CHAPITRE XXIX
Rupture dtt ttaàté d'El*Arich.— Bataille d'HéliopoUs.-*- Alliance de Mourad-Bej avec les Français. — Soulèvement et soumission du Caire.
(AnVIli.— 1800.)
A IFEINB la cQayentioti d^Ël*Arich ful-^Ue publiée^ qu^elle produisit gënéràlemeot uBè sensatioB fàcheuset On sVtoQQa bictotôt que les plénipotentiaires du général en chef n^l^us^ sent poitit exige la signature de Tamiral Sidûefy'»Smith , le représentant du roi à^Au^ glëierfèi, fcléber fut le premier à sVpereeTOî? qm àkM la rédaction du traité l\)n arail omii uile fortàaUlé essentielle ^ et fl accéléra Véxé^ cûtiôâ de Cé tfailé satis attendre qu^il eut été ratifié par le gouvernement britannique ( il
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lui tardait de revoir la patrie , et de quitter un sol ingrat , sur lequel il pensait que les Français ne pouvaient plus désormais recueillir qu^une gloire stérile ou funeste.
. Déjà les dispositions de rembarquement étaient déterminées, lorsqu'une circonstance imprévue vint contrarier ses projets. On lui annonça la révolution du 18 brumaire , et la republique , en lui promettant de prompts secours, semblait exiger qu'il différât Pévacuation de TÉgypte. Il ne persista pas moins dans sa résolution , et se contenta d'informer l'armée des changemens politiques survenus en France.
La nouvelle de l'élévation de Bonaparte excita un enthousiasme général ; chacun j crut voir la garantie du passé, la sécurité du présent et la certitude d'un briUant avenir ; leurs espérances étaient fondées sans doute, mais beaucoup d'entre eux devaient ne point les voir se réaliser.
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Sitôt qu^ils eurent évacué les forts de Salahieh^ Belbeïs, Katieh et ceux de la Haute-Egypte , les Français apprirent qu^on apportait des obstacles à leur embarquement. Une lettre émanée du ministre plénipotentiaire anglais auprès de la Porte ottomane devint le signal d^un prochain renouvellement d^hostilités; elle renfermait la défense expresse d^exécuter immédiatement le traité d^El-Arich. Kléber, indigné^ ordonna de réarmer les forts , et de faire revenir les munitions qu^on avait transportées à Alexandrie. Il déclara en même temps à Mustapha-Pacha, commissaire de la Porte, que révacuation de PÉgypte était différée, et manifesta Fintention de marcher contre le grand--., visir , si celui-ci opérait le moindre mouvement au-delà de Belbeïs.
Nonobstant ces réclamations et ces menaces , le chef des Ottomans ne tarda point à lever son camp ; Ta vaut -garde parut dans la plaine de la Qoubbeh auxportes duCaire, et vint s^établir en
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vue des avant-postes français. Un officier anglais, muni des dépêches de l^amiral Keith, informa Kleber que le gouvernement britannique ne consentait à aucune capitulation avec Tarmée de la république ) excepté le cas où elle mettrait bas les armes , et abandonnerait ses vais-r seaux , ses munitions et ses bagages aux puissances alliées. Le général en chef, à la lecture d^ne pareille lettre, éprouva toute Tindigaation qu^elIe devait inspirer à un honnête homme ; il ne répondit rien à Pémissaire et se contenta de faire imprimer la missive anglaise avec ce pcst-scriptum :
^i Soldats , on ne répoi^d à une telle insolence que par la victoire; préparez- vous à combattre, v
Tous jurèrent de venger rinjare qu^iis ve^ naient de recevoir; un cri de guerre unanime retentit dç toutes parts ; elle était inévitable^ Le Commodore Sîdney-Smith paraissait çeul disposé à la suspendre ; le gran4-vîsir rejeta
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ses conseils. Quelques conférences eurent lieu; elles ne servirent qu'à favoriser les menées de Jussuf. Il tira d'Ël'^Arich un grand nombre de pièces dVrtillerie, et renforça son pare. Les fellahs, commandés par les scheicks, et les habitans des provinces de Mansourah , de Meuoufieh , de Garbieh , de Quelioabeh , de Cfaarqieh, accoururent se ranger sous ses drapeaux. Des firmans furent répandus dans les différentes qontrées de FEgypte : on j représentait les Français comme des barbares et des infi^ dèles , odieux infracteurs des lois divines et humaines. Des émissaires furent dirigés vers les tribus nomades, et bientôt la révohe éclata même au sein des villes les moins fanatisées.
