emp. , liv. 33. )

( 22 ) page 28 .

De tous ces noms , perdus dans l’oubli ou l’opprobre , il faut excepter Majorien, qui fut aussi d’abord la créature de R3cimer,et ensuite sa victime, parce qu’il prétendait soutenir les prérogatives de son rang. Ses lois et ses entreprises montrent ce qu’il aurait pu faire dans des temps plus heureux.

Majorien conçut le projet de reconquérir l’Afrique; projet digne d’un empereur , et dont le suecès aurait pu rétablir la fortune des Romains. La cause même qui le fit échouer était un présage de la destruction prochaine de l'Empire. Comme depuis long-temps il n’y avait plus de citoyens, le prince était obligé, pour une expédition , de se confier h des étrangers ou k des Romains qui n’étaient guère plus attachés aux intérêts

NOTES. Si*

àe leur pays que les étrangers eux mêmes. Tous mercenaires,, ils étaient pièls à se vendre. Genseric les acheta, et ils lut livrèrent la flotte qui devait transporter Ma jorien en Afrique». ( Eeb. Jlist. du Bas-Emp . , lia. 54. )

(*3) page 29 .

Lorsque Ricimer tenta de renouveler l’expédition de Majorien contre Genseric , les Visigoths et les Suèves, qui se faisaient une guerre cruelle , mirent trêve a leurs hostilités, et se tinrent prêts à secourir le roi des Vandales. Ils craignaient que le peuple romain , délivré d’un tel ennemi, n’acquît assez de forces pour leur arracher ses dépouilles. ( Jorn. de reb. Get.± cap. 44. — Isid. Chron. Got.)

, (a4) page 37 .

J’aurais pu mettre : « Caractère politique de Théodoric Je fais ici le portrait , non pas de l’homme, mais du roi. Il faut remarquer cette distinction; autrement, on pourrait trouver plusieurs traits manquant de ressemblance. Théodoric , dans, le commerce particulier , était sensible et généreux; il y avait plus de franchise et de droiture dans sa conduite envers ses amis qu’envers les peuples soumis h sa domination.

(a 5) page 37 .

Il fut élevé, dès ses plus tendres années, au milieu des camps et des batailles , comme tous les rois barbares. Par les exploits de sa jeunesse , il préludait h de plus grandes entreprises. A l’âge de dix-huit ans , il rassembla plusieurs compagnons déterminés, et, h leur tête, alla chercher un roi des- Suèves qui avait insulté les Goths dans ses courses, et leur avait ravi des troupeaux. Théodoric le vainquit, le tua, et revint triomphant avec un grand butin. (Jorn. de reb. Get.^ ( 2 H) page 5g.

On a vu comment il massacra Odoacre avec son fils et totü les principaux chefs des Hérules^

512 NOTES

Il fit trancher la tête h trois juges qui n’avaient pas rendu justice h une pauvre femme. ( Lebeau.Hist . du BasEmp., kiv. 3?.)

Enfin , Symmaque, Boëce , et le pape Jean, furent immole's h sa vengeance ou a ses soupçons $ et si la mort ne l’avait prévenu , les Catholiques couraieut risque d’èlre victimes de sou zèle pour l'arianisme. ( V 'jy. la 2 e . partie de cette Histoire, chap. 25. )

On dit même qu’à la mort de ce prince, l’édit de proscription contre les Catholiques était déjà dressé. ( Muratori, art. 5 26 .)

( 27 ) page 45.

Tels étaient les noms de ces dignitaires : les grands ( pro ceres), les illustres (illustres), les comtes du premier ordre ( comités primi ordinis) , les considérables (spectabiles) , les célèbres (clarissimï). ( Cassiod . , lib. 6 , Forrn.)

La frivolité , le néant de tous ces honneurs , sont assez ouvertement déclarés par l’épithète qui est ajoutée en tête des formules : Facans. L’oisiveté était le partage de cette noblesse.

( 28 ) page 46.

