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des institutions libérales, favorisa le coinmerce, imprima un nouvel élan à l'instruction populaire. Mais il n'avait pas attendu cette époque pour s'occuper des intérêts spirituels de ses peuples, et spécialement des païens soumis à son sceptre. Désireux de faire connaître l'Évangile à ses sujets hindous, il fit un appel aux hommes pieux de ses États et Ze l'Allemagne, pour l'établissement d’une mission da: ‘1 colonie danoise de Tranquebar. Cet appel fut .. endu : deux serviteurs de Christ, Ziegenbald et Plutschow se présentèrent, et partirent pour les Indes orientales, où ils fondèrent, en 1705, la première mission protestante dans ce vaste empire,
Frédéerich IV pensa aussi à l’ancienne colonie danoise du Groenland, avec laquelle le Danemare avait cessé toute relation depuis des siècles. 11 y envoya, en qualité de missionnaire, le pasteur Jean Egède, qui brülait du désir de rallumer dans cette Île reculée le flambeau de l'Évangile.
Mais ce prince, si désireux du salut de ses sujets éloignés, n'oublia pas les païens qui étaient à ses portes. Le misérable état religieux des Lapons de Norwége avait déjà attiré sn attention 1orsqw’i n'était encore que prince royal, Ce fut en :707 qu’il fit une premièré démarche en faveur de ce pauvre peuple. Il chargea un étudiant pieux et capable, nommé Paul Resen, de se rendre dans le Nordland et en Finmark, pour y étudier l’état des églises et des écoles, et pour aviser aux moyens
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d'augmenter le nombre des lieux consacrés au culte et à l'instruction de la jeunesse.
Le résultat de cette enquête fut des plis aflligeants. Les édifices consacrés au culte étaie:t l’image fidèle de l’état spirituel des troupeaux; la plupart des églises se trouvaient presque hors d'usage; lesunes étaient en ruine, et plusieurs autres remplies d'ordures. Les biens ecclésiastique étaient dilapidés par les divers fonctionnaires de l'église. Mais après avoir constaté le mal, le pieux roi s’occupa des moyens d'y porter remède, 1l demanda tout d'abord le préavis de l'évèque de Drontheim, Pierre Krog, sous la juridiction ecclésiastique duquel se trouvaient les paroisses laponnes. Pour répondre au vœu du roi, Kkrog visita le Fininark en 1708, puis lui expédia un rapport. Mais ie prince comprit bientôt qu'il ne pouvait attwndre aucun concours de ce prélat, En effet, l'évéque Krog n'avait pas ! amour des âmes, et ne comprenait pas qu'on pût employer d'autres moyens, pour le bien spirituel des Lapons, que la pratique régulière des formes ecclésiastiques, qui étaient poui lui toute la religion. Indiffére it pour le moment, il se montra bientôt l'ennemi acharné de toute réforme dans l’église, et spécialement de la mission en Laponie,
Le Seigneur, quiavait résolu de visiterlesLapons et de leur faire rèce, es instruments desiinés à réaliser son dessein de miséricorde, I suscita un homme enflammé d’un
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32 HISTOIRE DE L'EVANGELISATION zèle apostolique, et désireux de donner sa vie pour le salut de ses frires. Après avoir puissamment contribué à réveiller l'Eglise de Norwége, Thomas de Westen devint l’apôtre des Lapons.
Mais avant de raconter ses travaux au milieu de ce peuple, il convient de faire connaître les circonstances par lesquelles Dieu le prépara à cette œuvre.
Thomas de Westen naquit en 1682, à Drontheim, vie de 9,000 habitants, située sur les côtes de Norwége. Il montra de bonne heure des sentiments pieux, une vive intelligence, et un goût prononcé pour l'étude. Mais son père. qui n’ayait pas de fortune, ne pouvait répondre aux vœux de l'enfant et lai procurer les moyens d'étudier. Cependant le petit Thomas était dé: ‘é du désir des’instruire. Un matin on le trouva sur un tas de foin, attendant l'aurore, avec un vocabulaire iatin entre les mains. Les amis chrétiens, informés des dispositions de cet enfant, pourvurent à son instruction jusqu'au moinent où il entra à l’université de Copenhague. Quoiqu'il se sentit attiré vers les études théologiques, il étudia avec ardeur et succès la médecine, pour répondre au vœu de son père. Celui-ci mourut au moment où son fils allait obtenir le degré de docteur en médecine, et ne lui laissa que l'argent nécessaire pour payer
los frais de son séiour à Canent
moment.
