HiSTOîn
sur U rapport de son aitibassadfeor , oMIonnii qa'o0 n'omit rien pour &ire au grand docteur des Portugais la plus magnifique réception.
EdouaH de Gama^ de son côté^ remontra au Saint de quelle importahoe il était pour U gknrd de lai Religion dé rendi^e cette fiction la plftf^ cé-^ lèbrè qu'il aérait possible; que Itii^^méiBe avàil éprouvé combien Ie6 Japonnais méprisent la pau-î vreté ; qu'il .était néoissaife de les amVsàticto vine bbnlie fois , cpie n les ministres de l'Évan-t gile n'étaient pas toujours ènvitoioiéa de :oe faàte qu'affectaient leurs j^rétres, leur païuvreté ne vé^ nait point d'une indigence foh:ée;^ mais qu^eUa avait im motif dont ils né connaisëaient pas la grandeur: Enfin , qu'il fallait une bonne &i» àé^ tromper la populaoe , et lui faire quitter les idées e«itravagantes que les bonsfes tachaient paivitout dé di>nner dàs réligieto d^-Europe^. Quoique de Gama: et1esr9ieo6 pussent <Ufe^Ua ^'àpiençunent SLS^ qtf^ik Ji'^vifiefit pas perisaadé ; dteâs ils débkw irèr^l '«U i$4iitf qu'il n'en s^^ait |iaa le maître^ et.aprè^ avf>if ^coboerlé esAf^x de qiuelle tiia4 «dereij^ïe HiepetaÎQiit ches Je &oi;^ ite 1ravaillè«> rent toute la: tnuit aa3( ^{Miratifsi: .
Dè^ qi^ l0 joUîLr parfit., osi partit au l^uit du canon,» su,r d^mii bai^ilf» eit une khalôupe, tou'^ jtes; couvertes: 4t; ta{>is de k Chine^ «dt ornées dA I)anniéiies,d^.t(}nJjlss.Ij9S'COuteuit5; une ttès-dgréa* }^e. ^jrmpl^onie annoQçaut de £orb loin la vdnuft du aeryitefir do Pieu^On rémonta ainsi une nr^
DU jAPon, ïAv. 1. 83
vière qui baigne les mnn de Fanfty. Le père fut reçu à la descente de sa chaloupe, par un officier de marque ^ à la léte dNm corps de troupes. Cet officier offrit au père une litière pour se rendre au palais ; mais le père la re-^ fusa. Alors les Portugais Commencèrent leur mar-^ che en cet. ordre. Edouard de Gama paraissait le premier^ tête nue, et une Catine de Ben* gale à la nmin; ^quatre aijitrés Portugais suivaient; portant tous quelque thoi^ à l'usâgë du père: J^ saint liomme marchait ^i^suite ayant sur ntké soutane de oamçlot, ^n surplis et une étole d'un fort grand prix. BiiTiron trente Portugais , tous groB marchands ou officiers du uavifê , venaient après, 8i]|perbemfent vêtus, portant des chaînes d'or , ayant une contenance fort noble , et cha-* cun son valet derrière soi On ti^aversa ainrî toute la ville au son des flûtes , des trompettes et des bc^tttbois. Tout Funay ^tait accouru à' ce spectacle , les rues, les fenêtres et les toits étaient raDipHs d'une multitude inconcevable de peuple^ et l'air retentissait de bénédictions qtte l'oii donnait à l'homme apostolique, dont )a majesté ; qui brillait tor, son visage , et qu'une certaine modeslië religieuse Televait éncoté infiniment , attmiit toua,leB vegavds.
~i A l'entrée de la place ^u palais , lé père trouva Âx ceuts gardes , qui, ^par la richesse de Aetfrs vastes, et pi^r |a variété et l'éclat dé leurs jomes, Bsiisaient un spectaalei charmant. A la
vue du^ Saint , ces, gard^ finpnt . pltisièiirs érb^ lutio&s ea très-^bel. prdrcî , et^aprèë^lui avoir. rendU tous les honneurs militaires , ils se rangèrent jèJX haie pour: lui. laisseï: le. pas9agé libre. au milieu d'euxi Avant; quW : entrât d^ns la . premier^ cour, les cinq' premiers Portugais, s'étant mis à genoux devant le ; serviteur: de. Dieu, Gama: lui, présenta la canne de Bi&ngale ^ un autre ,lui chaussa, des mul^s trèa-^précieuses , un.troisièine étendit sur sa tête un magnifique parasol ; et tout cela se fit d'une. n\^nièm si aisée /si noble, et si : respectueuse > qu'on y. applaudit de tous çôtés.^ Il s'éleva en n^ême ternes .un assez grand bruit de gens, qui disaient :.((:£st-*ce donc lace » misérable dont les bonses d'Amanguchi ont y> publié que la vermine dont il était couvert^ D semblait ayo^p ;hprreur de se nourrir d'uii« » >cl^ir aus^i >n(ecte que la .sienne , cnt-ilè queb- » ; qu'u^ paiimi . eUx. qui ait •. l'air aussi ;^rand et I) aussi auguste que lui?» , .:
. . Après avoir prisse Une lo^gucgalerie, on en-t tra^dans une gt^aïàde- salle, où .un enfant de ^sepjt ans,, qu'un vénéraUe vieillard tenait par la main^ complimenta' l'homipe de, Dieu, et lui dit av^ une grâce tout^i^gulièt'e, des choses fort sur^ prenantes. Le père qui. ne doutai point que i 6e. coknpUfnçnt n'eût:, été< appris par» coeur. ^ réftondiJt à l'enfant ^aeio^' que lé dopsandaît aon^c^^ mais il trouva d^ns ses .répl^ues une élévalMib jet unç solicité; qui lui ^eaufia une très-çgprandc
DU JAMN, UY. I. 8^
mrprise et jeta tout le mondé dans Vadmifation. he Saint a toujours cru que cet en&nt avait été^ en ce moment, inspiré par l'Esprk divin.
