HISTOIRE DE L'EVA NGELISATION
» l'amour du Dieu unique-en trois personnes; ils » désirent, comme des enfants nouvellement nés, » le lait pur de l'Evangile. Is m'ont causé d’a- » bord assez de peine ; mais à la fin, ils ne vou- » laient pas se séparer de moi. Tantôt ils sui- » vaient mon canot à la nage, » après mon cheval, » de mon dé
tantôt ils couraient Rien ne pouvait les consoler part que l'espérance d’avoir au mieu d'eux un homme capable de leur répéter l2 Parole que je venais de leur annoncer et de » leu :pprendre à lire. Dans leur simplicité,
» S'écrinie
ils üt: «Que Dieu comble de joie celui qui » à inventé cette doctrine! Jusqu”
à présent, nous » n'AVOnSs eu
Parmi nous que des trompeurs.
» Plût à Dieu qu'on nous eût apporté plus tôt » Celle doctrine, car nous cussions renoncé depuis longtemps À toute sorcellerie! »
Il y'avait à Tonsat, dans l'évêché de nia, un groupe de Lapons que Westen vivement évangéliser. Il avait formé le se transporter au milieu d'eux, mais il une indication de Ja volonté de Di cuter, I erut voir cette indication dans la circonstance suivante, Un Lapon de cette localité, nommé Lars-Nielsen, avait beaucoup entendu parler de l’homme bon qui ne faisait jamais de mat aux rendit à Drontheim, et fit Westen, qui lui annonça Jésus-Christ, fut touché, renonça à ses idoles et €
Christia-
désirait projet de attendait eu pour l'exé-
Lapons, 1} se visite à Le Lapon nbrassa l'Évangile, 1 engagea aussi de Westen à travailler à
la conversion de sa femme et de ses enfants, Celui-ci, ayant reçu peu après la visite de quatre autres Lapons de Tonsat, écrivit au Coliège des missions pour” lui annoncer son intention de vi siter les Lapons de l'évêché de Christiania. Mais le Collége objectait que ses règlements limitaient la mission au Nordland et au Finmark : en outre. il craignait d'irriter l'évèque de cette ville. Dechmann, peu favorable à In mission laponne, et contre lequel Westen avait, dans une occasion particulière, décoché quelques traits Ge dernier it peu touché de cette considération, « Est-ce » que la crainte de l'évèque Deichmann, disaitdevrait nous engager à laisser périr les âme quelques centaines de Lapons? Il n’est ce- » pendant ni plus puissant que Dieu, ni plus me- » chant que le diable,» Le Coliége persévéra néanmoins dans Sa manicre de voir, et refusa d'autoriser Westen à réaliser son projet,
Lorsque de Westen n'était pas en voyage, il recevait “e nombreuses visites de Lapons : hommes et femmes, vieillards et jeunes gens, et mème des mères aves leurs nourrissons, venaient chercher auprès de lui de nouvelles instructions. Un jont cet homme apostolique vit arriver dans sa demeure une famille laponne. Tous les membres di cette famille, d'ähord baptisés selon le rite chrétien, avaient cle purifies de leur b iptème, puis con-
sacrés à leurs faux dieux par une cérémonr
paienne, Deésireux d'être eéclaires, ils recurent di
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bon cœur la parole de Dieu, et s’en rélournèrent avec un précieux trésor dans le cœur. Une autre fois, trois Lapons de Stærdale se mirent en route pour Drontheim; mais, assaillis et dépouiltés par des voleurs, ils furent obligés de retourner sur leurs pas. Cette mésaventure ne les empêcha pas de reprendre le chemin de cette ville, afin de recevoir aussi leur part des bénédictions spirituelles
que Dieu distribuait à leurs compatriotes par le ministère de Westen.
La mission portait de précieux fruits, Nordland et en Finmark, des centaines de familles, formant une Population de 2,700 âmes au moins, étaient, en 1725, sous la discipline de l'Évangile. Mais les travaux des missionnaires eurent encore d'autres résultats : outre le produit dans l'Église norwégienne, de pasteurs suédois, placés d la iaission, furent stimuiés et aidés par elle dans
leurs travaux au milieu des Lapons. Westen reçut méme de plusicurs d’entre eux des té
Dans le
réveil bon nombre ans le voisinage de
moignages de sympathie pour son œuvre.
