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CHAPITRE PREMIER DESCRIPTION DE LA LAPONIE ET MOEURS DE SES HAPITANTS

Dans la partie septentrionale de la presqu'ile de Scandinavie, il existe une population qui se distingue par l'extérieur, les occupations et les

| (1) Nous avons surtout puisé, pour la composition de

notre travail, dans deux publications aïlemandes, dont nous

| traduisons les titres: La Mission parmi les Lapons finnois jus-

| qu'en 1796, et La Vie du premier apôtre des Finnois norrégiens, Thomas de Westen, par André Gottlob-Rudelbach, pasteur.

(La mission parmi les Lapons, Magasin des mis-

“ons érangéliques, numéro de décembk:s 18357.

2 MISTOIRE DE L'EVANGÉLISATION

mœurs, des habitants du reste de l'Europe ; nous voulons parler des Lapons. Chacun sait que cette presqu'ile est partagée en deux parties inégales par les Alpes scandinaves, qui s'étendent du Cap- Nord au sud de la Norwége et de la Suède. Le point le plus élevé de cette chaîne, qui envoie de nombreux rameaux à l’est et à l’ouest, estle mont Sneehoettan (ou bonnet de neige), haut d'environ 2,548 mètres (8,500 pieds); il est situé vers le milieu de la presqu’ile, La partie de la montagne qui, de ce point, se dirige vers le nord, porte le nom de monts Kioelen. C’est là qu’'habitent les Lapons de la montagne, tandis que d’autres Lapons demeurent dans les plaines du nord de la Suède, de la Norwége et de la Russie, et même dans les Îles de la Mer du Nord voisines du continent.

Les monts Kioelen, habités par les Lapons de la montagne, forment un immense massif, d’un aspect grandiose et sauvage, qui rappelle les Alpes de la Suisse, Ce sont des rochers escarpés, des cols élevés, des monts neigeux, des avalanches, des cataractes de 709 à 2,000 pieds de haut, enfin de ‘astes glaciers qui descendent à l'est, dans les vallées, jusqu'aux champs cultivés, et à l’ouest jusqu’à la mer. Cependant les Alpes scandinaves différent des montagnes de la Suisse, en ce qu'elles n'ont pas, comme celles-ci, des dents, des aiguilles, des picsélevés : ce sont plutôt des masses gigantesques et ondoyantes, sillonnées de nombreuses vallées, et dominées rà et là par des som-

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DES LAPOXS, }

mets dont l'aspect rappelle la quille d'un vaisseau renversé; mais parfois aussi, des cônes et des pyramides couverts de glaces s'élèvent dansles airs.

Les pentes de !a Montagne, du côté de l'est, sont rouvertes de magnifiques forêts, qui s’étendent au loin dan: la plaine, parfois méêine jusqu'au golfe de Bothnie. De nombreuses rivières descendent de la Montagne, tantôt se précipitant en cascades mugissantes ouen torrentsimpétueux, et tantôt coulant paisiblement vers la mer, De grands et nombreux lies, de vastes marais, des champs cultivés occupent alternativement la partie de la plaine qui est dépourvue de forêts.

Dans le sud de Ja Laponie, le plus long jour ne dure que vingt-quatre heures, tandis qu’au nord. le soleil reste près de trois mois sur l'horizon. A un long hiver succède Un court mais brillant été, qui dure environ dix semaines, et pendant lequel on éprouve parfois de grandes chaleurs. La végétation se développe avec une incroyable rapidité. Ges chauds et longs jours d'été suffisent pour faire môrir, dans les lieux les plus favorisés, le blé et l’avoine, ainsi que la cerise, la pomme, la poire et la prune, Mais ces fruits n'existent pas pour les Lapons, qui passent l'été à la montagne avec leurs troupeaux de rennes, ct qui ne redescendent dans la plaine qu'à l'entrée de l'hiver, quand la neige commence à couvrir le sol. Le lichen, qui abonde dans les forêts, est la seule plante dont profite le Lapon de la Montagne, quand il séjourne dans la

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plaine. Dans lu partie la plus septentrionale de la Laponie, on cultive encore l'orge, la pomme de terre, le chou et la rave. Enfin l’on trouve dans ces froides régions, au milieu de l'été, les plus belles fleurs de nos jardins. La montagne ne produit qu’un petit nombre de plantes; cependant le lishen, le bouleau, le pin, l’aune et quèlques autres végétaux utiles se rencontrent à une grande élévation.