De cette première salle , l'enfent qui servait au père d'introdneteur , le fit entrer dans un autre appartement qui était tout rempli de no-* blesse. Dès que le Saint parut , tous se prosternèrent juaqu^à frapper la terre du front, ee qu'ils recommencèrent jusqu'à trois foi& Cette manière de saluer est la plus respectueuse qui soit en «sage au Japon , c'est <ce quW appelle ^ faire la 6ro9M9MPrtf; ensuite deux jennes seigneurs s'a-^ tançant vers le pêne , lui firent un compliment en vers d'un style extrémemeiit figuré et mé«> taphorâque^ Ou passa de là sur une terraàse toute faendée d'orangers , et de la terrasse on entra dans une troisième salle fort ^acieuse , oà Facharan^ dono , frère uniqfie àa Roi , attendait le Saint, accompagné des principaux obiers de la cou--» BMiiie. Alors l'enfant se retira un peu , et Fa--> d)ai^iidono fit au père toutes les avilîtes qu'on est accoutumé de feik^e aux grands du Japon. WhWe plusieurs cboses obligeantes qu'illui dit, il l'as^ suvaqiie ce pur était pour le Roi et pour toute la eônr, ym jour de réjonissanee : il le con--' duisit ensuite jusque dans l'antidiambre ^ et lui doniia toujours la main.
Sn^, la chambre du Rot fut ouverte, et tOtta les jeux fureint éblouis par l'éclat de l'or 1^ y brillait de toua côtés. Le Monarque était T. I. 8
ddx>ut et paraissait souffrir iix^patiemment que sa grandeur l'eût arrêté; il fit trois ou quatre pas dès qu'il vit le serviteur de Dieu > fut frappé de je ne sais quoi de majestueux qui paraissait dans toute sa personne , . et au grand étonnement de tout le monde , il s'inolina par trois fois jus^ qu'à terre. Le père, tout confus, se jeta aux peds du .Roi et les voulut toucher du front sën Ion l'usage du pays , mais le Roi ne le lui permit pas , et l'ayant pris par la main, , il le fit asseoir auprès de lui, sur la même estrade. Le Prinoe son frère au-dessous^ et vis -è^ vis, lés Portugais mêlés avec les courliisans. Le Roi dit d'aboid au père tout ce que Ton peut dire d'hoitnête, et jamais il. ne l'appela que son ami; le^ père après avoir répondu à tant de bontés , par toutes les marques de respect qu'il put imagi-. ner , parla de Jésus-Chriat , et le fit avec ta?nt' de grâce ^ . d'éloquence et de solidité , que le Roi diarmé, s'écria : nos.bmses ne parlent point comm» cela. Il ajouta quantité de choses à l'avantage du Christianisme, et retombant sur les.bonses, il parla, vivement contre les fables qu'ils débitent avec impudence, et sur les contradictk>n8. où on les voit si souvent tomber; pour peu qu'on' entre en raisonnement avec eux.