Théodoric, cependant, n’avait pas laissé de prendre déjh le titre de roi , sans attendre l’assentiment de l’empereur ; ce fut une des premières causes de l’inimitié d’Anastase. ( Muratori. Annal. d’Ital. ad ann. 4ç) 1. )

L’an 483, Zenon , offensé d’un refus qu’il essuya du pape Simplicius,pour le changement d’un patriarche d’Alexandrie, publia le fameux édit, appelé YHénotique. , c’est-à-dire, l’édit d’union , par lequel il prétendait ramener tous les Orientaux h la même croyance. Cet édit fit beaucoup de bruit. Presque tous les orthodoxes le rejetèrent. Ce fut une féconde

“Digîtîzedtr

NOTES. 3x5

semence de discordes , et la cause d’un schisme. ( Leb. Hist. du Bas-Emp . , liv. 56 , art. 36. )

(5o) page 67.

Il conservait une haine couverte contre les Catholiques. Malgré sa circonspection, malgré son adresse h feindre, celte haine s’échappait quelquefois au dehors.

Dans une querelle qui s’était engagée , 'a Ravenne , entre les Chrétiens et les Juifs, les premiers avaient incendié une synagogue. Théodoric la fit réparer h leurs dépens. Jusqu’ici rien que de très-équitable. C’est le modérateur souverain du royaume qui vient de commander. Mais voici le sectateur d’Arius qni se montre. Par forme de représailles, il ordonne d'abattre un autel et un oratoire de St.-Etienne qui appartenaient aux Chrétiens. ( Lebeau, Hist, du Bas-Emp . , liv. 5y.) (3i) page 70.

Cette conjecture n’est pas sans fondement : car, dans les derniers jours de son règne, il était occupé de diriger l’élection du pape ; et à sa recommandation, même après sa mort, Félix fut élevé a la chaire pontificale. ( Cass. . lib. 8 , ep. i5. ) (3a) page 78.

Dans un discours que Procope fait tenir aux Goths, il est dit positivement que Théodoric ne souffrait pas qu’ils envoyassent leurs enfans chez les maîtres de littérature et de philo - Sophie. *

- (35) page 79.

Des avantages dont jouissaient; les Goths étaient des gratin ficalions annuelles , que Théodoric distribuait aux soldats nationaux seulement. ( Cass . , lib. b,ep. 6 , 25 , 36 , 56. )

(34) page 101.

Il eut soin de ne donner a ce chef des Hérules que le nom de roitelet ( regulus). Il ne fallait pas lui laisser de puissance,

5t4 NOTES.

il ne fallait pas même le laisser jouir de quelque considération.

( 55 ) page 107.

Les Warnes habitaient en Germanie , sur les bords de l’Océan septentrional , non loin des Angles et des Saxons. (Proc. Bell. Got., lib. 4, cap. 20.)

( 36 ) page 110.

L’an 4i2, Alaric I.", roi des Visigoths, après avoir mis Rome au pillage, enleva tous les trésors de Salomon qui' avaient été apportés du temple de Jérusalem dans la capitale de l’Italie par Vespas'en et Titus. Alaric avait déposé ces richesses a Carcassone. Le roi des Ostrogo’hs s’en empara , et elles ne furent rendues aux Visigoths que, vingt ans api es', par Athalaric , son successeur. [Proc. Bell. Got. , lib. 1 ,cap. 12. s— Jorn. de reb, Get. )

(67) page 111.

