‹ Histoire de l'Europe au 16e siècleChapitre 110 sur 119 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

place à part à ceux qui ont le plus influé 6ur leur siècle et sur la postérité, aux grands hommes. La vie des grands hommes est ce qu'il y a de plus curieux et de plus instructif à étudier dans le passé; car c'est en eux surtout qu'éclate la force humaine. Instruments de la Providence, c'est par eux que s'accomplit la destinée des peuples. Aussi, au lieu de nous borner à des considérations générales sur les colonies , sur la réforme, sur la politique, nous avons suivi Colomb sur son vaisseau ; nous avons cherché Luther à l'université de Wittemberg, à la diète deWorms, au château de Wartbourg. Nous avons accompagné dans le conseil ou sur les champs de bataille ceux qui ont agi, ceux qui ont parlé, les capitaines, les nûnistres, les rois, Bayard, Lautrec, Gonzalve, Doria, Barberousse, Ximenès, Wolsey, François 1er, Léon X, Charles- Quint, Soliman. Et pour exprimer le progrès des lettres, de la philosophie, des sciences et des arts, nous n'avons eu qu'à montrer Erasme dans son cabinet, Ram us dans sa chaire, Copernic à son observatoire, Michel-Ange dans son atelier.

Ce qu'il y a de plus remarquable dans les hommes célèbres de cette époque, quel que soit le sujet auquel, ils aient appliqué leur génie, c'est l'unité de leur pensée et la constance de leurs travaux. Nous les avons vus s'attacher de bonne heure

à un but qu'ils ont poursuivi toute leur vie , résistant aux obstacles, aux revers, au succès même. Pénétrez dans leur conscience, et cherchez les motifs qui les ont fait agir ; vous ne trouverez dans la plupart, du moins dans ceux dont le nom est resté le plus grand, ni la soif de l'or, ni l'amour effréné des distinctions sociales. La vie n'était pour eux qu'une haute mission, consacrée tout entière à réaliser une grande pensée. Tant de courage, tant de simplicité nous étonne; et quand nous fouillons les décombres de ce siècle privilégié, nous éprouvons une émotion profonde, comme le laboureur qui découvre en creusant son champ, à travers les casques vides et les armures rouillées, des ossements d'une grandeur inconnue.

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