H y avait parmi les courtisans un de ces prêtres idolâtres, nommé Faxiandono, homme vain, et capable des plus grands emportemens. Il prit la liberté d'imposer silence au Roi^ et dit que
DU JigPON,. UV. I. 89
c^'ét^it uiâquement wx bonses à parler , lors-» qu'il s'agî$$ait de religion; Civandono d'abord 9e prit à rirf ; mais , cette! modération du Prince n'ayant fait qu'accroître l'insqlence du bonae , il n'est poipt, d'absurdité qu'il ne dit. Il s'étendit principalement sur la grapde sainteté des bonces ,. sur la profondeur de jleur doctrine y sur les ^ustérit^s qu'ils pratiquaient., sur les insi^es iayeurs dont les dieux le^ .honoraient , sur les vir sites célestes qu'ils rçceva^eut trèsrsoiwventj enân^ «zr la prééminencei..; de leur profession qui les Qiettait en. quelque,. ifaçon^au-de^tts des/Rois et des Empereurs piémes; De là il s'emporta .}usqxCfi parler au Roî,foi^t,insoliçuuaent. Civandono^ sans s'émouvoir , fit signe au Prince son frère de le faire taire et de lui ôter spn siège , ensuite d lui ordoima lui-même d|9 se re^rer, ajoutant 4-un ton un peu. railleur,, « .tous avez fort bien » prouvé la sainteté des. bonses; » puis prei^nt im.ton plus sérieux : ce allez, ajouta-t-il, des )», homuie^ comme vous, ont plus.de commerce » avec les démons qu'avec les dieux. »
- » Alors le bonse tout hors' de lui -même, s'em-;pprta comme un furieu^^ ,. jusqu'à, ce que le Rw lassé Àe l'entendre, le f it c^iasser. Il se retira y mais écumaat de rage,, et disant de si grande^^ ^e^tray^gances ^ que sa foli^ fit compassion au^f plus sages. Gvandono fut toujours cçlui gui fit .paraître plus de sang froid, ejt.lç ^P!^^/ ^^^^ 9Qrti, H continua Jusqu'au dî^çr 4f; i^'en^etenir
gd HisTOiim
familièrement avec le père Xavier. Dès qtfon eut servi, le Roi se leva, et prenant le saint homme par la main, il lui dit • <ic Les Souve^ » rains du Japon ne peuvent donner une plue y> grande marqué dé distinction à ceux qu'ik » ont dessein d'honorer, qu'en les faisant man* » ger à leur tahle , mais pour vous , mon cher » père , je vous demande en grâce de me faire » cet honneur, et je vous conjure de ne pas me le % refuser. Le père IsPîncIina profondément, et y> dit qu'il priait Dieu de reconnaître pour luî y> tant de faveurs, éh éblairint un si grand Prince y> de ses plus vives lumières. Plaise au Maître » et au Seigneur du ciel et de la terre , reprit » Civandono, d^accompltr vos desseins, ce sont Tf> aussi les miens. »
Jamais deui personnes ne matigent au Japcm à la même table , chacun a la sienne; elles sont fort petites , et on ne les couvre point de napes , mais le beau vernis qu'on y a répandu né prend point la graisse , avec cela , oh les lève et on en change à chaque service. Pendant le repas, le père mangea seul avec lé Roi , qui fit toujours les honneurs de sa table, tandis que le* courtisans et les Portugais étaient à genoux, comme c'est la coutume au Japon. Le repas fini, îe père prit congé du Roi et s'en retourna au logis des Portugais, dans le même ordre qu^ii était venu au palais. Dès le lendemain , il prêr cha en public, et toute la viUe accourut pour
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J'aiteiuire* On ne le regardait qu'avec rayissemen% y et I'oa était à demi couyaiacu avant qu'il eût patrie. L'hoo^me de l)ïeu profitant de cette heureuse disposition , annonça le royaume de Jésus-Christ avec une autorité qu'il n'avait point encore prise j cela lui réussit , et il ne se passait point de jour qu'il ne se fît quelque conversion d'éclat
Mais il n'y en eut point qui fit plus d'honneur à la Religion, que celle d'un honse nommé Sacû £iran y la meilleure tête et le plus hahile homme de sa secte. H avait entrepris de disputer ccmtre le p^e Xavier y et s'était fait mx point d'honiieur de souteijir la cause des dieux. A peine la dispute était commencée y qu'il entrevit la luwére; il, Qe se rendit pas pour cela j et voulut faire honne contenance. Mais il ne put tenir longtemps contre la grâce qui agissait puissammen^t dans so^ cœur : on le vit tout-à-coup comme un homme interdit, sans parole et sans mouvement, un moment aiprps il ^ jeta a genoux, leva les yeux et les juains au ciel , et d'une voix fprte , s'écria : ci Je me rends à vous , Jéy> suji-Cluist, FÂls unique du Père éternel : Je ^ confesse que vous êj^es le Dieu tout-puissant. » Mes? frères, pardonnes^-moi, si jusqu'à prései^t )!> je ne vous ai débité que des mensonges. J'ay> vais été trompé le premier. » Il est plus aisé d'imaginw que d'exprimer combjien une action si. surprenante épiut to^ite la ville y plus de cinq
^i HistômE'
cents personnes démaiidètfent âirèc'iïfôtritïcë*d'êlré baptisés sur le ohamp, mai^ Ife père iatie^ tfé^ tait pas dans un pays où ce fut assez d'un bon moment et d'une légère instruction pour faire dès Chrétiens. Il savait TtèS combats qiie les bbnses livraient- à*uinéop4iyt es /Set 'pout rordinàfhré , hors dTùiie grande itécessité, il iie'- conférait le Bàp^ tême à aucun adulte, qu'il ne l'eût auparavant bien fortifié contre lès'^thibanes dé ôefe sophistes idolâtres. ■'" ' - ' •'•
