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OFFICIERS D'ÉTAT-MAJOR

TUÉS A l'ennemi.

Nous tenninerons cette statistique par la liste complète des officiers d'état-major lues à rennemi ou morts des suites de leurs blessures^depuis la création du corps jusqu'à nos jours.

Le capitaine Lacroix, 4 août 1823 (guerre d'Espagne).

Le lieutenant Doumerc, 4 juin 1835 (Algérie).

Le colonel de Maussion, 9 novembre 1840 (Algérie).

Le capitaine Falot deBrognard, 13 octobre 1841 (Algérie).

Le lieutenant Laplanche, détaché aux zouaves, 12 septembre 1842 (Algérie).

Le capitaine Hangin, assassiné le 25 juin 1848, avec son général, M. de Bréa.

Le commandant Le Bris, 5 août 1848 (Algérie).

Le capitaine Gaboriau, 12 juin 1849 (Algérie).

Le colonel Blanc de Saint-Hippolyte, 26 septembre 1849

(Algérie).

Le lieutenant-colonel Cassaigne,

Le commandant Lefebvre de Roumtbrt^

Le capitaine du Cos de la Hitte, / 8 septembre 1855,

Le capitaine de LaBoissiëre, \ à Tattaque de

Le lieutenant Klein, \ Sébastopol.

Le lieutenant-colonel de la Ville,

Le lieutenant Servier,

Le colonel de Senneville, tué à Magenta.

264 OFFICIERS D*ÉTAT-MAJOR TUÉS A l'eNNEMI.

Le capitaine Jouan deKervenoal,

Le capitaine de Saint-Balmoiit, . ^i • • joca /o ir' • x , ,. , . r. . ) 24 juin 1859 (Solfermo).

Le lieutenant Duriez, i •*

Le lieutenant Hanceau,

Le commandant de la Bonninière de Beaumont J |. ,

Le lieutenant-colonel Junot, duc d'Abrantès, )

Le capitaine Capitan^ i -joco /m • x T ... T^r . ( mai 1863 (Mexique).

Le capitaine Béguin, ) \ ^ /

Le capitaine Migneret-Richard de Cendrecourt, 6 août 1870.

Le capitaine Daquin de Saint-Preux, 16 août 1870.

Le commandant Lucas, t

Le capitaine Rollet,

Le capitaine M angeon de la Lande,

Le capitaine leSergeant d'Hendecourt,

Le capitaine Proust,

Le capitaine de Yaudrimey Davout,

Le capitaine Sezille de Biard, ) ««erre de 1870.

Le lieutenant-colonel Smet,

Le colonel Rozier de Linage,

Le chef d escadron Parmentier,

Le général de division Raoult,

Le général de brigade Golson (àFrœsch-

willer),

Le capitaine Péricaud de Gravillon, 9 nov. 1870 (Coulmiers).

Le capitaine* Bonnet, 4 décembre 1870.

Le capitaine Geller, 29 décembre 1870.

Le lieutenant-colonel comte de Lambilly, 11 janvier 1871

(armée de la Loire).

Le lieutenant-colonel Béraud, 15 janvier 1871 , \

J camnaârne

' Le capitaine de Calvière-Nogaret, ISavril 1871 , f ^ , Le colonel Piquemal, 23 mai 1871, \

Le général Besson, 5 avril 1871, I

La création du corps d'état-major telle que l'avait comprise le maréchal Gouvion Saint-Gyr, l'ordonnance de 4831 versant dans ce corps celui des ingénieurs géographes, celle de 1833 arrêtant d'une manière fixe le recrutement et le service des officiers de ce corps, étaient des mesures excellentes et suffisantes pour donner à nos armées des états-majors instruits, capables et pouvant faire face à toutes les nécessités en temps de paix comme en temps de guerre. 11 ne fallait pour cela que tenir la main à la stricte exécution des sages règlements élaborés et adoptés par les deux ministres de la guerre de 1818 et de 4833. Il n'était nullement nécessaire de modifier et encore moins de briser, comme on vient de le faire, un corps admirablement constitué. Mais, au lieu d'appliquer les mesures prescrites, on les laissa passer à l'état de lettre morte en beaucoup de circonstances, ainsi que nous allons l'exposer.

L'ordonnance du 23 février 1833 voulait que les jeunes officiers sortant de l'École d'application fussent, avant tout, versés dans les régiments d'infanterie et de cavalerie pour y faire le service d'officiers de peloton pendant une année et celui d'adjudant-major pendant une autre année. Ils devaient donc passer deux ans dans chaque arme, pour

