‹ Histoire de l'expédition d'Egypte et de SyrieChapitre 26 sur 32 · CHAPITRE XXVIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIIL

Traité d*£l-Arich.

(An Vin. — iSoo.)

MALORi les heupeux débuts de son généralat , Kléber ne pouvait s^aveugler sur les difficultés de sa position. L^Egypte Taineue n^était pas entièrement soumise; le peuple voyait dans les Français autant d^ennemis de sa propriété, et son cœur s'ouvrait à Tespoir d^ùn ehaBgement. lArmée occupait les points ca^ pitaux des cataraetes à El-Arioh , d^El-Arioh à Alexandrie , et d^Alexandrie aux cataractes } et presque réduite de moitié, elle manquait d^ar* mes, de poudre, de plomb et de fer côulé»^ La pénurie des finances ne permettait point de sVn procurer ; des essais de fonderies eu--

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rent lieu , et ne furent suivis d^aucun résultât. Les nœuds de la coalition formée contre les Français ne firent que se resserrer davantage. Il ne s^agissait pas de combattre seulement quelques hordes de Mamdoucks découragés, une petite armée avait à neutraliser les efforts réunis de trois grandes puissances , la Porte , ]^Angleterre et la Russie. Vainement Kléber attendit de Fatgent , des hommes et des munitions ; deux flottes sur lesquelles se fondait > encore son espoir repassèrent le détroit de Gibraltar, et rentrèrent dans POcéan.

A cette nouvelle, le nouveau général en chef se détermina à continuer les négociations quWait entamées Bonaparte, et transmit les motifs de sa conduite aux membres du Directoire exécutif. La fatale lettre où il peignait ses vives inquiétudes sur le salut de Parmée, tomba entre les mains des Anglais qui sVmpressèrent de la publier afin d^enhardir la puissanceiottomane et de la rendre inaccessi-

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ble à toute espèce d^accommodement. Mais^ déjà le graDd-visîr avait agréé les deux plénipotentiaires que Kléber lui avait envoyés; citaient le général Desaix et Padministrateur général Poussielgue. Le ministre de P Angleterre , le Commodore Sidney-Smith , les. autorisa sans difficulté à établir leurs conférences à bord de. son vaisseau. Ils convinrent (ensuite de se rendre au camp même des Turcs, faute de pouvoir établir avec le grand-visir des relations faciles et régulièrement suivies»

Kléber, de son côté, pour donner aux négociations un appui imposant , porta, une partie de ses forces vers la frontière de la Syrie , son armée a£PaibIie allait présenter encore une attitude respectable.

Un. officier anglais , John Douglas , la voyant disséminée, donna au grand visir Tinfâme conseil de marcher sur £l-*Arich , et se chargea d^en diriger le siège, au moment, où un armistice allait être arrêté. La garnison ^ surprise

et entraînée par de perfides suggestions ^ n*i saya aucun moyen de défense. La plupart des soldats refusèrent d^obéir à leurs officie» 1 et faeflitèrent aux Turcs Fentrée de la citadelle. Un grenadier , du petit nombre des Françaia demeurés fidèles à Thonneur, se plaça au mi^ lieu de plusieurs barils de poudre et tira son dernier coup de fusil : Pexplosion fit écrouler une partie du fort , et les lâches qui sY tenaient renfermés périrent sous ses décombres avec ceux qui avaient profité de leur odieuse trahison.

L^fittentat d^^-^-Arioh méritait un cliàtiment sévère ; les règles de la guerre avaient été in^r dignement violées; pn nVvait répandu à la franchise et à la loyauté que par ^ne insigne lâopie. Le brave général Desaix et Padministrateup général Pooa^ielgue ne purent désormais se prêter qu^avec une sorte de répu^ giianoe aux négociations entamées. Cédant à des considérations particulières , le général en

chef l^ur envoya Fo? dre txprès d^ traiter d^une mapière définitive , sans compromettre néan-tmoios rhomiepr de la Franee et de Tarmée.