^ Cependant il ne ^e passait point de jour que le Saint n'allât au palais, et il s'applicjuâit aVec soin à profiter des bontés du Roi pour la conversion de ce Prince. IMliî fit aisément cônce^- Voir de l'horreur pour ses dérégiemeïis ,' et s'il ne le rendit pas toiit-à*feil dhaste, il fedfinspirk de l'estime pour là chasfteté j et lui fit roinjHre quelques commerces scatidàleUx qtti lé déshono^ raient. Ensuite il lé détroùipa de mille fausset opinions que les bonses suggérèrent, stir-tout ault grands ; Une des plus absurdeis et qUe l'homme apostolique cdnlbattit plHis viVéméïit, è'est qùfe la pauvreté rend lès hommeâ criminels, (pi'on ^èchë en fiiisant dti bien aux pauvres , et qu'il y a de la justice à les maltraiter. Lé Saint fit voir sans peine à Civandono le riditule de cette doctrine , et le fit changer dé conduite à l'égafd des misérables, pour lesquels il fût toujours dé^ puis pleiù d'une compassion tendre et efficace. Vhe suite dû prinéipe des bonses touchant les
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pauvres, était que les femmes qui n^avaient pas assez de bien pour élever de nombreuses familles , se croyaient en droit d'égorger leurs propres en&ns des qu'ils étaient nés, ou de se faire avorter. Le père se déclara hautement contre ce désordre, d'où s'ensuivait un étrange libertinage, et il obtint un édit très-sévère du Roi pour y remédier. Enfin, le serviteur de Dieu trouva, pour la réforme de la cour et de la ville, des facilités qu'on ne trouve pas toujours dans bien des états de la Chrétienté. Le Roi avouait qu'il se sentait étnu jusqu'au fond de l'ame, dès qu'il le voyait, et que cette émotion ne manquait jamais de produire un sentiment d'horreur pour toutes les abominations de sa vie.
Les bonses, de leur côté, ne s'endormaient pa3, et voyant que leur crédit s'en allait bientdt tout-à-fait ruiné , ils mirent tout en usage pour |>tévenir ce maJheur ; ils tachèrent , mais enva^, de décrier le saint Apôtre dans l'esprit du public^ ils ne réussirent pas mieux auprès du Roi , qu'ils entreprirent d'intimider ; ils crurent qu'il leur s^ait plus aisé de &ire soulever le peuple , et il se flattèrent que dans la confusion d'une émeute populaire , rien ne les empêcherait d'égorger leur ennemi. Mais le Roi averti de leur dessein, mit un si bon ordre à tout, que personne n'osa se remuer.
' Ce stratagème, qui tfut ^siployé pour lesmèrmea Irisons par les bonses d'Amanguchi, eut
C)4 Hl&TOiRE
des suites bien plus funestes. Le père de Tordrez ne donnant pas moins d'alarmes à oes &ux prjètreS) que le père Xavier en donnait à leurs confrères de Funay , ils tentèrent d'abord ^ pour le confondre ou pour le perdre , la voie de la dispute , des calomnies et des remontrances : i^oyant que tout cela était inutile, et que le Roi, qui ne voulait point d'éclat , se contentait de faire mauvais visage aux Chrétiens , ils engagé*^ rent un seigneur, mécontent de la cour, à piendre les armes. Celui^^i tix)uvant une belle oc«casion de colorer sa révolte du prétexte de la religion , leva des troupes et vint brusquement fondre sur Amanguchi. Le Roi pris au dépourvu, et croyant mal à propos , tout désespéré , s'eniferma dans son palais , ordonna qu'on y ndt le feu , poignarda de sa propre main son Ûls unique, ^ se fendit lui-même le ventre. Tel fut le déplorable sort d'Oxindono, qui ayant voulu ee ménager entre les Chréti^is et les bonses , s'attira la colère divine, et fut la malbeureuse victime de la fureur de ces prêtres séditieux. Clependant les rebelles ne trouvant nulle part aucune résistance, firent main basse sur tout ce qui se rencontra , et mirent le feu à plusieurs quartiers de la ville 5 ce qu'il y eut de surprenant et ce qu'on ne saui^it guère attribuer qu^à un miracle , c'est qu'auùuu Chrétien ne petit dans ce caniage, et que lu père de Twrez et Jean Fernande^, qu'on cherchsdt partout pour
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les immoler' à la haine des bonses, traavèf^it lin asile chez leuihs ennemis métnes. Ce fut par la protection d^e Princesse que les bonses avaient un fort grand intérêt a ménager, ^le les rendit respraisaUes de ce qui arriverait de fiàcheuls aux deux missionnaii'es qu'elle honorait, toute païenne qu'elle était , et obligea ainsi ces religieux idolâtres d'être eux-mêmes les gar^ dtens de ceux contre qui ils avaient excité cette sédition. '
Enfin Torage cessa comme il avait commencé^ les conjurés disparurent sans qu'on ait bien su, ni ce qui les y avait contraint , ni ce qu'ils étaient devenus-: alors les principaux seigneurs s'assemblèrent iK>ur élire un Roi, et l'élection Umbei sur Fsfcbarandono, frère du Roi de Bungo, jeune Prinée ^1 qui l'on admirait une grande doueeur et beaucoup de mérite. La cour de Bungo reçut avec joie les députés du Naugato, et célébra l'élection du Prince avec toute la magnificence possible. Le père Xavier ne manqua pas d^ll^ féliciter les deux Rois, et Facharandoffi) lui donna parole qu'il ne serait pas moins Ëivorable aux Chrétiens que le Rm son frère.
