ÉLECTION DE CHARLES-QUINT
gea les électeurs à jeter les yeux sur Frédéric de Saxe, qui remplissait Y intérim. Après avoir réfléchi , quelque temps, Frédéric refusa: « Dans les temps ordinaires, dit-il, nous avonsbesoin d'un empereur qui n'ait pas assez de pouvoir pour empiéter sur nos privilèges ; mais les dangers actuels réclament un prince assez fort pour veiller à notre sûreté. Les armées turques se rassemblent, sous le commandement d'un sultan enhardi par ses victoires; elles sont prêtes à fondre sur nous : il faut donner le sceptre à des mains capables de sauver l'Allemagne. Charles et François' se présentent; niais le roi de France nous est étranger. Le roi d'Espa-
(i) François Ier, tout fier de la victoire de Marignan, se présentait comme seul capable de défendre l'Allemagne et l'Europe contre les Turcs. Il faisait valoir la vigueur de son âge, son expérience militaire, son caractère magnanime cl libéral, l'étendue de ses Etats, ses immenses revenus, ses flottes, son artillerie, ses troupes toujours soldées. Avec tout cela, il devait vaincre les Turcs et relever l'empire de son abaissement. Il reprcscntaitle roi catholiquccommcunfaible enfant, incapable de soutenir le poids d'une telle couronne. D'ailleurs Charles était roi de Naples, et il y avait une ancienne loi qui, dans l'intérêt de la liberté du pape comme dans celui de l'équilibre européen, défendait qu'un môme prince possédât le royaume de Naples et l'empire. (Instruction pour le faict de l'empire à ceux qui iront devers le comte Palatin, manuscrit de la Bibl. royale, collection Fontanicu, u° io,3'3a.)