On pe pouvait dès-lors se méprendre sur les desseins du grand-^visir : il parlait de concorde et organisait des séditions. La confiance nVtait plu$ de saison. Il fallait quHl retournât à BelbeïSfpuis à Salahieh, et enfin jusqu^aux frontières de la Syrie ; autrement on saurait
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Y y contraindre. L^armée française pouvait en« core trouver son honneur et sa sûreté' dans se^ forces. Le danger croissait. A la yoix de Kléber , les troupes qui occupaient la Haute et la Basse -Egypte se concentrèrent sous les murs du Caire« Il convoqua les officiers supérieurs , leur communiqua les nouvelles qui lui étaient parvenues, et mit le comble à leur indignation. Les prétentions injurieuses du gouvernement anglais et les perfides menées de la Sublime-Porte demandaient une vengeance éclatante.
Le général en chef, fatigué des intrigues de Tennemi, déclare formellement au grandvisir que Ir. république et la puissance ottomane doivent se considérer en état de guerre, et arrête les bases de son plan de bataille.
Quatre bataillons carrés forment sa première ligne ; Priant commandera les deux bataillons de droite, et Rejnier les deux bataillons de gauche. L^espace d^un carré à Fautre est
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rempli par la cavalerie , qui occupe Fintervalle du centre sous les ordres de Leclerc et appuyé par une partie du régiment des dromadaires. Uartillerie de réserve*, placée derrière le centre , forme la seconde ligne j les sapeurs du génie et quelques pelotons de grenadiers lui servent de soutien. Sur les cotés marchent plusieurs pièces , flanquées par des tirailleurs; des compagnies d^élite doublent les angles, et une armée de dix mille hommes présente une masse impénétrable.
T7armée ottomane comptait soixante -dix mille combattans ; elle avait son avant-garde retranchée dans le village de Matarieh, sur les ruines d'^Héliopolis , et elle prolongeait ses avant-postes depuis le Nil jusqu^à Sibylli- Hallem.L^aile droite, en arrivant devant cette mosquée , aperçoit un poste de six cents chevaux, et les met en fuite au premier coup de canon. A peine le jour commençait à poindre , Faile gauche se présente devant Matarieh , et
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s^arrète, afin de donner à Faile opposée le temps de venir dans la direction d^El-Marek couper ]a retraite de Favant-garde ennemie.
Tandis que ces mouvemens s^exécutaient, une colonne dMnfanterie et de cavalerie turque s^avançait du côté du Caire. Les guides de Kléber reçurent Tordre de charger le corps de Mameloucks qui la précédait, et faillirent être enveloppés par leurs adversaires, L^ qua*torzième régiment de dragons et le vingtdeuxième de chasseurs se précipitèrent dans kl mêlée, et dégagèrent les premiers assaillans. Toutefois le général en chef craignit de trop se dégarnir , et ne put s^opposer à une manœuvre dont il sentait toute Timportance; il lui fallut s^en tenir à Fattaque du village de Matarieh.