Xn. Il y avait plus d'un mois que le père Xaivier était a Funay , attendant pour partir que la sais<m fût propre. Enfin, le jour du départ étant fixé, le serviteur de Dieu alla en cérém^onie prendre congé du Roi. Toute cette audience , qui fiit fort longue, se passa en regrets
1^ : . His;roii«
^^ la p^rl; du Ro , leqtt^l tét^pioigQa phisieuns fois ^oif Portugais qu'il . leur pçrtaijt enyie . d-âyQÎt » IcHig-teipps à Jouir de la çoix)|^g^ie 4'iu^ homme ^'jû^s'estiipçrait infiuimeiit, peureux: 4i3 pouvpii: cQDseryer d%ps sa Qour, I^e père ^ ^prè^ avoir donné à ce Prince toutes les nijarques de respect jet; de rfconnais^ace que méritent,. tant de faveurs, lui remit en peu de mots^ devant les yeux toiit; ce qu'il, lui .ay^it dit, dans les diÇerens ien-r tretiens qu'il avait eus avec lui. Sur-tout il insista fort sur la brièvaté du temps , et le terme fiital où abputissQQt.tpjates les grandeurs de la terre. Il le pdà d^ penser souvent ce qu'étaient devenus tous les Empereurs du Japon qui avaient régné avec le plus,d^éclat et. de.pro^rité: que bientôt lui-même ne sei:dit que. ce qu'ils étaient, c*e?t-à-dire , un peu de pousisiére , avec cette différence qu'étant instruit, et |[:;€mvaincu.des vérités qu'on lui avait , annoncées de la part.de Dieu, il aurait un terrii)le compte à lui rendre d'une grâce. que pwsonne u'avait i:eçue avant lui au Japon. Le. R,oi touché jusqu'aux. larmes, embrassa tendrement le père, et se r^ra.sans pouvoir répondre.
Le père se rendit dès le même jour à figen, je ne sais ce qui arrêta l'embarquement ; niais il est certain qu'il fut différé, et que ce retardement eut de grandes suites. En ^et, le père Xavier étant retourné au palais pour prendre eocore une £)is congé du Roi , à prâie. était-il
taitré dans la cKambre, qu'on vint aYortir qqe FudiarandoDO demandait une audience en pré-* flènœ du docteur des Portugais. Fudbarandono était alors le plus fameux bonse de tout, le pays* Après avoir professé trente /ans la théologie ja-* ponnaise,. il était parvenu à être regardé comme xtn oracle, et ses . décisions passaient pour des •vérités incontestables. Les' bonses de Funay lui «avaient mandé les progrès du Christianisme , et le danger qu'il y avait que cette reUgion étran** gère ne prit .entièrement le dessus, qu'ils ne voyaient point d'autre remède à un si grand mal^ que sa profonde érudition, qu'il vint donc au plus tôt au secours des. dieux et de. leurs autels. Le docteur, sans se faire. beaucoup prier, s'était mis. en chemin sur cette lettre , et se flattant d'une' victoire qui lui semblait facile, il se hâta -de joindre son adversaire , qu'il apprit être sur le point de s'embarquer.
Le Roi, au nom de Fucharandono, parut un peu déconcerté : il vit bien quel était le des-tsein de ce bonse , et il a depuis avoué que quelT :que idée qu'il eût du père Xavier, il avait appréhendé de le commettre avec un homme qu'il croyait invincible. Le serviteur de Dieu s'aperçut de l'embarras du Prince , en devina la cause, et fit instance pour qu'on fît entrer le bonse. Le Rbi assuré par la résolution que fit paraître le Saint,, ccesenlit .à ce qu'il souhaitait , et Fucharandono introduit dans la chambre du Prince.,
après lui avoir rendu ses devoils , prit «ans fii^ çon et d'un: air fort suffisant, la place que le père Xayier lui céda par modestie. U regarda ensuite fixement son adversaire , et lui demanda s'il le reconnaissait? Le serviteur de Dieu répondit qu'il ne se souvenait pas de l'avoir ja-r mais vu. Alors f ueharandono faisant l'étonné : lie cela est-il possible ! lui dit*il , tu ne te souviens y> pas qu'il y a cinq mille cinqoents ans que nous » trafiquions ensemble à Frénoiama ? je yois bien , 3» ajouta- t-il d'un, ton moqueur, et regardant y> l'assemblée avec un air triomphant, je vois )» bien que j'aunii bon marché de cet homme- 3!^ là. » i^e Saint aperçut aisément que le bons^ tenait la transmigration des âmes. Pour le tirer de ses principes d'une manière qui fut à la portée de son auditoire , il lui rappela d'abord dans l'esprit qe qui est constant au Japon, a savoir qu'on comptait à peine mille ans depuis la fondation de la monarchie, et »ir-»tout que Frénoiama, il n'y avsùt que neuf cents ans, n'était qu'im désert.