Théodorie ne resta pas long-temps maître absolu de l’Espagne. Theudis, qui était chargé de l’administration de la province et de la tutelle d’Amalaric, au nom du roi d’Italie, se lassa du rôle de ministre , et voulut se faire souverain. Il épousa une femme espagnole qui possédait d’immenses richesses et de très-vastes domaines; il forma un corps de troupes de 2000. hommes, qu’il attacha a sa personne : sou adresse et sa popularité lui concilièrent l’amour des hahitans. De sorte qu’il devint plus puissant en Espagne que Théodorie, quoiqu’il portât toujours le titre de lieutenant. Le roi d’Italie n’aurait pu étouffer ce complot qu'en déclarant la guerre au rebelle ; mais occupé d’un autre côté avec les Francs, l'entreprise eût été difficile et dangereuse. Tbeudis lui-même ménageait Théodoric,et prenait garde de le forcer â venir demander raison, de ce manque de foi. Le roi perpétua l’usurpa leur dans I# ;

NOTES. 3 i 5

commandement qu’il ne pouvait lui ôter ; celui-ci envoya très- exactement , chaque année, les tributs.

Tbéodoric l’invita plusieurs fois a venir a sa cour. Il employa la médiation de quelques seigneurs gotbs. Tbeudis ne refusa pas, mais il ne se rendit jamais b ses instances. Il trouvait toujours quelque prétexte de retard, Tbeudis connaissait je caractère de son ancien maître. [Murat. Ann. d' liai. ad ann. 526 — Proc. Bell. Got., lib. 1 , cap. 12.)

„ ( 58 ) page 111.

Il fit venir des grains de l’Espagne pour entretenir l’abondance en Italie. ( Cocchl . Vit. Theod. , cap. y.)

(09) page 111.

Théodoric recueillait des tributs considérables de toutes ces nouvelles provinces : pour éviter le reproche d’avarice, il distribuait une gratification annuelle ( donativum')\ses soldats, ainsi qu’aux Yisigotbs. (Proc. Ilist.Goth., lib. 1 , cap. 12.)

( 4 o) page 11 5 .

Muratori (Annal. d'Ital. ad ann. 5 i 8 ) prétend que ces. honneurs de la robe consulaire et de l’adoption par les armes, furent décernés par Justin : cela détruirait le fait qui vient d’être rapporté.

Muratori se fonde sur une lettre d’Athalaric (Cass. , lib. 8 , ep. 1 ) , dont la suscription est a Justinien , et que l’on croit généralement avoir été adressée h Justin. Voici les paroles qu’il cite k l’appui de son opinion :

Vos genitorem meum ( Eutharicum ) in Italiâ palmatœ elaritate decorastis.

Mais qu’on lise la phrase qui précède immédiatement celle que je viens de transcrire :

V os avum nostrum (Theodericutn) in vestrâ civilais etlsis curulibus exlulistis.

NOTES

On conclurait donc aussi de la que Théodoric avait été fait consul ordinaire h Constantinople par Justin ? Mais son séjour dans cette ville , et la dignité qu’il y avait reçue , dataient du règne de Zenon.

Athalarie, en écrivant a Justin pour lui demander sa protection , rappelle tous les liens qui attachent depuis long-temps sa famille 'a l’empire d’Orient; il fait l’énumération de tous les bienfaits des empereurs. Lorsqu’il paraît adresser ces mots h Justin : Voa avum, etc., vos genitorem, etc. , ce n’est qu’une phrase générale , par laquelle il veut associer et faire participer ce prince aux alliances contractées avec les Amales par ses prédécesseurs.

Mon récit est conforme h Sigonius.

(4i) page 121 .

Une femme pauvre sollicitait , depuis trois ans, un procès, sans pouvoir obtenir une décision. Rebutée de si longs retardemens , elle porte sa plainte h Théodoric. Il fait appeler les juges, leur ordonne d’examiner l'affaire sur-le-champ, et de la terminer sans délais. Au bout de trois jours, on donna satisfaction k cette femme. Les juges eurent la tête tranchée en punition de leur iniquité. Théodoric voulait, par de. grands exemples, imprimer le respect pour les lois et surtout pour lui-même. [Murat. Annal. d'Ilal. )

(4s) page 1 52.

Il n’était pas rare de voir les pères vendre leurs enfansk des créanciers qui les persécutaient, surtout dans des temps de famine.

(43) page i5g.