Les Lapons paraissent appartenir à la race mongole, ls sont de petite taille et n’ont pas plus de quatre pieds ou quatre pieds et demi de haut. Ils ont le visage large, pâle et aplati, les pommettes des joues saillantes, la barbe rare et 1es cheveux jaune foncé. Le genre de vie de ce peuple est bien digne dé notre intérêt. Mais pour décrire ses usages il est d’abord nécessaire de faire connaître l'animal que Dieu lui a donné comme compagnon, et sans lequel le pauvre Lapon ne pourrait vivre au milieu des solitudes de la zone g'aciale.

Le renne a la figure du cerf, mais ilest plus gros, plus fort et moins élégant. Son cou épais et court, ses fortes épaules, sec reins musculeux le rendent particulièrement propre à trainer de lourds fardeaux. Get animal a les pieds larges et plats, plus courts, mais plus gros que ceux du cerf. Il a le sabot fendu en deux comme celui du bœuf. Quand il marche, le mouvement des jointures de ses pieds produit une espèce de claquement qui s'entend à une certaine distance. La tête du renne

est armée de deux cornes rameuscs et fort élégantes ; les femelles en sont Pourvues comme les mâles. Ces bois leur sont nécessaires pour gratter la n'ige sous laquelle ils trouvent les lichens qui leur servent de nourriture. Les cornes leur tombent au printemps, ct repoussent rromptement ; en sept ou huit semaines, elles acquièrent leurs dimensions ordinaires. La couleur du p-!; qui est extrèmement serré, est d'un gris cendré, un peu fauve, excepté sous le ventre et sur les côtés et les épaules. où il est blanchâtre; elle varie d’ailleurs selon les saisons. Le renne à de longs poils qui pendent sur le cou, et assez semblables à ceux des boucs et des chèvres. 1] vit environ dix ans, et acquiert son plein développement à l’âge de quatrenus., Er été à ange à idement, Sur la montagne, la bruyère, les feuilles du bouleau et du peuplier, ainsi que l'herbe et les pousses tendres de quelques arbustes. Mais en hiver il se nourrit exclusivement des lichens que la Providence à répandus en grande abondance dans cette Cuntrée si froide et si stérile. Le lichen qui sert de pâture au renne est une espèce de mousse d'un vert blanchäâtre, longue d'environ trois Pouces, ct qui renferme, malgré sa chétive apparence, une grande quantité de matière nutritive,

Les rennes sont farouches de leur näture, mai: les Lapons ont trouvé le moyen de les apprivoiser, Ils sont aussi d’une grande force, et courent avec Une extrême rapidité, En effet, l'un de er animaux,

attelé à un traineau, peut faire plus de cinq lieues à l'heure, avee une charge de cinquante quintaux.

Le renne, pourvu d’un poil très dense en vue du climat glacé qu'il habite, souffre beaucoup de la chaleur, Aussi recherche-t-il, dans les jours chauds de l'été, le sommet des montagnes et la brise fraiche, 1 ne pourrait d'ailleurs pas habiter la plaine en été, à cause des taons qui y abordent, et dont il redoute extrêmement la piqûre. Les hommes et les animaux ont à se défendre, sur les hauteurs, contre des essaims de cousins. On allume de grands feux, afin que les rennes puissent mettre leurs têtes dans la fumée, pour se mettre à l'abri de ces insectes. Les Lapons s'en préservent en s’enduisant les parties du corps découvertes avec da goudron. Chaque année, äu mois d'avril, les rennes sont attaqués d'une maladie qui les tourmente beaucoup : ce sont des vers qui s'en,.endrent sous la peau, dans leur dos, et qui en sortent aussitôt qu'ils ont pris vie, Si l'on tue un renne dans ce temps-là, là peau est pereée d'une multitude de trous et n'est bonne à rien, La chair du renne est excellente, et forme une précieuse ressource pour les Lapons. Les femelles ne portent, pour l'ordinaire, qu'un faon à la fois; leur lait est gras, d'un goût exquis et très nourrissant, Tel est l'animal qui fournit à son propriétaire la nourriture ei ie vêtement, et qui joue un rôle si important dans la vie du Lapon.