y apprendre le métier d'officier de troupe. Dans beaucoup de régiments, cette sage mesure était éludée... Des colonels d'infanterie, croyant se donner du relief en présentant aux inspecteurs généraux des officiers ayant suivi des cours d'histoire, de géographie, de topographie, occupaient le jeune stagiaire, le corps royal (comme on appelait alors l'officier d'état-major dans les régiments), à professer des leçons. Pour cela, ils l'exemptaient de tout autre service, en sorte qu'au lieu de s'instruire lui-même dans le métier d'officier de troupe, l'officier d'état-major instruisait ou plutôt était censé instruire ses camarades en leur faisant des cours qui, la plupart du temps, ne leur apprenaient rien, les nécessités de service et les plaisirs de la garnison étant des obstables à des études suivies et sérieuses. Dans la cavalerie, on n'exigeait pas habituellement du corps royal pareille chose; les manœuvres, les pansages, les repas des chevaux, les fourrages prenaient trop de temps à tous les officiers, sauf à messieurs les capitaines en second, pour permettre des conférences ; mais beaucoup de colonels se souciaient peu de faire faire les fonctions d'adjudant-major au lieutenant d'état-major détaché, dans la crainte que les chevaux ne vinssent à pâtir de la négligence d'un jeune officier qui peut-être, pensaient-ils, ne se piquerait pas toujours de l'exactitude, qu'en général, on trouve chez les titulaires de l'emploi. Alors, on laissait souvent liberté entière à l'officier d'état-major pendant sa seconde année de stage.

Quelque temps avant les inspections générales, et dès que l'inspecteur était désigné, un grand nombre de chefs de corps voulant présenter des travaux topographiques et autres à l'inspecteur, pour faire mousser leur régiment, chargeaient de la direction de ces travaux l'officier d'état-

major. Ce dernier prenait alors avec lui ses camarades. On faisait des parties fines pendant quelques jours aux environs de la garnison, et le stagiaire bâclait à la hâte, pour chacun, les reconnaissances, des levés de terrain et des mémoires à Tappui. L'on remettait tout cela au colonel pour être soumis à l'inspecteur général. Les trois quarts du temps, rinspecteur n'examinait rien et chargeait son aide de camp d'expédier le tout au ministre. Ce beau travail était enfoui dans les cartons des bureaux de la guerre et n'en sortait plus. C'était ce qu'il valait.

Voilà ce qui se passait dans la plupart des régiments, et ce qui empêchait trop souvent l'officier d'état-major d'employer, comme il eût dû le iaire, les deux années de son stage, à apprendre le métier d'officier de troupe.

Il arrivait aussi que de jeunes lieutenants d'état-major, au lieu d'être envoyés dans les régiments à leur sortie de l'école d'application, obtenaient d'être détachés aux travaux topographiques de la carte de France. Ils y restaient souvent plusieurs années, contractaient là des habitudes d'indépendance, y atteignaient la double épaulette de capitaine, donnée presque toujours après quatre ans de grade de lieutenant, et arrivaient pour le stage, dans les corps de troupes, pour y faire les fonctions d'adjudantsmajors, puisqu'on ne pouvait plus leur donner un peloton à commander à cause de leur grade et que les colonels ne se souciaient nullement de leur confier une compagnie, encore moins un escadron.

Nous venons de faire connaître ce qui se passait pour l'officier d'état-major stagiaire dans beaucoup de régiments. Certes, il eût été bien facile de prendre des mesures sérieuses et sévères pour empêcher ces abus. On ne le faisait paà. LegénéraI,commandantla division active, labrigade ou

la subdivision, s'occupait fort peu de VofScier stagiaire et, souvent même s'il n'avait pas d'aide de camp attitré, il le prenait auprès de sa personne pour lui faire faire ce service.

Voilà comment les mesures les plus sages sont souvent éludées et paralysées.

La même ordonnance de 1833 spécifiait que des officiers du corps d'élat-major seraient employés aux différentes sections du dépôt de la guerre. Rien de mieux, et ces officiers acquéraient là, surtout ceux détachés à la carte de France, des notions, des connaissances très importantes pour le service d'état-major en campagne ; mais il résultait de leurs fonctions une grande indépendance, des habitudes peu en harmonie avec la vie militaire. Il ne fallait donc pas les laisser trop longtemps dans ces positions. Presque toujours, au contraire, on les y éternisait, pour un motif ou pour un autre. A la suite de quelques années passées au dépôt de la guerre, l'officier devenait presque un employé civil, déshabitué de la discipline, ne montant plus à cheval, redoutant quelquefois le contact avec les troupes, et vivant complètement en dehors de la vie militaire. Pour peu que l'âge vînt l'alourdir, il n'était plus qu'un homme de science ou de bureau. Un autre, au contraire, dédaignant les travaux scientifiques , montrait de l'éloignement pour ce genre de service, qu'il évitait avec soin, laissant ainsi fort incomplète son éducation d'officier d'étatmajor.

Si donc, mettant de côté toute considération personnelle, on eût établi un roulement uniforme et strict pour tous les officiers du corps d'état-major, si le ministre eût veillé à ce que les prescriptions des ordonnances fussent exécu-

tées dans les régiments et dans les états-majors, l'armée eût toujours eu à sa disposition un corps composé d'éléments capables, instruits et à la hauteur de leurs fonctions.