La mort de son père amena un grand change-
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ment dans la position de Thomas de Westen. 1 abandonna la médecine pour la théologie, qu'il se mit à étudier avec zèle et bonheur. Il acquit la connaissance des langues orientales et de la plupart decelles de l’Europe; mais il neput poursuivre ses études qu'au milieu de pénibles privations. N'ayant aucune fortune, il dut accepter des secours, aui étaient insuffisants, ct se contenter de le, ‘tive nourriture, Comme Luther pen- ‘ant ses : .des, de Westen connut les angoisses de la faim. 1 partageait une chambre avec un de ses condisciples, Paul Wendelboc, non moins pauvre que lui. Les deux étudiants n'avaient entre eux qu'un seul habit noir fort usé, qu’ils mettaient alternativement pour sortir, di façon qu’ils ne vouvaient jamais se trouver ensemble en société.
De Westen fut sur le point de quitter Copenhague pour se rendre à Moscou, où il était appelé en qualité de professeur de largues et d’éloquence. Mais Frédérich IV, ayant appris à le connaître, le retint et le nomma son bibliothécaire. Il ne lui alloua aucun traitement, mais lui fit espérer d'ob tenir prochainement un poste de pasteur. Pendant les trois ans qu’il fut bibliothécaire, de Westen fut soutenu par une pieuse veuve, qu’il épousa plus tard, et qui devint pour lui une aide précieuse dass l’œuvre que le Seigneur lui confia. Elle avait eu de son premier mariage deux filles pour lesquelles son second époux fut un véritable père,
[r MISTOIRE DE L'EVANGELISATION
En 1710, Thomas de Westen fut nommé premier pasteur à Wedæe, paroisse importante de Norwége, dans l'évêché de Drontheim, Une grande épreuve latteignit avant qu'il fût établi dans son nouveau poste : le vaisseau qui portait sa famille, ayant fait naufrage sur les côtes de Norwége, la fille aïnée de sa femme périt dans les flots, et tout cv que possédait celle-ci fut perdu, ainsi que la bibliothèque de son mari, qui était considérable, Le nouveau pasteur de Wedwæe arriva ainsi, dépouillé de tous biens terrestres, au milieu de son troupeau; mais il était riche en foi et portait avec lui le plus précieux des trésors, l'Evangile de la grâce, Comme lapôtre Paul, il était pauvre, mais pouvait en enrichir plusieurs; il n'avait rien, et ce. pendant il possédait toutes choses (2 Cor, M, 6),
La paroisse de Wedæe, comme toute l'Eglise norwégienne, était dans un déplorable état spirituel; la mort régnait parmi les conducteurs comm: dans les troupeaux, Les doctrines de la justifioution par lu foi an sang de Christ, de la régénération par le Saint Esprit, et de la sanctification, élaient laissées dans l'ombre par la plupart des prédicateurs, et ignorées de la masse des auditeurs, Les pasteurs vivaient dans li mondanité et trop souvent dans le vice, Hs étaient plus pré occupés de leurs intérêts temporels que du salut des âmes, et plus empressés à tondre les brebis qu'à les paitre, Un esprit de fierté et de domination animait la plus grande partie du clergé, Les
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vices, l'ignorance et un profond sommeil spirituel avaient envahi les troupeaux, La parole de Dieu n'étaitguère plus connue du peuple que dans l'Eglise catholique, Il y avait des paroisses de cinq à six mille âmes, dans lesquelles on trouvait à peine une Bible et deux ou trois recueils de cantiques.
De Westen se mit aussitôt à précher avec force le salut par grâce, La croix de Jésus-Christ devint le centre de sa prédication, il mit en relief les vérités évangéliques, négligées par la plupart des autres prédicateurs, I attaqua avec vigueur tous les péchés, et surtout les vices dominants dans son troupeau, établit de nombreux exercices de catéchisation, non-seulement pour les enfants, mais aussi pour les adultes; il exigeait de ces derniers, pour les admettre à la sainte table, une connaissance suffisante de la doctrine chrétienne,
A la prédication régulière, de Westen joignait des exhortations plus familières dans les nombreuses visites qu'il faisait à ses paroissiens. I se montiait aussi d'un grand désintéressement : il refusait certaines ofrandes que lon avait lhabitude d'apporter au pasteur, et de déposer secrètement à l'office pour ménager sa susceptibilité, Quand il trouvait chez lui des présents de cett nature, il les suspendait aux arbres qui étaient devant sa cure, puis il invitait les personnes qui les lui avaient upportés, à venir les reprendre,
Lorsqu'on lui demandait de faire un discours aux
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funérailles d’une personne riche, il profitait de l'usage existant de le faire payer, pour exiger une forte rétribution; mais il l’avait à peine reçue qu'il la distribuait aux pauvres et aux malades.
