‹ Histoire de l'expansion coloniale des peuples européensChapitre 32 sur 173 · AFRIQUE, ASIE ET MOLUOUES · texte numérisé non relu

AFRIQUE, ASIE ET MOLUOUES

droits royaux. C'était le cas pour les colonies du Maroc et de la Mina, parfois pour celles d'Arguin. Les autres étaient de simples factoreries, dont l'entretien incombait aux personnes, fermiers ou donataires, qui jouissaient du droit d'y faire le commerce. Ces personnes se faisaient représenter par des capitaines qui possédaient des pouvoirs mal définis et, en fait, absolus. Quelquefois les traitants et les chasseurs d'esclaves qui constituaient la population portugaise de ces colonies, élisaient eux-mêmes leur capitaine : sur les neuf premiers gouverneurs de TAngola, cinq furent nommés de cette manière. Autour de ces établissements vivaient des populations nègres, tantôt soumises aux capitaines portugais, tantôt, au contraire, recevant d'eux un tribut.

Par l'intermédiaire des missions religieuses, le gouvernement portugais conclut à plusieurs reprises^ avant la fin du XV^ siècle, des traités d'alliance, ou plutôt de protectorat, avec quelques chefs nègres auprès desquels il n'entretenait pas de forces militaires. Ces chefs, inspirés surtout par le désir de vendre des esclaves aux Portugais, permirent au roi de Portugal d'installer dans leurs Etats des facteurs et d'y percevoir des impôts comme en territoire soumis. Cette forme de colonisation se maintint au Congo jusqu'à la fin du XVP siècle. Ailleurs elle dura beaucoup moins longtemps (i).

Au demeurant, les établissements de la côte occidentale d'Afrique n'attirèrent guère l'attention des rois de Portugal depuis la découverte de la route maritime des Indes jusqu'à la fin du régime espagnol. C'est ce qui explique le peu de soin donné à leur organisation administrative. Vers la fin du XVIP siècle et au XVIIP siècle, l'Angola, qui constituait à cette époque la seule colonie portugaise de quelque importance sur cette côte, inspira un plus vif intérêt au gouvernement de Lisbonne. Son administration fut complétée. Mais, comme cette colonie servait uniquement à fournir d'esclaves le Brésil, ses institutions civiles se développèrent peu. L'administration y était presque tout entière aux mains de militaires, qui avaient

(1) Voir dans Alguns documentas, p. 295, une lettre du 20 octobre 1 5 16, relative au roi du Bénin.

pour tâche principale d'obtenir des chefs nègres de la colonie les esclaves dont on avait besoin.

Dès le début du XVP siècle, les colonies situées au delà du cap de Bonne-Espérance reçurent une organisation administrative plus compliquée, sinon meilleure. Pendant quelques années, les Portugais essayèrent de créer aux Indes de simples factoreries comme sur la côte occidentale d'Afrique. Mais le gouvernement reconnut bientôt que sa domination ne pourrait s'établir solidement dans l'océan Indien, s'il ne plaçait tous les établissements sous une direction unique. Dès 1505, il en formait un empire {Estado da India), administré par un gouverneur général ou vice-roi.

En acquérant des dépendances à l'est du cap de Bonne-Espérance, les Portugais avaient pour but, on l'a vu, d'accaparer le commerce des marchandises les plus précieuses. Leur politique devait donc être de dominer la plus grande étendue possible de côtes, mais non de conquérir de vastes territoires. Aussi, ne cherchaient-ils généralement pas à déposséder les princes indigènes ; ils s'efforçaient simplement d'obtenir dans les Etats de ceux-ci une position privilégiée au point de vue commercial ou une sorte de suzeraineté. Selon leur degré de dépendance vis-à-vis du Portugal, les établissements constituant V Estado da India se répartissent en trois catégories :

La première comprend les colonies qu'aucun lien ne rattachait plus à un Etat indigène, par exemple Goa, Diu et Malacca. Elles n'avaient toutes qu'une médiocre extension territoriale. Goa, la plus étendue, ne possédait pas, avant le milieu du XVIIP siècle, une superficie supérieure à 700 kilomètres carrés.

Dans la seconde catégorie, se rangent les colonies beaucoup plus nombreuses, où la souveraineté appartenait à un prince indigène allié du Portugal ou soumis à son protectorat. Les fonctionnaires portugais n'y administraient directement qu'une ville, une forteresse ou un quartier de ville. Jusqu'au milieu du XVP siècle, ils intervinrent assez peu dans les affaires intérieures des États indigènes. Ils employaient leur influence plutôt à arracher aux chefs de ces Etats de nouvelles

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