Il n’y avait que les soldats étrangers qui reçussent une solde réglée eu argent. Les Goths avaient leur donativtim , et étaient entretenus par étape. ( Casa. , lib, 5 , ep. n . )

NOTES. 5ij

(44) page i5?.

Les Décurions ( Curiales) formaient un corps de ville, un conseil municipal, qui avait l’administration des affaires courantes. Ils fixaient le prix des denrées, ils exerçaient une espèce de juridiction et de police. Cassiodore appelle cette assemblée second sénat ( senatus minor ). ( Lib. <£, ep. a. )

(45) page tfi8.

Les plus grandes entreprises avaient toujours des attraits pour lui.il considérait moins les difficultés qu’elles présentaient que l’utilité qui pouvait en revenir. Sous son règne, un illustre patricien, de la famille des Decius, essaya de dessécher une partie des marais Pontins, et les travaux furent couronnés par le succès. Mais oiji ne les Continua pas sur d’autres points, soit qu ils fussent trop dispendieux et trop pénibles , soit que l’art n’offrît pas encore des secours suffisans. Théodoric , pour encourager les tentatives de Decius , avait cédé, avec exemption de toute charge , la propriété des terres qu’il rendrait h la culture.

Le souvenir de cette entreprise a été conservé par une inscription gravée sur une table de pierre, qui se trouve h Terracine. La voici :

t>* OLRMPft AD£ IKCX.YT RlX THSDERICTTS TICT *0 TRIÜMP SEMptr AÜO BOIT O RP MATUS CÜST05 LIBTI3 BT TROPAGATOR ROM N O H DOMITOR.

«TlUM D F.CZNNOVH VI M APPI.V ID £ A TRIP. U«Q TARiC IT LOCA COHFLUSNTIB AB UTRAQ PARTE F*LÜD PAR OKK RETRO BBXKCIP IM CM DAT RR A VT USU PCBCO J.T ëL COHITATB VIA M TI (TM ADMIRANDA PROPITIO DEU FEllClTB RKSTITUIT Ol’BRl IMiüJV CTO MAVXTPR I.SUDAVT* ADQ CLI Vr.KTISSiMI PRlMCXr PLAIS »£IERTIE»T H PRJSCONXX SX PROSAPIlt DXCXORCK CAC MAT v BASILIO DECIO TC T. T I*L EX PU XX ppo

IpX C0V9 ORD PAT QUI AD P BRPRTUAM D AM TAMTI DOM1NI OLORIAM FI.R PÏ.URIMOS QU* ANTE VON ALT SOS DBDUCTA IM MARS RQCA IG MOTEL ATAY Xt £T N1MIS AMTXQ BRDDXDXT SICCXTATX.

5i8 N0TE5.

(46) page 182.

Dans le recueil de Cassiodore , parmi toutes les lettres dé Théodoric adressées au sénat, on ne trouve presque que de ces présentations de dignitaires civils.

Quelquefois cependant il nommait une commission dans lè sénat pour faire une enquête ou pour juger ; mais c’était dans des affaires de peu d’importance.

Il voulait que ce corps restât , pour ainsi dire , inanimé ; la preuve, c’est qu’il n’y fit jamais entrer de Goths,qui étaient destinés aux emplois actifs. Le sénat aurait acquis trop de prépondérance, si, à l’éclat dont on le faisait briller, on avait joint la force. (Sigon , lib. 16. — Vide sept. lib. Var . Cass. )

(47) page 20 !•

La charge de comte du palais était au nombre des fonctions civiles et réservées aux Romains; Théodoric ne voulait pas mettre sa garde a la disposition d’un Romain.

(48) page 2'o5.

Un jour que le monarque et Tolonic naviguaient ensemble sur deux vaisseaux différens, ils furent surpris d’une violente tempête non loin du rivage. Le bâtiment que montait Théodoric aborda après de longs efforts; mais l’autre fit naufrage , et Tolonic ne dut son salut qu’h son extrême vigueur : il gagna la terre à la nage, dans le moment où le roi , désespéré, s’élancait dans un esquif pour courir le sauver au péril de ses jours. ( Cass ., lib. 8, ep. 10. )

Théodoric était parvenu h établir tant d’ordre et de calme dans ses états, que jour et nuit les portes des villes étaient ouvertes, et la plus grande sécurité y régnait; on pouvait ,

NOTES. 5 x 9

sans crainte, emporter de l’or et de l’argent dans la campague. ( Murator, ann. 5 i 6 . )

( 5 o) page 211.

