‹ Histoire de l'évangélisation des Lapons [microforme]Chapitre 4 sur 33 · RENE · texte numérisé non relu

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décréta la peine de mort contre tout Lapon qui serait surpris exerçant la magie. :

L'emploi de la contrainte eut pour effet de fermer les cœurs à la vérité, et de favoriser l'hypocrisie. Il arrivait fréquemment que les Lapons pratiquaient les cérémonies du culte chrétien, tout en restant de cœur attachés au paganisme. Ainsi piusieurs, après avoir présenté leurs enfants au baptème chrétien, leur faisaient subir, par des femmes revètues de cette charge, une cérémonie de purification, puis les mères les consacraient à leurs dieux par un nouveau baptême, et leur donnaient, en secret, un nom que l’on évitait soi- Bneusement de prononcer devant les étrangers, et surtout devant les pasteurs. Pour administrer ce baptême païen, on employait de l'eau chaude dans laquelle on avait jeté du fer, du charbon, du bois et un anneau que l'enfant portait toute la vie à sa ceinture ou sur sa poitrine. Cet anneau, appelé skiello, était destiné à rappeler à l'enfant qu'il avait été consacré aux dieux de ses pères. Ou bien, quand ces pauvres gens voulaient prendre la cène, ils imploraient le pardon de leurs dieux, En sortant de l’église, ils proncaçaient ordinairement ces mots : « Maintenant, que le plus fort » l'emporte, de Sarakkaet Saiwo ou deKist-IBmel, » dieu des chrétiens, car j'ai fait la volonté de ce- » lui-ci et de ceux-là, »

Ils mêlaient aussi leurs superstitions aux rites chrétiens, et se servaient de l'hostie consacrée

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comme d'un objet de sorcellerie, Ainsi, après l'avoir retirée de leur bouche, ils la conservaient avec soin, soit pour kuérir les maladies tant des hommes que du bétail, soit pour réussir à la chasse ou à la pêche. Parfois ils l'appliquaient sur les murs de l’église, la Perçaient avec une balle, et feignaient de recueillir, dans une boite, la goutte de sang qui devait en sortir, d’après les grossières idées qu'ils se faisaient de /a Présence réelle de Jésus-Christ dans la cène,

Malgré les efforts tentés en faveur des Lapons, leur état moral et religieux réclamait hautement l'envoi, parmi eux, de véritables missionnaires chrétiens.

Vers le milieu du dix-septième siècle, la ville de Drontheim, à l'ouest de }: Norwège, possédait un évêque d’une piété vivante et d'un zèle vraiment apostolique: il s'appelait Erick Bredah]. Cette ville ayant été conquise par la Suède en 1658, le picux évèque fut relégué plus au nord. à Tronaes, où il Passa trois ans, Ému de compassion envers les Pauvres Lapons, il se rendit au inilieu d'eux pour leur annoncer : us-Christ; il

les suivait sur les montagnes et dans leurs forêts, et lorsqu'il ne pouvait les visiter lui-même, il leur envoyait des serviteurs de Die même esprit que

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u animés du lui, Les Lapons, touchés de tant » OUTrireNt leurs cœurs à Ja prédication de la bonne nouvelle, Il est vrai que le paganisme. se sen*int menacé, oppost d'abord une vive ré-

sistance à l'Évangile. On présume que quelquesuns des envoyés de Bredahl, qui disparurent sans laisser aucune trace, furent assassinés par des Lapons païens. Mais la disparition de ces missionnaires, loin de ralentir l’'œux re, ne fit qu’enflammer le zèle du fidèle évêque et de ses amis. La résistance du parti païen ne tarda pas à céder, Bredahl parvint à persuader nombre de Lapons de fréquenter les foires de Norwége, afin d’avoir l'occasion de leur annoncer lui-même la Parole de Dieu. Plusieurs d’entre eux lui confièrent même leurs enfants, pour recevoir auprès de lui une éducation chrétienne. L'éternité révélera tous ies fruits de la mission entreprise par ce pieux évêque, Quoi qu'il en soit, c’est à ses travaux que sont dues les connaissances chrétiennes qui furent encore trouvées, un demi-siècle plus tard, parmi les Lapons du district qu’il avait visité.