Le bonse ne se tira point de là , et comme pour cadier son embarras , il se fut attadié à prouver que de ne pas se souvenir du passé était une punition des dieux pour avoir mal vécu, il ne s'aperçut pas qu'il mettait contre lui le Roi et toute la cour , et donnait au père un grand avantage pour détruire son syrtème , aussi le Saint en sut-il bien profiter. Foeharandcooi n'a-
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tançant donc point de ce cAté-^là y fit quantité de quéslions que la pudeur ne permet pas de rapporter; il espérait par-là se rendre fiiyora-^ Bltes les courtisans qu'il savait être pour la pln-f part plongés dans les plus infimes débauches. Mais ayant été trompé dans son attente j il battit quelque temps la campagne , comme un homme qui se perd , et enfin il s'emporta , de sorte qdé tout le monde en iilt choqué. On l'avertit dé Mte réfleiion que l'étranger , sans sortir ^es boiv nés de la modération y sans s'échaufifer , sans rien dire, qui ne fut dans le bon sens , prouvait so^ lidement tout ce qu^ avançait, et donnait à ses objections des réponses qui satis&isaienL Biea loin de ptofiter d'un avis n sage, Fuchaiandono parla avec tant de hauteur j que le Roi le fit chasser.
Il n'en fallait pas tant pour fiiire entrer en foreur tous les bonses ; ils ferment les temples, ils refosent les offrandes, ils publient que les dieux sont irrités : enfin ils viennent à bout d'é* mouvoir la populaœ. Les Portugais voyant les esprits disposés à un soulèvement général , et ne se croyant pas en sûreté dans une ville oit l'autorité du Souverain ne serait plus respectée, retitrèrent dans leur navire , et s'éloignèrent de terre. Mais Gama faisant réfleuon que le père Xavier était resté à Funay où leur retraite ' l'ext* posait à la fureur des bonses, il se mit, sans perdra «de temps, dans la chaloupe ^ et courut
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chercher le saint homme* Il le trouva d^nsla maison d'un pauvre catéchuitoène, où quelques Chrétiens s'étaient assendï)lés. L'apôtre les consolait i . les apimait au martyre ^ et ne doutant point qu'on ne vînt incessamment pour l'égorger, ii bénissait le tiel de lui avoir enfin accordé ce qui &isait^ depuis si long-temps, l'unique objet de ses vœux. Gama nV)mit rien pour, l'obhger a chercher un asile daïis -son bord. T pen«servons / lui dit le Saint ? quoi ! j'abandonnerais mon troupeau à la merci des loups! <c A Dieu D ne plaise que je déshonore ainsi mon minis- D tère, et que je donne' lieu aux bonses de se » vanter qu'ils m'ont fidt céder le: chaû^p de » bataille.}» Ga^ma, touché d'une grandeur d'amé si peu commune , se relira . sans dire mot , ren* tra dans son navire y assembla ses officiers, et ses associés, leur déclara la résolution du père Xavier , leur ajouta qu'il était dans le dessein de suivre jusqu'au bout la fortune du saint homme ; que, pour eUx, ils pouvai^it prendre leur parti, qu'il leur cédait tout ce qui lui appartenait des effets du navire , et le navire même ; qu'ils avaient de bons pîilotes , et qu'il ne s'était point engagé à les conduire en personne.; il finit en disant qu'il allait mourir avec l'Apôtre , ou lui sauver la vie au péril de la sienne. Ce discours que Gama accompagna de quelques larmes, attendrit les Portugais. Us eurent bonté de leur fîiite précipitée ; ils rapprochèrent le navire y
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descendirent à terre , et rentrèrent dans la ville^ déterminés à périr pour la conservation du père Xavier. On fut surpris à Funay de voir que la iH^aksidération d'un seul homifie eût obligé tani de riches marchands à s'ex jx)ser à tout , plutôt que de l'abandonner. Les fidèles en furent éd^^ fiés , les mutins intimidés y le tumulte cessa , et les bônses se virent encore une fi)is réduit^ à èonfiei^ leur cauaie au hasard d'une dispute.