Mais le législateur semblait, dans plusieurs dispositions , chercher plutôt la vengeance particulière que l'utilité publique. Si un homme , par des instigations criminelles et par des menées insidieuses, venait troubler l’union conjugale , sou propre lien était rompu et déclaré illégitime, sans aucune restriction. Cette peine du talion pouvait satisfaire la personne offensée : mais l’équité demandait -elle que la femme du coupable fut victime de sa faute? Pourquoi la condamner h une flétrissante viduité? Et si elle était mère, l’abandon, 1 infamie de ses enfnns. . ... Je ne puis calculer tous les tourmens que la loi lui préparait; et elle était innocente. Reconnaissons ici l’esprit des Romains, chez qui le sexe faible a toujours été sacrifié. ( Cass . , lib. 9 , ep. 18. )

Dans le même réglement, on prohiba la bigamie. Sans doute cet article regardait principalement les Gotbs : car les coutumes et la religion des Romains répugnaient a cette double alliance; au lieu que chez les peuples du Nord, dans les tems où la pudeur était le plus respectée, souvent on s’unissait h deux femmes, non par incontinence, mais par orgueil. C’était un reste des usages que ces Barbares avaient apportés en Italie, et que le nouveau climat avait dû fortifier. (Cass., lib, 9, ep. 18. — Tacit. Germ. , c. 18. )

• Quant aux adultères, on se contenta de maintenir tous les cdits divins empereurs. Théodorie, en pareille circonstance, disait toujours, les édits des anciens. Cette remarque pourra paraître minutieuse, mais elle sert encore h indiquer le changement d'esprit du gouvernement. ( Cass. , lib. 9 , cp. 18.)

320 NOTES

( 5 x) page 212.

Ce fait semblerait être démenti par Cassiodore. Selon lui , ce seraient les Francs qui auraient redouté le roi d'Italie* « Les Goths provoquèrent les francs , et ces derniers t » quoiqu’ enflés de tant de victoires qu’ils avaient remis portées sur les autres peuples barbares , n’osèrent pas » en venir à un combat .» Mais ce glorieux succès est rapporté dans une lettre que Cassiodore adressait au sénat pour lui faire part de sa nomination k la charge de préfet du Prétoire , dans une lettre d’apparat où la flatterie ne craint pas d’altérer la vérité pour exagérer les louanges. Quels monumens pour l’histoire des princes que les harangues des cour-* tisans !

Les choses sont présentées d’une manière bien différente par Jornandès, qui écrivait lui-même à la cour des rois goths, mais après Amalasonthe. Il assure positivement que les Francs n’avaient que du mépris pour la puissance d’un enfant et d’une femme; qu’ils se préparaient h faire la guerre, et que, pour les retenir, on leur céda les conquêtes de Théodoric dans la Gaule.

Mais ce récit de Jornandès a besoin aussi de modification. Car on voit que , dans la suite , Théodat et Vitigès entrent en négociation avec Tbéodebert pour acheter le secours des Francs , ou du moins leur neutralité , par l’abandon de ce qui restait dans la Gaule ( Proc. Bell . Gol. , lib. 1 , cap. 1 2 ). Or, si dès le règne d’Athalaric , on avait donné tout a Thierry, on ne pouvait plus alors rien offrir h Théodebert.

Ste.-Marthe ( Vie de Cass . , liv. 2 , ch. 1 ), pour concilier ces diverses opinions , «oppose qu’on aurait en effet livré la Gaule à Thierry, comme le dit Jornandès, et qu’on aurait trouvé le moyen de rentrer en possession par la suite. Mais on ne voit point de trace de cette réintégration. Les au-

.. Digitiz»

NOTES. $21

teiïrs parleraient du traité ou de la victoire qui l’aurait procurée.