De Westen employa ses loisirs à la composition
d'un ouvrage intitulé : Directions pour la mission dans le Nordland, destiné à servir de guide aux missionnaires. 11 s'établit, Pour faire ce travail, dans la campagne d’un riche négociant de Drontheim, M. Hergerup. Celui-ci fut un ami dévoué de.la mission, à laquelle il donna une maison dont elle avait besoin; il se chargea aussi de
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DES LAPONXS. LD]
l'entretien de plusieurs enfants lapons placés au séminaire. Dès 1721, ce fut lui qui administra gratuitement la caisse de la mission. Il se faisait un plaisir d'accorder le passage gratis sur ses vaisseaux aux missionnaires qui se rendaient en Finmark. Ce chrétien généreux mourut en
Nous ne relèverons pas les conseils pleins de
sagesse * Westen donnait dans cet écrit aux missionnaires; mais nous mentionnerons l'appel
chaleureux qu'il adressa aux pasteurs établis parmi les Lapons. Après les avoir suppliés de ne pas entraver l’œuvre de la mission, il les conjure de ne pas imposer à ces pauvres Lapons des contributions écrasantes, 11 cite à ce sujet des faits qui révèlent les odieux abus dont se rendaient coupables des hommes portant le titre de ministres de Jésus-Christ. Ainsi, plusieurs d’entre eux refusaient d'admettre à la confession et à la sainte table ceux qui y venaient les mains vides. De là l'opinion d'un grand nombre de Lapons, que les grâces spirituelles s'achetaient, comme autrefois la faveur de leurs faux dieux. Une pauvre veuve, no pouvant payer le pasteur qui avait fait le ser-
vice funèbre à la mort de son mari, fut dépouillée de son unique pièce de bétail, On eite même le cas où le défunt, n'ayant pas laissé de quoi satisfaire l’officiant, ses enfants furent vendus comme esclaves,
\u milieu de ses infirinités croissantes, We
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HISTOIRE DE ! "EVANGELISATION
ten eut à supporter les attaques haineuses des ennemis de la mission, et spécialement des deux évêques krog et Deichmann, Parfois aussi il recevait d’afiligeantes nouvelles des stations qu’il avait fondées, Ainsi, il apprit un jour que les Lapons de Tydsfiords avaient tenté de tuer le catéchiste qu’on leur avait envoyé. Westen fut aussi informé qu'il s'était élevé à Salten un imposteur qui se donnait pour son envoyé, et qui entrainait de nouveau à l'idolàtrie beaucoup de Lapons convertis. Rempli du zèle de saint Paul, il eût voulu se rendre au milieu d'eux ct leur crier : O Lapons insensés! qui vous a ensorcelés pour vous empêcher d'obcir à la vérité ? (Galates, H, 1.) Mais le mauvais état de sa santé ne lui permit pas d'entreprendre un nouvean voyage, 1] exprimait à cette occasion, dans une lettre, au Collége, les sentiments qui remplissaient son cœur :
« Que Dieu, disaitil, nous iWaintienne, au nom de Jésus et par la communion de ses souffrances, un courage ferme et une joie véritable : car le diable commence à se montrer en- » vers nous comme un chien enragé qui ne veut pas abandonner sa proie. Mais Christ l'écrasera » par sa puissance, et je ne doute pas qu’il ne soit Pour nous un rempart dans cette circonstance. Je ne craindrais pas même en présence de tous les diables de l'enfer, combien moins devant des hommes mortels, Je me sens pleinement
» affermi et prèt à sceller de mon sang mon épis- » Copat parmi les paiens, et le témoignage de » Jésus (1). »