Ils eurent bien de la peine à en avoir l'agré-' ment du Roi qui ne l'accorda , après bien des instances , qu'à des considérations fort dures. La principale était que ce qui serait une fois décidé à la plurdité des voix serait regardé eomme certain , et qu'on n'y rëviteUdrait pfcs. Les autres renfermaient de fort 4>otis r^emens poUr éviter le bruit ^ et mettre éi l'ordre-datfs les questions et dans lès réponses. Le lendemaiii de grand matin; on vint' avertii* kf Roi que Fucharandono paraissait dans la première éoUt- du palais y à la tête dis tous les bons es de Funay et des environs. Les historiens en font monter le nombre jusqu'à trois mille. Le Roi , pour se défaire de gens qui semblaient avoir d'autre dessein que de disputer, leur fit remontrer qu'il n'était ni raisonnable , xli inéme de leur honneur qu'ils' fussent tant de gens contre un seul homme ^ qu'il- voulait bien néanmoins que Fû* eharandono entrât -avec trois où quatre de ses confrères , mais qu^il n'en souflfHràit pas davana-
Digitizectby
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tage* n Êillat 6e soumettra ,, iet à peine les b(ai!^ ses étaie^t entrés , que le père .Xavief arriva ayeo encore plus d'appareil qu'au jour de s^ pre-^ BÙère audience. Les Portugais le traitèrent cotam^ îh eussent traité leur Souverain , et ne lui.par-^ lèrent qu'à genoux. Cette espèce de triompbe-du Sgint fit bien du dépit à ses ennemis : les dis-^ cours qu'ils entendirent qu'on tenait dans l'as^ semblée, ne les chiigrinèrent pas .ixKHils; maia ce qui Sfchçva dp les décpnôerter, ce fij* l'accueil que le Roi fit au (ervjtear de.Bieu* Ce Pnhp^ j^t plusieurs pas poinr rcx^evoir, le père.^ fit l'ayant fait asseoir auprès de loi , U l'entretint 9fiel(^ue t^oqis avec bf^avcoup de familiarité* > . Enfin > DU eoQiiA^nça h conférence; elleronhi ^fi^orà s^r l'ef istepce e{^ l'unité d'un Diea. La pèr0 Xavi^V pr^ouva ^iden^etit fuite et rautne. Pe là il b'élpQdit sur. les principaux altrijbubi d9 )a Bivinité ^ sur l^i mydjtqres d^ llnoimaUoix ^,du Verbes et dâ la Rédemption des hom?-.
m@9) et,, après ayctir répondu ^n^ objection» qui lui Borent faites^ iil ifis^stn ^t.$ur Je iteéf*. li^ de la foi et sur la péoessité' des boartes «u- Vf es. C'était pour détruire ieertaîoes fable» dttàt }e$ bouses amusaient Jes.peuptes, em leur fiôrsant aoeroîre que» pour «être heurienâK: eu l'autre via, ils n'avaient qu'à emporter a vite eux dan» le. {tombeau des lettres de diàiige , que x^es ii»postears vendaient fi^t i^r. Gomme tm des.
pwM» de leur Morale ^ <|«'ib avaient wt plus.
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grtiid floîû d'étaUif 9 .était ifuë ias ifebu&es liaiâ^ aaient maudites des dieux, on ne saxitait dira ee qu'ils en tiraient par le ntoyen de ces biU kts^ l'unique rèssourde, disaient-ils, qui restftt au sexe pour éviter les tristes effets de la ma*-^ lédiction prononcée contre lui. On en demeura là pour le premier jour; l'homme apostolique fut souvent interrompu par les applaudinemens de ses auditeurs , et il parut qu'il leur avait été comme un bandeau de devant les yeux. I]»fa<^ rent surpris d'avoir été si long^temps les dupes de tant d'impostures grossières, et sur-4out d'à* voir regardé et adoré comme des dieux des hommes morts , aussi &ibles et plus vicieux que la plupart des autres.
Nous ne savons pas bien ce qui se traita dans la seconde séance ; le Portugais , dont je -suis lesi mémœres, et qui était présent, avouait que presque tout avait été beaucoup au<*4essns de sa portée. Il ajoute seulement que le père Xavier, surpris de la subtilité des questions qu'on lui fit, dit aux Portugarâ qu'il avait besoin, ^pour y répondre, d'un secours extraordinaire jdu del , et les pria de joindre leurs prières aux siennes. Ce marchand ajoute, qu'après que le Saint eut parlé , les bonses înèmes furent mr^ ^ris dé la solidité de ses réponses , et se eon^^ lessèrent vaincus. On passa ensuite à ce qui re^ gardait les pauvres *, et les bouses prétendirent prouver qw. la conduite de I%eif à leur éga^fd T. I. 9
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était uâe démonstration qu'il les avait maudits. Le Saint réfuta à aisément ^ et d'une manière si plausihle, tout ce raisonnement, en faisant voir que ce qu'on ap^lait les biens et les maux de la vie , n'étaient ni de véritables biqns , ni de véritables maux , que ses «idvèrsaires furent en-core contraints de se reiadre. Comme on était ;prêt de se retirer, ces faux prêtres iie pouvant s^ccorder entr'eux sur un point de doctrine, se . querellèrent assez vivement, et en allaient .venir au!s mains, si on ne les eût &it sortir. > Sur le soir, le Roi qui voulait finir ces conférences, alla' prendre le père Xavier à son logis, et ie <;onduisit au palais parmi les acclamations du peuple, après avoir fait avertir Fucharan-^ dono de s'y rendre. D'abord tout se passa en exjcuses et en civilités réciproques : le Roi fut charmé de cette conduite des bonsesV et il leur en témoigna de la satisfaction. Dès que chacun eut pris sa place, un bonse demanda au père, comment il accordait le péché originel, et la chute ^es anges avec la bonté infinie , la suprême sagesse, et la toute-puissance de Dieu? ce Car en*- » fin , dit-il , ou Dieii prévoyait ces péchés , ou ». il ne les prévoyçiit pas. S'il ne les prévoyait pas, » ses lumières sont bornées : s'il les prévoyait , X pourquoi n'a-fr-il pas empêché ce qui devait )!>.étre la: cause de tant de maux? »;Un autre ' prenabt la parole, demanda pourquoi Dieu n'avait pas racheté ; le monde àussitèt après la déso-
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béissance du premier homme , et ce qu'avaient £iit ceux qui étaient morts avant Jésua-Xihrist y pour être frustrés d'une rédemption, qui a ou-^ vert le ciel à tous leurs descendans?