I s’écoula malheureusement bien des années avant que les Lapons vissent arriver au milieu d'eux un missionnaire animé du même esprit que l'évêque Bredahl, Ce fut seulement en 1703 qu'un mäitre d'école norwégien, nommé Isaac Olsen, dont on ignore l’origine, se rendit en Finmark, chez les Lapons finnois, au nord-est de la Norw ége, I travailla pendant quatorze ans à les gagner à amet ste avec un zèle tout apostolique, et pandit sa bénédiction sur ses pieux efiorts,

ni y avait alors dans cette contrée un pasteur vraiment pieux et zélé, nommé Paus, qui fut heu-

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reux de voir arriver Olsen, et l'établit à Waranger, en qualité de maître d’école parmi lesLapons. Cette station dans le golfe de Warangvr, à l'est du Finmark, est comme le chef-lieu de la partie orientale de cette région glacée. C’est ordinairement au fond des golfes que se groupent les ha bitants.

Le séjour de ce pieux maitre d'école dans cette localité fut presque un martyr continuel. I n’eut pas seulement à lutter contre la faim et le froid. mais aussi contre la haine de ceux qu'il travaillait à gagner à Jésus-Christ, Les Lapons qui, malgré leur baptême et leur participation à la sainte cène, persévéraient en secret dans l'idolâtrie, le haïssaient surtout parce qu'il découvrait et révélait leurs pratiques paiennes. Souvent à der vêtu, semblable à un mendiant, il ne cessait de les visiter, de !es accompagner dans leurs voyages, et de travailler à leur salut. Pour récompenser son dévouement, ces ingrats consentaient à peirs à le recevoir dans leurs huttes sales et pleines de fumée. Is lui présentaient parfois de la nourriture souillée d'ordures et de la viande corrompue, ou bien ils lui refusaient de l’eau fraiche. Is cherchèrent plusieurs fois à lui ôter la vice. Dans l'espoir de se débarrasser de lui, ils lui donnaient pour monture, quand ils devaient voyager de nuit sur les montagnes, le renne le plus indomptable qu'ils passent trouver. Mais Dieu était avec son fidèle serviteur, et bénissait visiblement

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ses travaux. Il Y avait à peine deux ans qu'il labourait ce sol aride, que ses succès attirèrent l'attention d’un z5lé serviteur de Dieu, Voici le témoignage qui iui j'ut rendu, en 1705, par Jean Skanke, secrétaire de l'évêque de Drontheim :

« Isace Olsen, maître d'école, met tous ses soins à instruire dans le christianisme les Lapons et leurs enfants. Par la grâce de Dieu, ses efforts ont déjà porté de grands fruits. Dans l'examen qui a eu lieu, plusieurs Lapons ont surpassé de beaucoup les Norwégiens dans la connaissance de l'Évangile. Ainsi, à notre grande joie, un enfant lapon de huit ans lisait couramment dans le catéchisr- * et le psautier, et s’exprimait de manière à brut” r que son cœur et son intelligence prenaient part à sa lecture. »

En 1741, Paus établit des gardes du dimanche, chargés de veiller sur les mœurs des Lapons baptisés, et plaça Olsen à la tête de cette institution, qui porta de bons fruits. Mais nous arrivons au moment où l'esprit de Dieu ‘commencait à souffler sur les os secs de l'église de Norwége, et où l'esprit missionnaire allait se manifester dans le sein de l'Église protestante, en faveur des palens en général et des Lapons en particulier. Tandis que la réforme était proscrite en France par un jx t monarque, Dieu se servit d’un prince pieux pour exciter un réveil de la foi dans le Nord,

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