Voici le doute que je propose ’a mon. tour.

Des conquêtes de Théodoric. dans la Gaule on avait fait deux parts, l’une était échue au roi des Visigotlis ; l’autre demeura au roi d’Italie : c’étaient les provinces contenues entre le Rhône, les Alpes et la mer ( la Provence et le Dauphiné }.

Je crois , comme Sigonius ( lib. 17 , Occ.'Irnp. ) , qu’on ne livra aux Francs, dans le commencement, qu’une partie de la Gaule en-deça du Rhône, et qu’on se réserva les contrée» les plus voisines de l’Italie , c’est-à-dire , la Provence.

Et comme l’époque k laquelle les triomphes célébrés par Cassiodore paraissent se rapporter , est postérieure de plusieurs années a la cession qui se fit au nom d'Athalaric , on pourrait expliquer ainsi ces triomphes:

Thierry , toujours ardent et ambitieux , tenta , une seconde ' fois, une irruption pour envahir la Provence; mais, attaqué d’une maladie mortelle ( Cass. , lib. 1 1 , ep. 1 ) , il mourut dans l’expédition. Les Francs, privés de leur chef, se retirèrent, mais sans abandonner ce qu’on leur avait déjà cédé.

La Provence ayant été ainsi conservée, on s’en défit quelques années après , pour se concilier l’amitié de Théodebert , fils de Thierry.

. ( 52 ) page 222.

C’était alors la destinée des Goths d’être abandonnés ou trahis par tous leurs princes. Théodat , neveu de Théodoric par sa mère Amalafrède , embrassait dans ses domaines une grande partie de la Toscane, et il voulut usurper le reste. Quoiqu’il fût très -versé daus les sciences et dans la philosophie, ces études libérales n’avaient pu corriger la* sordide avarice qui le dominait. Pour assouvir cette passion , il n’avait rien de sacré ; il était prêt k vendre sa famille , sa patrie , et

3 L «5 NOTES

kii-même. Tl n’y avait point de fraudes, point de violence» qu’il n’eût mises en œuvre pour dépouiller les malheureux Toscans. Les cris de toute la province s’élevèrent jusqu’h la reine, qui tâcha de mettre un frein h son avidité par des remontrances, et ensuite par des châtimens. Le dépit qu’il en conçut, ou plutôt son amour de l’or, le portèrent à conspirer contre son parent et son souverain légitime. Dans un pacte . secret , il s’engageait à livrer la Toscane aux Grecs, moyen-

nant un salaire digue d'un tel service, et b condition , en même temps, qu’il serait nommé séuateur a Constantinople. Comi ment - se pouvait-il que Justinien , ce prince qui aspirait b la

gloire de législateur , fit une telle infraction aux lois ; qu’il corrompît le gouvernement en offrant au crime les récompenses de la vertu, en voulant faire siéger parmi les pères de ia patrie celui qui vendait sa patrie? ( Procop . Bell. Got., lib. 1 , cap. 3 . — S te. -Marthe , liv. 2 , chap. 3 . )

( 55 ) page 224 .

Amalasonthe ne remplit pas alors ses engageinens avec Justinien 5 soit qu’elle eût changé de pensée , ou qu’elle cbei chat b l'amuser par des promesses vaines ; soit qu’elle ne crût pas encore pouvoir abandonner sûrement l'empire des Goths. Justinien n’en témoigna aücnn déplaisir, et même nous remarquerons , par la suite , qu’il paraissait être d’accord avec elle. ( Proc. Bell. Gvt. , lib. 1 , c. 4 . — ■ Cass. , lib. 1 b , ep. 19,) (5 1) page 22 ( i.

Théodat fut associé b l'empire, mais il n’épousa point Amalasonthe. Il était déjà marié b Gudeline. ( Cass., lib. 9.) ( 55 ) page 228.