Ce fidèle ministre de Jésus-Christ ne craignait pas de rappeler leurs devoirs aux magistrats ct de les reprendre quard ils les négligeaient. C'est ainsi qu'il écrivit une lettre pleine de vigueur et de ferineté à un bailli qui cherchait à soustraire un adultère à la peine qu'il avait encourue : « L'impureté, lui disait-il, est un péché qui » exerce les plus grands ravages chez la plupart » les habitants, et s’il est protégé par l'autorité, » qu'est-ce à dire, sinon que ceux qui devraient » réprimer le péché y poussent eux-mêmes? Je » vous conjure, par les plaies sacrées de Jésus- » Christ, de ne plus intercéder en faveur de tels » pécheurs, car ce serait appeler Sodome au mi- » lieu de nous,»
Cependant, Thomas de Westen ne demeura pas longtemps isolé dans la lutte qu'il soutenait contre les ténèbres de cette époque. Dieu suscita d'autres prédicateurs fidèles dans l’Église de Norwége, 11 se forma bientôt une société de sept pasteurs, qui furent appelés les Sept-É'toile. et dont de Westen fut l'âme, Ses six associés étaient les pasteurs Engelhardt, Juul, Ascanius, Burhow, Strem et Lagerup, Ges hommes de Dieu furent les principaux instruments dont il se servit pour produire un ré il qui aboutit à l'établissement
d'une mission parmi les Lapons, Quelque: mots sur l’activité de ces serviteurs de Christ ne seront pas hors de propos ici.
Leur premier soin fut de s’humilier, de confesser leurs péchés et de travailler à s’affermir euxmêmes dans la foi qu'ils prêchaient aux autres. Is établirent entre eux des conférences fraternelles, duns lesquelles chacun faisait connaître ses travaux pour le salut des mes qui Jui étaient confiées, 11 s'adressaient mutuellement les s+is et les directions propres à s’encourager dans leur activité pastorale, Puis venaient des entretiens sur des sujets théologiques, et spécialement sur l'interprétation de divers passages de l'Écriture, La sonférence se terminait par la communication de leurs expériences spirituelles, Ces fidèles pasteurs retrempaient leur Courage dans la prière, dans la communion fraternelle et dans la perspective d'un réveil de l'Église,
Les sept prédicateurs s'adressèrent, par l'or gane de l’un d'eux, à leurs collègues, pour réveiller les uns et encourager les autres, Plusieurs reçurent de bon cœur et mirent à profit cette e\hortation fraternelle : le nombre des pasteurs fidèles augmenta sensiblement, Mais l'ennemi de l'Église ne dormait Püs: voyant son pouvoir sur les âmes chanceler, il souleva une tempôte contre les vrais serviteurs de Christ, Les mercenaires, où plutôt les loups en habits de brebis, poussérent un cri d'alarme et répandirent mille crlomnies
contre ceux qui voulaient réformer les abus et convertir les âmes. L'un de ces faux pasteurs, se faisant l'organe des autres, publia une réponse pleine de venin et de fausses accusations, taxant d'hypocrisie les sept nrédicateurs. Les lignes suivantes, extraites d’une lettre d’Engelhardt à de Westen, en date du 19 décembre 1713, nous feront connaître les sentiments des pasteurs qui s'opposaient au réveil:
« Ce que j'avais prévu depuis longtemps s'est » réalisé, savoir, que nous serions exposés à la » calomnie de la part de nos propres collègues. » En effet, les uns sont tellement pleins d’eux- » mêmes, qu'ils dédnigneraient Minerve même, » si elle n'était pas sortie de leur propre cerveau, » Les autres ne sont préoceupés que de leurs in- » térèts terrestres, et crrignent pour leur crédit, » pour leur fortune ou pour leurs commodi- » tés; ils ont sans cesse à la bouche ce mot des » Pharisiocis : Les Aomains viendront, ete. D'au- » res, sans s'inquiéter du jugement de Dieu, » s'applaudissent s'ils parviennent à rendre leur » cause spécieuse aux yeux des hommes, Et ce- » pendant ils ne peuvent s'empêcher de voir d’un » il envieux et de déchirer à belles dents qui- » conque, par son zèle, blâme leur paresse, »
Ce fut de Westen qui prit la plume pour répondre au manifeste des adversaires du réveil, et pour réfuter les vains sophismes par lesquels ils justilinient leur conduite ot attaquaient celle de