Le père fut encore surpris sans être embarrassé de ces objections; il savait ce que disent sur cela les pères et les théologiens, et ce que l'on trouve si souvent répété dans, les apologies des anciens défenseurs du christianisme : à sa*yoir , qu'il était de la gloire de IHeu, qu'il fût servi et adoré par des créatures libres et intelrligentes , c'ést-à-dire , qui connussent le bien qu'elles devaient pratiquer, et le mal qu'elles devaient éviter, et qui pussent prendre leur.
.parti par une détermination libre et nullement forcée. Que notre intérêt même demandait que cela fût ainsi ; nos mérites ne croissant qu'à lùesure que nouB usons bien de notre lilH*e ar-* bitre, et notre bonheur éternel étant la récom-
'. pense de nos - mérites , auitquels il> faut qu'elle soit proportionnée. Que; pour convenir de tous
, ces points, il sufiisâit d'avoir de la raison, et
ide supposer Dieu équitable* Que tou9 les maux qui, ont suivi le péché du premier homme, et
Vcelui des anges, se réduisaient à deux .sortes,
*au péché, et aux misères de la. vie. Que Dieu en plérmettant : Vun , et en nous convoyant les
.autres ^. ne faisait\ rien dont nous efissio^ droft de. nous ^laijldrje,'pii^u'il nous dpnne assez de gçkea poW jwuyqir^iéyijt^ le, p^hé, ^ quç Içs
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calamités prédentes^ si nous les souffrons avec patience , et avec une résignation parfaite à ses ordres , sont autant de degrés qui nous élèvent à une souveraine félicité. Quant au délai de la rédemption , qu'il n'avait apporté aucun préjudice à ceux qui avaient précédé le Rédempteur, par la raison j qu'on pouvait avoir part à cet inestimable bien&it, avant que ce grand ouvrage fût consommé. Le Saint pfit de là occasion de parler des nations auxquelles l'Evangile n'avait pas été prêché d'abord. Il montra qu'elles étaient inexctfôables de n'avoir pas adoré le vrai Dieu, puisqu'elles avaient la loi naturelle, dont l'exacte observation les aurait mises en état d'être éclai*rées des plus essentielles vérités de la religion, «c Je suppose donc, ajouta-t-il, qu'un infidèle }» cité au tribunal de Dieu , et obligé de dire i> pourquoi il n'a pas rendu a son Créateur les » hommages souverains qu'il lui devait, s'avise ih de répondre : Seigneur, je ne savais pas ce » que c'était que ces hommages que tous exi- "» giez de moi. Votre raison, lui dira Dieu y y> TOUS apprenait une partie de vos devoirs , si )» vous les aviez remplis, je vous aurais fidt y^ connaître les autres. Qu'aurait-il à répliquer? y> Voilà où en seront tous ceux qui mpurront y^ hors de la véritable Religion ! » Toute l'assistance se récria dès que le Saint eut fini ^ et on Tadmira d'autant plu», qv(e d'abord i>n avait cru sans réponses les ^fficulté» ipà lui avaient été proj^osées.
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Férsonne ne doutait qu^à ce coup les bonaes ne 5e raidissent ; mais leur obslioation et Fen^ durcissement de leur cœur leur tenant lieu da raisons, ils passèrent à des excès , dont on eut honte pour eux. Us niaient tout, jusqu'aux principes : et ils ne s'apercevaient pas que Id père tirant avantage de ce qu'ils avançaient inconsidérément , les faisait tomber en de conti'» nuelles contradictions. Enfin , le Roi se lassa et leur fit imposer silence ; il s'éleva aussitôt parmi les courtisans un petit sourire accompagné de quelques railleries , dont les bonses se tinrent étrangement (Censés; ils s'en plaignirent au Roi« Quai^ Seigneur, lui dirent-ils, vous souffrez qu'on nous insuUe en votre présence ? Alors le père Xavier prit la parole, et par son entremise il se fit une espèce d'accommodement, qui engagea tout de nçuveau à disputer. Mais on ne proposa rien de fort considérable , et le Roi ne vit pas plus tôt lea bonses sur le point de retomber dans leur premier désordre , que se levant sans dire mot, il prit le père Xavier par la main , et le ramena chez lui.
Tel fut le succès de ces Ëoneuses disputes de Funay : la véritable Religion y triompha d'une manière bien éclatante, mais le saint Apôtre n'en recueillit point le fruit : et le Roi ne se déclarant point, aucun des courtisans ne parla d'embrasser une loi à laquelle ils venaient tous de donner hautement la préférence sur toutes