Procope,dans ses anecdotes, prétend que Théodora, impératrice d’Orient .jalouse d 'Amalasonthe , avait trempé dans le complot dont cette princesse fut la victime. Une lettre, insérée dans le recueil de Cassiodore , parait confirmer ce

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NOTES

récit. C’est Gudeline , épouse de Théodat , qui écrit k l’ïrnpé-. l'ntrice : « Vous nous avez informés que vous étiez satis- » faite de ce qui est arrivé dans cet Etat. Vous montrez » que vous aimez tout ce qui s'accorde avec la justice .» Os paroles désignent assez c’airement , quoique d’une manière indirecte, le meurtre d’Amalasonthe, et la part que Théodora y avait prise. ( Cass. , lib. 10 , ep. 25 .)

( 56 ) page 2*9.

Et ces honteux secours, comment les avait -il obtenus? 11 menaça le pape et les sénateurs de les faire tons égorger , s’ils n’employaient leur crédit pour fléchir Justinien, Le pape alla en ambassade k Constantinople , et le sénat fit un éloge pompeux des vertus , de la magnanimité , de la douceur de Théodat. ( Muratori , Ann. d'Itai . , 556 . — Cass. , lib. 1 1 , ep. 1 3 , 1 4 .)

Ce qui donne l’idée d’un misérable gouvernement, aussi en Orient, c’est que l’impératrice Théodora , qui, par un caprice de Justiuien , avait passé du théâtre sur le troue, déclara ouvertement a Théodat , que s’il voulait obtenir quelque chose de l’empereur, il fallait s’adresser a elle. [Cass., lib. îo ,ep. 20.)

(67) page 25 l.

Voici les principaux articles de ce traité : Théodat renonçait pour toujours k la Sicile; il s’engageait k envoyer chaque année k l’empereur une couronne d’or du poids de trois cents livres, et trois mille soldats Goths a la première réquisition; il promettait de ne plus priver de ta vie un ecclésiastique ou un sénateur, de ne plus confisquer leurs biens sans l’autorité de l’empereur, et de n’élever aucun de ses sujets k la dignité de patrice, de n’en faire entrer aucun dans le sénat, sapsen, demander la permission k l’empereur. ( Proc. Bell. Got. lib. x , c. 6. )

Dès ce moment même , on frappa des médailles, suc les»

5 a 4 NOTES.

quelles on lisait au côté droit : Dominus nosler Justinianus Paler Augustus ; et de l’autre : Dom. nos. Theodatus rex. D’autres représentaient la face de l’empereur avec la légende : Dominus noster Justinianus Augustus ; et sur le revers, on lisait cette seule inscription : Theodatus rex. Quand toutes ces dispositions vinrent à la connaissance des Goths, je laisse h pênser quels sentimens elles devaient leur inspirer, et pour le roi, et pour l’Etat, et pour eux-mêmes. ( S/e. -Marthe , Vie de Cass . , liv. 2 , ch. 5. )

Telle était la peur stupide qui avait abattu ce misérable prince , qu'il ne crut pas avoir pourvu suffisamment a son salut par ce traité, et qu’il rappela l’ambassadeur. Au cas que l’empereur n’acceptât point ses offres , il écrivit qu’il abdiquait la royauté, et qu’il ne demandait qu’une pension de douze cents livres d’or. ( Proc. Bell. Got . , lib. 1 , cap. 6 .)

(58) page 2 56.

Comme toutes les choses nécessaires a la vie étaient devenues d’une excessive cherté , Cassiodore fit un édit particulier ( lib. 1 1 , ep. 1 1 , 1 2 ) pour en taxer le prix. Il spécifia toutes les diverses denrées; il entra dans les plus petits détails. Il y eut une amende de six sous d’or pour ceux qui contreviendraient au régie ment.

Mais tous les temps où l’on fait des tarifs pour les choses de première nécessité, sont des temps de misère et de famine.

