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90 ISTOIRE by L'EV ANGELISATION
quent, n'étaient que très imparfaiterent compris de leurs troupeaux. L'enseignement religieux se faisait, il est vrai, au moyen d'interprètes, mais c'était une bien faible compersation à l'absence de pasteurs capables de parler et de prêcher en lapon. Dans cet état de choses, le Paganisme dut nécessairement reprendre une partie du terrain qu'il avait perdu sous l'influence des travaux de Westen, Ce n’est que dans ces dernicrs temps qu'un homme, animé du même esprit, s'est de nouveau dévoué, comme missionnaire, au salut des Lapons, Nous voulons parlet de Niels Stockfleth,
Après avoir embrassé la carrière des armes et obtenu le grade de Capitaine, Stockfleth go lit précepleur; mais saisi par la puissance de l'Esprit, il n'eut de repos qu'après s'être voué au service de Dieu parmi les Lapons. 11 se rendit, en 1825, après sa consécration, à Wadsoë, l’une des deux paroisses du Finmark oriental, qui ont ensemble une étendue de trois cents lieues carrées, L'évèque qui lui imposa les mains, lui ayant demandéà cette occasion s’il osait embrasser une tâche si périlleuse : « Si je ne me rendais pas à ce poste, répondit Stockileth, jene serais jamais heureux. » Outre un petit nombre de tolons russes et norwégiens, il eut surtout en vue les Lapons, Ce nouveau pasteur, brûlant du désir de sauver les âmes, fit des ellorts inouis et endura des privations incroyables ; mais la charité qui l'animait lui rendait
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toute chose facile, A l'exemple ‘de son maitre, il donnait avec joie sa vie pour ses frères.
Stockfleth se Convainquit bientôt que, sans la connaissance de la langue du Pays, son activité scrait fort paralysée, Mais comment s’y prendre pour l’acquérir ? 11 vendit tout ce qu'il avait et alla vivre, en 1898, avec son héroïque épouse, au Milieu des Lapons, ct les suivit pendant trois ans dans leurs courses nomades. 11 courut toutes les aventures ct se soumit à toutes les souffrances d’un tel genre de vie, afin d'étudier non-seulement la langue, nfais aussi les mœurs et les habitudes de ce peuple. Essayons de décrire les incidents d’une journée d'hiver de ce courageux pasteur Yoyageant avec un groupe de Lapons,
Souvent Stockfleth ct sa suite n’atteignaient qu'à la fin du jour le lieu où ils devaient passer la nuit, 1] s'agissait d'abord de dresser urre tente Pour s’abriter. Après avoir déblayé la neige, on plantait quelques pieux sur lesquels on tendait Ja toile, puis on secouait la neige de ses vêtements, Le feu allumé, on se procurait de l’eau en faisant fondre de la neige dans la marmite, et après y avoir mis un morceau de r nne, toute la troupe se serrait autour du foyer. Pendant que le souper Cuisait, Stockfleth écrivait sur des tablettes les mots nouveaux que Jui lournissait la conversation, puis se les faisait épeler, ce qui donnait licu
parfois à des accès de franche gaieté, Lors que le
repas était prêt, le pasteur Y participait, mais il
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92 HISTOIRE DE L'ÉVANGELISATIUN
se faisait remarquer par sa frugalité et laissait à ses Compagnons les plus friands morceaux, Après le souper venait la prière, qui terminait la journée. Avant qu’elle commençât, le sommeil Sagnait souvent quelques-uns de ces pauvres Lapons harassés; mais lorsque Stockfleth donnait le signal, tout le monde se -: nissait dans l’attitude du recueillement. Le cuite terminé, chacun souhaitait à Stockfleth une bonne nuit ; l’un des assistants le remerciait aussi de leur avoir annoncé la parole de Dieu. Le moment de se coucher étant venu, le pasteur, aidé de son domestiqüe, se mettait dans un sac, s’étendait près du foyer, posait sa tête sur une peau d'ours et se couvrait d’une couverture de laine. Tous ses com- Pagnons l'imitaient et se couchaient sur le côté, chacun plaçant sa tête contre la poitrine du précédent, de manière à former un cercle autour du foyer. C’est ainsi que, sous la garde de leur Père céleste, un sommeil bienfaisant venait réparer leurs forces épuisées.
Mais nos voyageurs ne passaient pas toujours la nuit aussi confortablement, 1] arrivait fréquemment que des bandes de ioups venaient attaquer les rennes ; les Lapons devaient alors veillertoute la nuit, et Stockfleth restait seul dans la tente, Le plus souvent, il avait, à son réveil, les membres eugourdis par le froid, et était obligé de prendre de l'exercice pour se réchauffer avant de se relcltre en route, Après avoir ainsi vécu trois ans
au milieu des Lapons, ce fidèle serviteur de Dieu fut initié à leur genre de vie et en état de leur annoncer Jésus-Christ dans leur propre langue.
La connaissance approfondie du lapon permit à Stockfleth d'étendre le cercle de son influence par la publication de plusieurs ouvrages dans cette langue. Il fit imprimer à Christiania, en 1840, les deux premiers Évangiles. Il avait déjà publié, précédemment, un catéchisme et un livre de lecture, qu’il fit tirer l'un et l’autre à huit mille exemplaires. Les lignes suivantes, qui terminent le second de ces écrits, nous fournissent un spécimen du genre populaire de Stockfleth :
« Quoi que nous fassions, nous devons le faire » au Saint nom de notre précicux Sauveur, Jésus- » Christ, C’est en son nom que ce petit écrit a été » composé et imprimé, et c’est en son nom qu’on » doit s'en servir. Que Dieu mette, pour l’amour » de ce nom, sa bénédiction sur ce petit livre! » qu’il bénisse tous les enfants lapons, ainsi que » tous ceux qui, par son moyen, apprendront à lire » la sainte Parole qui sauve! que Dieu bénisse ous » les parents lapons ; qu’il les dispose à élever leurs » enfants pour lui et selon sa Parole! qu'il bénisse » tous les instituteurs lapons, leur vocation et » leurs elorts; qu’il les enflamme d’un zèle pur et » saint! Que Dieu répande sa grâce et toutes ses » bénédictions sur les Lapons de la montagne, sur » ceux des lacs et sur ceux des fleuves ; qu’il pro: » tége leurs demeures et leurs propriétés, et qu’il
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