ÉMANCIPATION DES COLONIES CONTINENTALES
pendant l'occupation française en Espagne (i). Il y eut bien dans les colonies des mouvements insurrectionnels, mais ils se distinguèrent par leur caractère loyaliste ; ils furent surtout dirigés contre les autorités qui ne se montraient pas assez fidèles au roi légitime, Ferdinand VII (2). Le mouvement nationaliste ne prit une certaine importance qu'après la restauration de Ferdinand VII en Espagne. La politique réactionnaire qui prévalut alors, détacha de plus en plus les colonies de la mère patrie, en faisant perdre à celle-ci les sympathies des éléments créoles dont l'importance sociale n'avait fait qu'augmenter.
La perte des colonies continentales est due en grande partie à l'attitude maladroite et à l'esprit routinier du gouvernement métropolitain. Les troubles de la métropole, ballottée entre le parti militaire et le parti clérical, eurent leur répercussion dans les colonies et ce sont ces troubles qui furent la cause déterminante de leur séparation. Le domaine colonial de l'Espagne fut réduit à quelques îles, qui n'avaient jamais été considérées que comme un appendice de son grand empire continental et mi trait d'union entre la métropole et les Indes.
(1) La révolution des colonies anglaises de l'Amérique du Nord n'avait presque pas eu de retentissement dans l'Amérique espagnole.
(2) En 1810, les villes du Venezuela proclamèrent leur loyalisme envers la dynastie légitime. (Lallement, Histoire de la Colombie. Paris, 1826, p. 81.)