‹ Histoire de l'expansion coloniale des peuples européensChapitre 5 sur 173 · AGRICULTURE ET INDUSTRIE · texte numérisé non relu

AGRICULTURE ET INDUSTRIE

bien arrosée et riche en pâturages, le bétail y était rare et la viande considérée comme une denrée de luxe (i).

L'industrie textile était presque nulle. Des toiles grossières, des bures communes dont se vêtait le bas peuple, en formaient les principaux produits. Cependant, au début du XV siècle, les districts de Beira qui bordent le Zézère, commencèrent à fabriquer des étoffes de meilleure qualité qui remplacèrent certains tissus achetés jusqu'alors en Angleterre à Bristol. Peut-être, en quelques points du territoire, travaillait-on encore la soie comme au temps des Arabes, car cette industrie est citée dans une charte de 1233, mais la fabrication des soieries n'acquit une certaine importance que dans la seconde moitié du XV^ siècle. Les autres industries n'étaient pas plus prospères et, jusqu'à l'époque d'Emmanuel le Fortuné (1495-15 21), les armes mêmes venaient de l'étranger (2).

Le sous-sol du Portugal recèle d'excellents minerais. On cite parmi les principaux le cuivre, le fer, le plomb, l'étain et le zinc. Il n'y avait cependant que fort peu de mines en exploitation et l'on se procurait à l'étranger les métaux dont on avait besoin (3).

Les côtes, très développées, étaient habitées par une partie assez considérable de la population, qui trouvait ses moyens d'existence dans la récolte du sel marin et dans la pêche.

Lisbonne, Aveiro, l'Algarve et surtout Sétubal étaient réputés pour la qualité de leur sel dont ils vendaient à l'étranger de fortes quantités. De nombreuses barques étaient occupées à la pêche de la sardine, du thon, du merlan. La pêche de la baleine, dont il est fait mention dans plusieurs documents de cette époque, était pratiquée avec le plus de succès du côté de l'Algarve.

Les Portugais ne se bornaient pas d'ailleurs à exploiter leurs eaux littorales, ils se rendaient également sur les côtes de France et d'Angleterre. En 1353, Edouard III leur concéda

(1) Reiîello da Silva, a populaçâo e a agriciiltiira em Portugal até a primeira metade do seciilo XVII. Lisbonne, 1866.

(2) ScHAEFER, Geschichte von Portugal, III, p. gS.

(3) Rebello da Silva, Hist. de Port., IV, p. 475 et ss.

pour cinquante ans le droit de se livrer à leur industrie dans les eaux anglaises.

Ni l'outillage économique du pays, ni la configuration du sol ne favorisaient l'établissement d'un commerce intérieur actif. Les transports par voie de terre s'opéraient lentement et avec peine, faute de routes, d'animaux de bât, de moyens de traverser les rivières. A ces difficultés d'ordre matériel s'ajoutaient celles qui naissaient d'une réglementation compliquée, variant suivant les localités. Des péages multiples enchérissaient les marchandises et l'exportation des principaux produits du pays, les céréales et le vin, était soumise à une autorisation préalable des autorités municipales (i).

Un trafic plus considérable se faisait par les ports maritimes. Obligé par le faible développement de ses industries, de se procurer à l'étranger les objets manufacturés dont il avait besoin, le Portugal noua de bonne heure des relations commerciales avec la France, les Pays-Bas, l'Angleterre et les pays de la Méditerranée. Différents documents du milieu du XlIP siècle nous attestent que, à cette époque déjà, les Portugais achetaient à l'étranger des tissus, des métaux, des bois de charpente et exportaient du vin, de l'huile, du sel, des fruits secs, du poisson sec et salé et des chevaux. Dans certaines communes, les marchands qui faisaient le commerce avec la Flandre et le Levant, avaient le rang de cavaliers (cavalleiros) (2). Ce commerce se faisait en partie par des marchands étrangers établis à Lisbonne. Un diplôme de Pierre le Justicier (135 7- 136 7), mentionne le droit concédé depuis longtemps aux marchands génois, écossais et milanais de constituer des associations commerciales. Le mariage de Jean d'Aviz, premier roi de la d3'nastie d'Aviz, avec Philippine de Lancastre (1387), consolida les relations d'amitié qui unissaient de longue date les cours de Portugal et d'Angleterre et, en 1389 et 1399, le roi accorda aux marchands anglais établis à Lisbonne les mêmes privilèges qu'aux Génois.

(1) Rebello d\ Silva, Hist, de Port., IV, p. Sig. — Gama Barros, Historia da administraçâo, II, p. 172 etss.

(2) Herculano, Hist. de Port., IV, p. i38.

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