RÉSUMÉ
On a heurté, dans cet ouvrage, l’opinion fixée depuis plusieurs siècles sur Théodoric-le-Grand et sur Cassidore, un des pères de l’Eglise et ministre fameux.
Mais les nombreuses autorités dont on s’appuye , montrent que ce n’est qu’après un examen approfondi, qu’on s’est décidé à porter un jugement. II faut rendre honneur à Théodoric, lorsqu’il rétablit l’ordre et la justice dans toutes les parties du gouvernement; lorsqu’il protège l’Italie contre les autres Barbares et qu’il encourage les arts et les sciences; lorsqu’il rattache à l’Empire des provinces que la lâcheté de ses prédécesseurs en avait séparées; mais on doit accuser Théodoric d’avoir immolé à sa sécurité particulière et la nation vaincue et sa propre nation ; d’avoir (entretenu l’une dans l’inertie , l’autre dans la férocité ; d’avoir, tous une apparence d’équité , fait les uns tyrans , les autres esclaves.
3oi
Cassiodore mérite de grands éloges , lorsque sa prévoyance et son activité suppléent à l’insuffisance du prince, soulagent la misère des peuples, déjouent les intrigues et les fraudes des magistrats subalternes. Mais on blâme Cassiodore, quand il oublie qu’il est premier ministre du roi d’Italie; quand il attente à l’autorité royale pour favoriser les intérêts du clergé ; quand sa partialité marquée pour les Romains, et son insouciance pour les Goths, perdent les défenseurs de l’état et causent la ruine entière de Ja monarchie.