Sous Théodoric , sans aucune fixation coercitive sans amende, les vivres se vendaient a un taux très-modéré , l’abondance régnait. [Murat. Ann. d'Ital. , 5 iti.)

(5y) page 245.

L’élévation de Théodat au trône n’avait point été notifiée aux Goths , mais seulement au sénat ; maintenant .les Goths sont seuls instruits officiellement de l’élection de Vitigès. L’es-

NOTES. 3 s 5

prit du gouvernement était tout-h -fait changé. Ce sont ces révolutions qui devaient fatiguer l’Italie. La prééminence passant tour-h-tour d’un parti a l’autre, les injures se renouvelaient sans cesse , les vengeances étaient plus terribles.

(60) page 243 .

La même adresse contient encore ces paroles aux Goths : Ne craignez plus aucun préjudice , aucune injure ; voua avez un roi qui distingue et qui sait aimer les braves. Cassiodore ne s’aecuse-t*il pas ici lui-même? et n’indiquet-il pas que les Goths étaient révoltés non moins contre le gouvernement que contre la personne du dernier roi?

(61) page 247.

Les Germains , dit Tacite ( lib. de Germ.pc. 10. ), sont très-adonnés a la divination. Les augures règlent, chez eux , les affaires publiques et particulières. Lorsqu’ils ont dessein d’attaquer un peuple , ils tâchent d’avoir en leur puissance un soldat ennemi ; ils le mettent aux prises avec un des leurs , chacun muni des armes de sa nation. Le succès de ce combat singulier fait juger du sort de la guerre.

Un récit de Procope montre que cette superstition régnait parmi les Goths.

De jeunes pâtres s’amusaient entre eux , et faisaient une petite guerre; divisés en deux partis sous deux chefs, dont l’un avait pris le nom de Bélisaire , l’autre celui de Vitigès. Ce dernier fut vaincu. La troupe victorieuse l’attache a un arbre, comme pour lui faire subir un supplice ignominieux. Mais, pendant leur jeu , un loup sort d’une forêt voisine : les jeunes pâtres, effrayés, s’enfuient et abandonnent leur camarade , qui devient la proie de l’animal féroce.

Ce récit, divulgué dans l’Italie, répandit la crainte parmi les Goths. (Proc. Bell. Got . , lib. 1 , c. 20. )

NOTES

‘ ( 6 a) page a4g.

Les Barbares étaient battus plusieurs fois de suite dans les mêmes attaques et par les mêmes causes. Ils ne voyaient jamais d’où provenaient leurs défaites, et revenaient a la charge sans employer d’autres moyens. Ils étaient rebutés , mais jamais éclairés. ( Proc. Bell. Gol. , lib. 1 , cap. 2.)

(63) page 25a.

Justinien avait allégué , pour prétexte de la guerre , la vengeance d’Amalasontbe.

Vitigès représentait qu’ayant détrôné et fait mourir Théodat, il avait puni l'attentat de ce perfide, et avait rempli les intentions de l’empereur. (Cass. , lib. , 10, ep. 22. )

(64) page 260 .

Les femm<* des Goths , indignées de leur lâcheté , allaient, selon Procope, jusqu’à leur cracher au visage, et leur montraient. avec des railleries amères, la petite troupe des Grecs.

Voilk encore un trait de ressemblance avec les Germains. Les femmes, chez ces peuples, comptaient les blessures de leurs époux et de leurs fils, an retour des combats, et elles examinaient si les coups étaient honorables. ( Tacit. lib, de Germ. , cap. 7. )

(65) page 261 .

Les capitaines qui combattaient sous les ordres de Bélisaire, jaloux de sa gloire et de sa puissance , 1 accusèrent auprès de l’empereur de vouloir, par une trahison , s emparer de 1 autorité royale eu Italie. Justinien , qui n’était pas assez grand pour s’assurer sur la foi d’un grand homme , rappela Bélisaire et le disgracia. ( Proc. , lib. 1 , cap. 29 , 3 o.)

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