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DES LAPONXS, 19
leurs collègues fidèles. 11 le fit avec la vigueur et la franchise qui le caractérisaient. Nous citons quelques fragments de cette réponse :
« Votre letire nous est parvenue, dit-il, comme » lécume que j:tte la mer courroucée, et qui » nous couvre fous, nous qui, par amour pour » VOS âmes, Vous avons adressé un avertissement » fraternol.… Vous appelez fragilité humaine des » œuvres manifestes de la chair ; récolte de vos » propres fruits, l'abus de la libéralité de vos au- » diteurs; art de vivre en société, l'intimité avec » des hommes superbes, mondains et adonnés à » toute espèce de péchés... Qui vous a appris que » c’est juger son prochain que d’avertir un frère? » Quand est-ce que nous vous avons jugés? Notre » jugement et le vôtre ne sont-ils pas clairement » écrits dans la parole de Dieu? Est-ce juger son » frère que de lui mess r le jugement que Dieu » a prononcé sur lui, et auquel il ne pourra » échapper dans le er jour? Nous vous en » Conjurons par les compassions de Dieu, réflé- » chissez sérieusement à ces choses; mettez de » côté toute passion, et lisez avec prière le cha- » pitre VII de saint Matthieu, afin que le Seigneur » vous manifeste l'orreur dane laquelle
» marchez depuis si longtemps, Qu'il veuille » vous montrer la porte étroite, c'est-h-dire la » vraie conversion, et le chemin étroit, c'est-à- » dire la sainteté, afin que vous entriez dans la » vie! Nous vous pardonnons volontiers, au
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» nom de Christ, tout ce que, dans un zèle char- » nel, vous avez fait contre nous. »
Dans le but de populariser la connaissance de l'Évangile, les sept prédicateurs rédigèrent une Explication du catéchisme, et mirent varticulièrement en saillie les doctrines alors négligées. Engelhardt fut spécialement chargé de ce travail, qui parut en 1715, Is firent aussi entre eux une souscription pour acheter des Bibles et de bons livres d’édification, qu'ils répandirent abondamment dans les églises,
’armi ces derniers, nous mentionnerons le Vrai christianisme, de Jean Arndt, et le Livre de famille du pauvre, de Baxter, qui fut traduit par Hagerup.
Désireux d'employer tous les moyens de ramener la vie dans l’Église de Norwége, ces sept ministres du Seigneur écrivirent à leur pieux souverain, Frédérich 1V, pour lui signaler le mal dont ils gémissaient. Hs savaient d’ailleurs que le roi et la reine désiraient vivement le bien spirituel de leurs sujets. L’extrait suivant de la lettre de ces pasteurs, en date du 17 avril 1714, achèvera de nous faire connaitre l'état religieux de leur pays :
Fuis i0S CHiCMINSs de Sion, dans
» votre royaume de Norwége, sont complétement » déserts, I n'y a plus de discipline ecclésias- » tique : le pouvoir de lier est totalement dé- » truit,et celui de délier est employé abusive
DES LAPONS. ra
» ment(1).La prédication ne porte presque pas de » fruits, et laconfession contribue plus au progrès » du mal qu'à la destruction du péché. La forni- » cation est si commune, que ler gardiens du » sanctuaire ont lieu de craindre chaque jour le » châtiment de Sodome sur ce pays. L’ivrognerie » n’est plus un péché, l'envie et les querelles sont » un mal habituel. Le faux poids et la fausse me- » sure passent pour légitimes. On tient pour la » vraie foi l'ignorance dans les choses du salut. » Les malédictions et les jurements sont le lan- » gage ordinaire; la profanation dy sabbat est » une œuvre indifférente, Les orgies nocturnes » et les courses le dimanche se sont multi- » pliées, au mépris de la parole de Dieu et des » sages lois de Votre Majesté... A l'exception » d’un petit nombre d'enfants de Dieu, rien ne » nous distingue de nos ancêtres païens que le » nom de chrétiens, C'est pourquoi nous deman- » dons en toute soumission à notre gracieux roi, » de vouloir bien désigner les trois professeurs » de théologie, Stenbuch, Trelund et Lodberg, » pour entendre nos gricfs et nos propositions, » en vue du rétablissement du vrai christia- » nisme,