rue

Les habitants de la Laponie ne connaissent pas l'usage du linge, qui nous paraît si indispensable, Leur habillement d'hiver se compose d’abord d'une robe de peau, dont le poil est tourné en dehors ctqui descend jusqu'au-dessous des genoux; elle est tenue par une large ceinture de cuir; puis de deux longues jambières, également de peau, venant s'adapter sur les chevilles à des socques bien fourrés ou remplis d'herbe sèche et douce, et enfin d’un capuchon couvrant la tête et les épaules, et perce seulement d’une ouverture pour les yeux. Ce vêtement, fait avec ampleur, est porté par les femmes comme par les hommes. Les Lapons dorment dans ce costume, et se couchent même en plein air sur la neige. En été, ils vortent un habillement semblable à celui d'hiver, mais fait d’une grossière étoffe de laine ; ilsappellent ce costume d'été wadmal,

La construction de la demeure d'une famille laponne n'exige ni beaucoup de travail ni beaucoup de scin. On plante quelques pieux en terre, sur lesquels on place des lambeaux de wadmal, qu'on recouvre de peaux de rennes, en ayant soin de ménager pour l'entrée une ouverture à l'un des côtés; cette ouverture est fermée au moyen d'une pièce d’étoffe fixée par le haut, afin d’intercepter l'air extérieui ; puis on étend dans l'intériour, On guise de iapis, quéiques branches de bouleau garnies de feuilles, et la maison est prète à recevoir ses habitants, Les huttes des Lapon:

R HISTOIRE. DE L'EVANGÉLISATION

ont rarement plus de 6 pieds de haut, et de 13 à 18 pieds de circonférence. Le père, la mère et les enfants se pressent dans cette étroite enceinte, où doivent aussi trouver place quelques ustensiles de ménage, tels que des pots de fer, des écuelles et des cuillers, ainsi que des assiettes en bois. 11 ne faut pus oublier les chiens qui font en quelque sorte partie de la famille, et qui sont les fidèles gardiens des tioupeaux; ils couchent sur leurs maîtres ou à côté d'eux. Il v en a quelquefois jusqu’à 20 dans la même hutte ou à l’entour.

Quelques pierres placées au milieu de la tente servent de fayer, Une partie de la fumée s'échappe par l'entrée, tandis que le reste forme un épais brouillard, à travers lequel on peut à peine se reconnaître l’un l'autre, À côté de la hutte qui leur sert d'habitation, les Lapons construisent une seconde tente destinée à serrer leurs provisions,

La nourriture des Lapons est très simple et très frugale en été: le lait de renne et quelques potits fruits, tels que l’airelle et ln mûre sauvage en font presque tous les apprêts. Ils emploient une partie du lait de leurs troupeaux à faire des lomes ; c'est une espèce de fromage de la largeur d'une petite assiette, et d'un demi-pouce d’épaissour, Is échangent volontiers ce produit de ivurs rennes et de leur industrie contre des marchandisns, Le petit-jait est cmploye à la place de lait; quelquefois aussi on s'en sert pour faire, avec des

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airelles que l’on cuit dedans, ‘ne espèce de confiture fort goûtée des Läpons Toute la fortune des Lapons consiste dans leurs rennes. Un père de famille qui possède un troupeau de 300 à 500 tôtes peut vivre modestement avec les siens, Celui qui n’en à que 200 vit dans la gêne. Avec 100 rennes au moins, un homme est pauvre et ne peut absolument pas entretenir ‘Une famille; il est alors obligé de joindre son petit troupeau à celui d'un voisin plus aisé, et de le servir comme domestique, en échange de sn nourriture et de son vêtement. Mais le propriétaire d’un troupeau de 1,000 rennes est très riche, et passe pour un grand seigneur parmi les Lapons. La vie de ce Pauvre peuple offre aussi, du moins en été, des scènes intéressantes. Rien n’est plus pittoresque que la vue d’un troupeau qu'on rassemble, vers le soir, Autour de ln tente, pour traire. Les rennes paissent Päisiblement sur les hauteurs environnantes. Tout à coup les chiens s’élancent en aboyant, et les chassent devant eux. Les rennes exécutent les luouvements les plus variés : ils courent et sautent, puis s'arrêtent immobiles. Rien n’est plus élégant que la inarche légère et rapide de cet animal. Arrivé la tente, les.rennes se ébats ; les uns joue

s aupres de reposent en prenant leurs nt entre eux avec leurs bois larges et branchus, tandis que d'autres se dissis tent une touffe de lich qui arrivent pour traire

en, Voici des Jeunes filles Avec un vase à ki main.