Oq en vint à de nouvelles ouyertu^es; une convention se ponclut , et Klëber y donna son approbation. Les principaux articles étaient conçus ep ces termes.

Aet. ir. « Uarmée française se retirera H avec armes , bagages et effets sur Alexann drie ^ Rosette et Aboukir, pour y être em-^ » barquée et transportée en France ,. tant sur n ses bâtimens que sur ùtuit qu^il sera néces**- I» 3aire que la Sublime*rPorte )ui fournisse.

2. n |1 y f ura un armistice de trois mois M en Egypte , à compter du jour de là signa-* » ture de la présente convention , et , dans le » cas où la trêve expirerait avant que les bàr » tjiineTïs à fournir par la Sublime^^Porte ffis^ » sent pré|;s , ladite (rêve sera prolongée jus« n qu-à ce que rembarquement puisse être n complètement effectué. ^

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4- » Les places de Katieh et Salahieh se-* » ront évacuées par les troupes françaises , au » plus tard , le dixième jour après la ratifica- » tion de la présente convention. La ville de » Mansourah sera évacuée le quinzième jour, » Damiette et Belbeîs le vingtième , Suez six » jours avant le Caire ; les autres places si— » tuées sur la rive orientale du Nil. seront » évacuées le dixième jour; le Delta sera » évacué quinze jours après TévacuatioD du » Caire. La rive occidentale du NU et ses dé- >} pendances resteront entre les mains des » Français jusqu^à IVvacualion du Caire, et » comme elles doivent être occupées par Tar- )) mée française jusqu^à ce que toutes les 1» troupes soient descendues de la Haute-** » Egypte , ladite rive occidentale et ses dé- I) pendances pourront n^étre évacuées qu'à » Texpiration de la trêve , s^il est impossible de » les évacuer plus tôt. Les places évacuées par » Tarmée seront remises à la Sublime-Porte

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n dans rétat où «elles sont actuellement.

8. )> Aussitôt après la ratification de la » présente convention , tous les Turcs et aun très nations sans distinction, sujets de la i> Sublime - Porte , détenus ou retenus en » France, ou au pouvoir des Français en » Egypte , seront mis en liberté , et récipro- » quement tous les Français détenus dans les » villes et échelles de Tempire ottoman , ainsi » que toutes les personnes, de quelque na- » tion qu^elles soient , attachées aux légations » et consulats français , seront mis en liberté.

10. » Aucun habitant de FEgypte , de quel- » que religion quMl soit, ne sera inquiété ni >> dans sa personne ni dans ses biens, pour » les liaisons qu^il pourra avoir eues avec les » Français pendant leur occupation de TE-

» gypte.

» Fait, signé et scellé de nos sceaux respec- » tifs, au camp des conférences, près d^El- » Arich , le 4 pluviôse an VIII de la républi-

3od EXPBDlTlOlt

» que iV^n^aise ^ et le s8 de la Itiile de Chfta*^ » ban, Tan dePhégire i2i4»

a Signé le général de dÎTision * Desaix , n le citoyen Pous^ielgue , plénipoteiltiaires da » général Kleber^ etlenrsexeellences Musta^ » pha^Rachid -^ Effisndi^De/ierder et Musia^ » pha^Ikajrchéh 9 Reis^jib-Koultal^ plénipo^ » tentiaires de son altesse le snpi^élne risir. t» Les autres âtticles étaient relatifs au mode êHé^ yacuation. Quelle que soit leur impàortant^ , il deviendrait inutile dé les transcrire id , puis^ que la force deë éyénemens empêcha qu^ibné fxisi^tit complètement eléoutës t ceux ^e nous ayons relatés siiffisekit pour faire Voir que Kléber et ses mandataires avaient mis , autant qu^il était en eux « le nom françaiiî à couterl d« téute iujure« Mais enfin ts^était mie capitulation, et Ton pouvait combattis en^

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