Parlons des officiers employés aux états-majors en temps de paix et de ceux faisant le service d'aides de camp auprès des maréchaux, des généraux de division et de brigade.

Le service des officiers aux états-majors consiste, dit l'ordonnance de 1833, à remplir toutes les missions qui se rattachent au commandement des troupes, à visiter les établissements militaires, etc., etc., à assurer le service partout. Or, disons-le, il était fort rare que les officiers aux états-majors fussent sérieusement occupés de cette façon. Les trois quarts du temps, on les laissait s'étioler dans un bureau, signant des reçus de dépêches, écrivant des lettres insignifiantes ou transmettant des ordres sans importance. En dehors de ces banalités, il était rare que l'on employât l'officier comme le voulait le règlement. Quant aux aides de camp, ceux des maréchaux n'avaient à faire qu'un service d'honneur et d'intérieur, ceux des généraux de division ou de brigade, excepté pendant le temps des revues trimestrielles et des inspections générales, n'étaient guère plus occupés, parce que les généraux eux-mêmes, la plupart du temps, se complaisaient dans un doux far niente. C'était donc au ministre de la guerre à exiger des généraux, c'était aux généraux à exiger de leurs aides de camp, de leurs états-majors, un service rigoureux. Mais les généraux faisant servir comme le voulaient les ordonnances étaient de rares exceptions ; on les comptait.

Toujours en vertu de Tordoncance de 1833 et du ser-

vice spécifié pour les officiers du corps d'état-major, un certain nombre d'entre eux devaient être attachés aux ambassades, afin d'étudier le service militaire des puissances étrangères et de tenir le ministre au courant de tout ce qui concernait leurs armées. Or, jusqu'à ces dernières années, aucun officier d'état- major n'était employé à ces importantes missions. Qu'on nous permette, à cet égard, une anecdote.

Quelque temps avant la campagne de 1859, en Italie, un officier supérieur d'état-major auquel l'empereur Napoléon III avait accordé une audience, se trouvant à Saint- Gloud auprès du souverain, Sa Majesté vint à lui parler du corps d'état-major et lui dit qu'on le critiquait beaucoup, qu'il ne paraissait pas toujours être à la hauteur de sa mission. — « Pardonnez -moi. Sire, répondit l'officier interpellé, si je ne suis pas de cet avis; mais, en admettant que le corps dont je fais partie laisse quelque chose à désirer, c'est bien plutôt par la faute de ceux qui ne savent pas l'utiliser que par la faute des officiers qui le composent. — Comment cela? — Sire, pour constituer le corps d'état-major, si habilement créé par le maréchal Gouvion Saint-Cyr, on écréme l'armée et les écoles militaires, on prend les jeunes gens les plus intelligents de ceux qui se destinent à la carrière des armes, et puis, lorsqu'on les a admis à l'École d'application à la suite d'examens sérieux, on complète ou l'on est censé compléter leur éducation militaire théorique à cette école, et ensuite leur éducation militaire pratique dans les régiments. Cela fait, au lieu de les utiliser pour des services importants, on ne les emploie plus qu'à des services bureaucratiques sans importance, presque niais. Tandis que les puissances militaires étrangères ont soin d'avoir toujours chez nous des

officiers d'état-major intelligents, chargés de les tenir au courant de tout ce qui se fait en France au point de vue de Tarmée, nous, nous n'avons pas un seul attaché militaire accrédité dans nos ambassades, bien que ce service soit de ceux prescrits par de sages ordonnances sur le corps d'état-major, bien que ce service soit peut-être l'un des plus sérieux de ceux incombant à ce corps ^ Ne devrait-on . pas toujours avoir à l'étranger un ou plusieurs officiers capables et parlant bien la langue du pays ? Que résulte-t-il de cette négligence, Sire, c'est que pas un seul mouvement de troupes n'a lieu, en France, sans que nos voisins ne le connaissent aussitôt, tandis que nous ne savons rien de ce qui se passe chez eux. Votre Majesté veut-elle me permettre de lui relater deux faits qui ont eu lieu sous son règne ? — Dites. — Eh bien, le corps expéditionnaire de Rome est arrivé devant cette ville sans qu'un seul des officiers la connût, sans que le général duc de Reggio, qui le commandait, eût même un plan topographique de la place, si bien que la première tentative a été faite par le plus mauvais côté, le taureau a été attaqué par les cornes. Il fallut l'arrivée à l'armée d'un ancien aide de camp du général, directeur du dépôt de la guerre % pour faire connaître l'existence d'un plan de Rome. Demandé, par dépêche, à Paris, ce plan fut alors envoyé en Italie. Plus tard, les troupes de Votre Majesté sont arrivées devant Sébastopol sans savoir que la place n'était pas fortifiée au sud. On a ouvert la tranchée à 1 500 mètres de la ville, ce que voyant, un officier russe intelligent, M. Totleben, s'est empressé de donner le conseil d'opposer à nos

1. Les miaistres des affaires étrangères et les bureaux se souciaient fort peu du contact d'officiers instruits et capables.

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