Les jeunes gens passent une curde d’écorce autour des bois des rennes qu'il faut traire, et qui regimbent ordinairement jusqu'à ce qu'au milieu de résistances diverses de la part de ces anin&ux cette opération soit terminée. Ensuite, tout le troupeau se couche, et une parfaite tranquillité succède au mouvement er à l'agitation qui régnaient tout à l'heure autour de la tente. On comprend que la vie des Lapons ait aussi des charmes en été,

Mais l'hiver amène un grand changement dans le génre de vie de ce peuple, D'abord sa nourriture est beaucoup plus succulente : au lieu de laitage et de petits fruits de la montagne, les La- Pons mangent la chair des rennes qu'ils tuent, et qui sont gras en hiver, Celui qui possède un troupeau de 500 bêtes peut en tuer une chaque semaine, et même denx si la famille est nombreuse, On coupe la viande en petits morceaux, puis on la fait cuire dans des pots. Quand elle est cuite, on obtient un bouillon épais, mêlé de viande et très nourrissant, que le père distribue i chaque membre de sa famille dans des écuelles de bois, Les Lapons mangent aussi en hiver le fromage qu'ils ont prépare l'été; plusieurs joignent à ces deux mets le lait qu'ils ont fait geler pendant qu'ils trayaient, et s'en régalent surtout dans les occasions particulières.

D'un autre côté, l'hiver, avec ses rigueurs et ses longues nuits, est une saison redoutable pour lee

DES LATONS, 11

Lapons. Ce n’est qu'au prix de bien des dangers et des souffrances qu'ils jouissent d’une meilleure nourriture qu’en été, À mesure que le froid et la neige remplacent les chaleurs de l'été sur la montagne, les habitants de ces régions élevées sont contraints de descendre dans la plaine, où le climat est moins rigoureux. Mais l'abondance de la neige et la violence des vents produisent souvent de terribles tempêtes; les Lapons n'ont alors d'autre refuge que les forêts. Et comme leurs troupeaux doivent trouver leur pâture sous la neige, ils sont obligés de se transporter d’un lieu à l’autre, et de mener en hiver la même vie nomade qu'en été. Pour nous faire une juste idée du genre de vie de ce peuple, dans la mauvaise saison, suivons par la pensée un groupe de familles laponnes dans une de leuis migrations.

On lève la tente : les peaux et les heillons qui en forment la couverture sont empaquetés et placés, avec les pieux, sur le dos d’un renne. On met dans des corbeilles les fromages et les autres provisions, ainsi que les ustensiles de ménage. Pvis ces corbeilles, couvertes de peaux et d'écorce de bouleau et bien ficelées, sont chargées sur des rennes. Chaque bête de somme en porte deux, qui pendent de chaque côté de l'animal, et qui <e

iont conire-poids lune à l'autre. Queiquefois l’une des corheilles est remplacée par un berceau fans lequel est un petit enfant. Ge berceau, qui n

Er premiere

la forme d’un traineau, est garni intérieurement d'herbesèche ou fourré avec la paeu délicate d’un jeune renne. La tête de l'enfant est aussi couverte d’une bonne peau. Quand tout est prêt, on donne le signal du départ. La famille est ordinairement à pied. Quelques-uns de ses membres, avec les bêtes chargées du mobilier, forment l’avantgarde, puis vient le troupeau ; l’arrière-garde se compose du reste de la famille et des chiens.

Ces voyages au milieu des neiges sont fréquemment accompagnés d'incidents pénibles et quelquefois d’eccidents fâcheux : tantôt c’est un renne qui s’écarte du troupeau, et qu'il faut retrouver; tantôt c'est une troupe de loups qui attaquent à l’improviste les rennes confiants et inoffensifs, Parfois la Caravane, au mitieu des brouillards ou Surprise par la nuit, perd le chemin et s'égare, Ne Pouvant reconnaitre les lieux, elle arrive au bord d’un précipice : il faut alors rebrousser chemin et perdre beaucoup de temps pour se relrouver: Mais voici un danger plus redoutable Pour nos voyageurs : c’est un affreux tourbillon de neige qui leur permet à peine de se vcir l’un l'autre, S'ils se

trouvent dans le voisinage de quelque roche

r qui puisse lui servir d’abri, tout va bien. Les Lapons dressent la tente pour eux et leurs chiens, et abandonnent les rennes à leur Î . Mais si ia tourmente les surndroit ouvert et privé de tout nest des plus dangereuses : gens

prend dans un e abri, leur situatio

et bêtes sont alors menacés d'être engloutis sous la neige.