spas do faux
» prophètes, mais qu'un esprit de- sagesse à parlé
(1) Chacun sait que l'Eglise luthérienne à conservé la fession et l'absolution
MISTOIRE DE L'ÉVANGÉLISATION
» par nous, nous sommes aussi assurés que si » notre plainte sur les plaies de Sion est écoutée » de Votre Majesté, Dieu bénira votre règne et » votre maison, et détournera les redoutables » châtiments suspendus sur nos têtes. C’est ce » que nous désirons de tout notre cœur. Nous » souhaitons aussi très ardemment à notre gra- » cieux roi, prospérité, victoire et salut! »
Gette démarche souleva, contre ses auteurs, les passions des autorités ecclésiastiques et civites. L'évèque Krog, dont l''varice et le népotisme étaient bien eonnus, se montra tout l’ennemi acharné des sept nrédicateurs, et l'adversaire prononcé de toute réforme dans l’Église. Plusieurs des pasteurs attaqués furent un moment troublés, eteraignirent d'avoir manqué de sagesse dans le choix des moyens. Mais de Westen les encouragea et se montra plein de fermeté et d'énergie dans la poursuite du noble but que lui et ses amis s'étaient proposé, « Admettons, écrivait-il à En- » gelhardt, qu'on nous adresse une admonition : » combien de soufflets Jésus n'a-t-il pas reçus? » Tout ce que nous avons écrit n'est-il pas vrai, » comme il est vrai que Jésus-Christ siége à la » droite du Père? Mais bien des pasteurs ne » veulent pas le reconnaître, de peur de compro-
loue franc leur tranqu
lito, UC nombreux audi-
» teurs refusent aussi d'ouvrir les yeux, afin que » leur vieil homme ne soit pas crucifié, Ne luttonsnous pas pour la cause de Jésus? Devons-nous
DES LAFONS. 13
» souffrir en silence le mépris de son royaume et » de sa vérité? Qui doit faire entendre des plain- » Les, sinon les serviteurs de Christ? et à qui » ces plaintes doivent-elles être adressées, sinon à » l’oint du Seigneur? »
Frédérich IV prêta une oreille attentive à là requête des pasteurs norwégiens : au bout de deux mois, il chargea de l'examiner, les trois professeurs mentionnés, et leur demanda un préavis. Il soumit ensuite toute cette affaire à son conseil secret, et après mure délibération, il prit diverses mesures pour réprimer les abus les plus criants. 11 recommanda, entre autres,uneextrême surveillance sur les étudiants en théologie, afin d’éloigner du saint ministère les jeunes gens décidément incapables ou incrédules.
Les adversaires du réveil, ayant cherché à pré- “enir le roi contre l'œuvre des sept pasteurs, lun de ceux-ci, Hagerup, se rendit à Copenhague pour réfuter les accusations dent ils étaient l'objet. 1 remit aussi à la reine une lettre de la part de ses collègues, qui la savaient animée des mêmes sentiments pieux que son royal époux.
Voici en quels termes elle leur répondit :
æ Très honorés Messieurs! c'est avec une vive » joie que nous avons vu, par la lettre que nous » a transmise M. Hagerup, votre fidélité et votre
» zèle pour les progrès du règne de Dieu, et pour » le bien de toute l'Eglise chrétienne, Vous cher- » chezà établir dans mon cœur et dans celui de
Le PERRET PET
MISTOIRE DE L'Ev ANGELISATION
tous les hommes, le règne de Jésus-Christ, ct à renverser celui de Satan. Que le Seigneur en soit hautement loué, et qu'il vous fortifie de plus en plus dans cette œuvre, afin que vous soyez des instruments d'élite dans la main du Seigneur des seigneurs! Nous n » rité] » M
‘avons pas méà reconnaissance que vous nous exprimez.
ais nous désirons de tout notre cœur contribuer en quelque mesure à la gorification de note grand Dieu et de son fils Jésus-Christ, Comme aussi au bien de tout fidèle ministre du Seigneur, ct au salut de tous les hommes » la foi vivante en notre Sauveur.
nous toujours dans vos prières » Majesté le roi,
par . Comprenez- ; ainsi que Sa mon seigneur et mon époux bien-aimé, avec toute la famille royale, Nous ne cesserons de prier pour vous, afin que vous soyez en bénédiction de la part du Tout-Puis- » sant, Nous demeurons votre affectionnée reine.