Les grenadiers, placés aux angles des carrés , se forment aussitôt en deux colonnes , et marchent au pas de charge, sous les feux des batteries turques. La colonne de gauche , as-
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saillie par les janissaires, leur oppose une vive fusillade, et jonche la terre de leurs corps ; ceux que les balles ont épargnés sont atteints par les baïonnettes de la seconde colonne. Un petit nombre courent se cacher dans les maisons de.Matarieh, et n^échappent au fer des
vainqueurs qu^en devenant la proie des j9ammes. Drapeaux , pièces de c^ipon , chameaux , tout tomba au pouvoir des Français, et il ne leur resta plus qu^à se diriger sur le gros de Tarmée du grand-visir.
Il sMtait mis en mouvement pour protéger son avant— garde, et avait pris position derrière un bois de palmiers , autour d^El-Marek. Le général Friant Feut bientôt repoussé et contraint de fuir vers le village d^El-Khanka. Les troupes françaises y arrivent avant le coucher du soleih A leur approche , les Turcs se replient en désordre et se jettent dans le déserU
Le lendemain Kléber, entendant ]e bruit
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du canon que Ton tirait au Caire , juge à propos dy envoyer , en toute hâte , quatre bataillons, et de son côté il se met en mardhe pour Belbeïs, qu^occupaient mille chevaux et une nombreuse infanterie. Priant, guidé par les savantes manœuvres du général en chef, s^élève sur le flanc de la cavalerie , reflraie et la disperse. LHnfanterie , harcelée par le général Reynier, oppose une résistance inutile. Chassés de leurs positions , les Turcs rendent enfin la place et se mettent à la discrétion de Kléber , qui leur permet de rejoindre le grand-visir, et de conserver quelques armes pour se défendre contre les Arabes.
Il détache ensuite sur le Caire deux escadrons , cinq bataillons et plusieurs pièces d^artillerie, recommande à leurs chefs, les généraux Friant et Donzelot , dVviter les engagemens périlleux , et se porte sur Salahieh avec ses guides , le septième régiment de hussards et la brigade de Béliard. Le général Reynier
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qui le précède établit seà bivouacs en avant de Koraïm; trois ou quatre mille cavaliers turcs le surprennent et Tenveloppent; Kléber accourt à travers une masse ennemie qui s^oppose vainement à son passage, se joint à lui et continue sa marche victorieuse.
Le général en chef s^attendait à trouver Parmée de Jussuf rassemblée à Salahieh; mais le grand-visir épouvanté sMtait enfoncé dans le désert avec environ cinq cents hommes de bonne escorte. On nVpercevait dans son camp que des tentes renversées , des coflfres brisés , des caisses remplies de parfums et de vétemens , des sellés et des harnois épars , des pièces d^artillerie , des litières et des ameublemens confondns ensemble; rien ne put échapper au pillage; la perfidie anglaise en-» traîna la destruction de Farmée ottomane et la perte des richesses immenses qu^elle possédait.
LUntérieur de TEgypte réclamait seul alors
Fattention de Kleber. Son premier soin fut de recourir aux moyens d^assurer la reddition des places situées sur le littoral de la Méditerra*ïiée : lui-même^ à la tête du septième régiment de hussards, des troisième et quatorzième régimens de dragons, de la quatre-vingt-huitième brigade et d^une partie de la soixanteneuvième , reprit la route du Caire»
Cette place avait été le théâtre dMvénemens d^une nature alarmante. Les habitans du faubourg de Boulak , armés de sabres et de fusils , sVtaient portés le 20 mars au fort Camin , et avaient failli tuer ou massacrer les troupes françaises qui Foccupaient. Pendant que les deux armées luttaient dans la plaine , des bruits mensongers se répandaient au milieu de la cité sur Tissue de la bataille. La défaite de Pen- Àemi, disaient les uns, est inévitable; il est taillé en pièces, disaient les autres; la populace exaltée criait victoire, courait au quartier qu'^habitaient les négocians dlSuTope, les accablait
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d^injures , brisait les portes de leurs maisons ^ de leurs comptoirs et de leurs magasins ^ les égorgeait sans pitié et jetait leurs corps dans le canal Khalidji. LVrrivée des Turcs 9 des fellahs, des Mameloucks et des Arabes qui s^étaient détachés de Farmée du grand-visir, doubla la rage du peuple et le danger des Eu-» ropéens. La maison de Mohammet Bey-el^ Elti ( quartîer-*général ) était deirenue leur unique refuge; ils y auraient été anéantis , si le brave Duranteau , qui commandait ce poste, n^eût repoussé les assaillans, forcé Nassif-* Pacha de vider la place d'^Esbekieh et fait élever des retranchemens pour mettre son asile à Tabri d^un coup de main.