Cependant ce Dieu dont la providence veille sur toutes ses créatures, a aussi préparé quelques adoucissements pour les pauvres habitants de ces régions inhospitalières. Les longues nuits de la zone polaire sont souvent éclairées, pendant des semaines entières, par la douce lumière de la lune ou par de brillantes aurores boréales. D'un autre côté, le renne est doué d’un instinct si sûr, qu'il sert souvent de guide à son maitre et le sauve de bien des dangers. Aussi, dans bien des cas, le Lapon se fie plus à l'instinct de cet animal qu'à lui-même.

Lorsque les migrations d'hiver sont terminées, et que la chaleur du soleil ramène le printemps, ou plutôt l'été, une activité d'un nouveau genre se remarque dans les tentes des Lapons. Ils s'apprètent à mener dans les villes de la plaine ou de la côte les divers objets de commerce qu'ils “nt soigneusement conservés et préparés pendant l'hiver : ce sont principalement les peaux et les bois des rennes dont ils se sont nourris, puis des fourrure de martre et de renard et quelques peaux d'ours; et enfin les poules sauvages qu'ils ont prises ou tuées. TR que sa nn et ses e enfants se Be cree

d'hiver pour | regagner la montagne, le chef % famille, aidé d’un dome tique ou d'un voisin, emballe ses marchandise. « et les charge sur un trat-

Mu Le UT

15 HISTOIRE DE! "EVANGELISATIOX

neau en forme de canot, de 8 à 10 pieds de long, et destiné à cet usage..]l se place lui-même dans un autre traîneau attelé, comme le premier, de plusieurs rennes, et part avec la rapidité de ces coursiers légers Pour le marché d'une ville voisine. Après avoir échangé ses diverses marchandises contre de l’étoffe grossière, de la farine, de la poudre, du tabac et des ustensiles, il se hâte de retourner vers les siens, qui ont déjà regagné, avec

les troupeaux, les pâturages d'été,

Les Läpons étaient autrefois maitres de la moitié septentrionale de la presqu'île scandinave, et Æ menaient librement leur vie nomade. Mais des peuples de race gerfmanique, les Suédois et les Norwégiens, étant venus du sud, envahirent les plaines de l'est et les côtes de l'ouest, et s'y établirent en qualité de colons. Ils s’emparèrent de toutes les terres propres à l'agriculture, et chassérent ainsi les Lapons vers la Montagne et dans les régions glacées du nord, où le sol n’était plus cultivable, Tandis que les Norwégiens se fixèrent dans les îles, sur les côtes et dans les vertes val lées de l’ouest, les Suédois s’établirent le long des côtes du golfe de Bothnie et y bâtirent de

*s Villes et des villages. Is s'o ‘-cèrent de là dans la plaine, en remontant le cours de nombreuses rivières, et fondérent des établissemente les

bords de grands lacs Poissonneux, Ce mouvement des colons suédois vers les retraites solitaires des Lapons se poursuit encore aujourd’hni, en sorte

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DES LAPOSS, 15

que les pâturages dont ces dernicrs peuvent profiter diminuent chaque jour,

Les Lapons qui habitent dans le voisinage des colons suédois ont subi, en quelque mesure, l'influence de la civilisation. 11 s’est même formé sur les frontières des deux peuples une race mélangée et à demi civilisée, Aussi, pour trouver des Lapons avec les mœurs particulières à cette peuplade, faut-il se rendre à la montagne ou à l'extrémité septentrionale de la Laponie, qui appartient à ln Norwége. Le nord de Ja Norw ége forme la région du Nordland, qui comprend deux baiiliages, le Finmark au nord, et le Nordland proprement dit au sud-ouest de celle-là.

Il résulte de ce qui précède, que la Laponie n’est pas seulement habitée par des Lapons, mais aussi par des colons qui ont envahi peu à peu cette contrée. Ces derniers forment même de beaucoup la plus grande partie de la population. Le nombre total des habitants de la Laponie est d'environ 65,000 âmes, dont 10,000 seulement sont des Lapons. Il yen a environ 3,000 en Norwége, 3,200 en Suède, et 1,200 dans In Laponie russe, qui a été détachée de la Suède en 1810 pour être annexée à la Russie. Nous devons ajouter que ces chiffres ne sont qu'approximatifs, et que d'autres portent

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