Pendant toute sa carrière missionnaire , de Westen montra un désintéressement exemplaire, La gucrre ayant diminué les revenus de sa place de lecteur, il refusa constamment les postes plus dvantageux qui lui furent proposés, mais qui l'auraient empêché de travailler en faveur des Lapons. Ainsi, il préféra garder une position gênée plutôt que d'accepter les évêchés de Drontheim et de Christiansand qui lui furent successivement offert. Sa conduite, lorsque le premier de ces postes lui fut Proposé, mit au jour la noblesse de son caractère, Le roi, mécontent de la manière dont Krog s'acquittait de sa charge d'6vêque, voulait le remplacer par Westen. Celui-ci. se jetant aux pieds du roi, lui dit : «Je prie Votr » Majesté de ne pas infliger à ce vieillard un » timent si rigoureux: car sos cheveux bla * descendraient avce douleur au sépulere, cependant Krog s'était montre son constant versaire. Entre autres grivfs de l'évèque contre la mission, nous menti hnerons celui d’avoir comme directeur un homime qui manquait d
(1) Sous ce langage éner rique, on sent battre de foi d'un nouveau Luther, Xous regret de Westen ait, à | exemple du r
e cœur plein inmoius que formateur, Manqué de
briété dans sa manière d parler du
bileté, Westen répondit à ce reproche en ces termes :
. Quant au reproche que le chargé des pleins- » pouvoirs du Collége n’est pas un homme pru- » dent et habile, mais simplement un bon et » pieux ministre, je n’ai que ceci à répliquer : » c'est que je m’estime heureux d'ignorer la sa- ” gesse humaine ; je m’efforce même journelle- » ment de la désapprendre complétement, Ce » n'est pas Machiavel, mais Paul qui édifie le » royaume des cieux. Si Dieu est &lorifié dans ma » bassesse et mon incapacité, c’est un honneur » pour moi: Satan sera d'autant plus confus de » Voir sa tente renversée par un pain d'orge, Le » salut des âmes est l'œuvre du zèle et de l'amour, " et non d’un esprit raffiné... Je ne me glorifie » que de ma faiblesse et de ma folie, afin que la » force et la sagesse du Christ agissent puissam- » ment en moi, »
Ses travaux extérieurs et ses luttes intérieures de divers genres avaient enfin abattu les forces de l'apôtre des Lapons., Le moment du repos approchait pour lui. Une maladie de la vessie, accompagnée de fréquentes angoisses, mit fin à sa carrière terrestre : Thomas de Westen fut recueilli äuprès de son Maître le 9 av ril 1727,
Ce fidèle serviteur de Dieu, qui s'était si complétement consacré au salut de ses frères, mourut comme son divin Maître, dans la pauvreté; il fallut que des amis chrétiens se cotisissent pour payer
DES LAPONS, s9
les frais de ses funérailles. Aucune voix ne se fit entendre sur sa tombe. Mais ces mots: Le lecteur qui aimait les Lupons, répétés au milieu de ce peuple pendant plusieurs générations, ne furentils pas un assez éloquent hommage rendu à son dévouement ?
De Westen laissa des dettes pour une somme de plusieurs milliers de francs. Mais les avances qu’il avait faites à la caisse de la mission furent suffisantes pour les couvrir.
Si Thomas de Westen se montra le père des Lapons, sa femme fut pour eux une véritable mère : elle les recevait avec la plus cordiale hospitalité ; jamais elle ne se plaignait des dépenses considérables que leurs visites nécessitaient. Elle était heureuse de dépenser tout son bien, à l'exemple des saintes femmes de l'Évangile, pour assister Jésus dans la personne des pauvres Lapons.
La mort de Thomas de Westen fut une pe.te irréparable pour la mission laponne. Au bout de quelques années, le réveil religieux, dont il avait été l'instrument dans la main de Dieu, s'arrêta dans l’Église norwégienne : le zèle des missionnaires se refroidit ; le souftle vivant qui avait créé cette belle œuvre se retira, et la mission se transforma en une institution extérieure et officielle. Pendant le reste du dix-huitième siècle, les églises laponnes eurent pour conducteurs des hommes qui ne savaient pas le lapon et qui, par consé-
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