Pendant deux jours entiers , Duranteau soutint Tattaque de dix mille hommes , et cent quatre-^vingts soldats lui sujQBirent pour con*server un poste auquel le général ennemi attachait une haute importance. Il sentait cependant combien sa situation était critique ,
le besoin de secours lui paraissait de plus en plus impérieux, lorsquMl vit s^avancer la colonne du général Lagrange , qui se faisait jour à travers quatre mille cavaliers tures et Mameloucks , et venait annoncer la victoire dHéliopolis. Arrivèrent ensuite les divisions des généraux Friant et Donzelot , et les Français songèrent à prendre le rôle de Toffensive.
Les Turcs construisirent dans les rues des barricades de douze pieds de hauteur et à double rang de créneaux ; ils se défendirent pied à pied, et réduisirent les assaillans à la 'nécessité de mettre le feu aux maisons voisines du quartier-général et aux environs d^Esbekieh. Le spectacle du Caire bombardé et livré aux flammes ne servit qu^à développer en eux une activité, peu conunune. Cétait une chose remarquable que de les voir créer des fabriques de poudre , et déterrer des pièces enfouies depuis long-temps , employer les grilles des mosquées à la fabrication de nouveaux bou-
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lets , rechercher ceux qu'on leur lançait , délirer de joie à Tidée de les renvoyer à leurs ennemis
Parut enfin le général Kléber. Son caractère le portait naturellement aux voies de conciliation , et , dans cette circonstance , il avait à ménager une armée déjà bien affaiblie par plusieurs campagnes ; d -ailleurs il ne possédait qu'un petit nombre de fers coulés ; les munitions étaient presque épuisées. Aussi, tout en réunissant un surcroît de forces, en disposait de nouvelles batteries, en se munissant de matières combustibles, il s'empressa de mettre en usage les ressorts secrets de la politique pour amener une prompte soumission ; il sut se créer dies intelligences dans la ville y 6t semer la défiance entre les habitans et les osmanlis. Le résultat de ces pratiques mystérieuses ne tarda pas à se faire sentir : les chefs ottomans lui proposent une capitulation, dont il accepte les principaux articles;
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mais aucane des conditions ne sera exécutée j car à peine la nouvelle de Parrangement estelle connue dans la cité, que les meneurs du peuple et tous ceux qui se sont signalés par des excès , eraignant les représailles françaises, emploient toute sorte de moyens afin d^em-^ pêcher Faccomplissement de la convention.
Les prêtres s^arment de la parole de Dieu, les vieillards et les femmes se précipitent aux pieds des soldats , les suppliant, avec des san-* glots et des cris lamentables , de ne pas les abandonner à la fureur dii glaive chrétien.
Les musulmans sont émus, et, lorsque les Français se présif^ntent conformément au traité pour occuper certains postes, on refuse de les leur livrer, on les traite en ennemis. Kléber jugea dès-^lors qu^il serait obligé d^en venir à des extrémités terribles.
L%omme qui dans ces circonstances rendit le plus de services a^ux Ff ftnçais , ce fut Mourad, le valeureux chef des Mamelouoks. Il leur
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faisait passer des subsistances , des munitions
et jusqu^à des matières combustibles. La
haine du gouvernement turc, dont les récrira
minations étaient à craindre , avait mis ce bey
du parti de la France. Lorsqu^il eut appris lef
conférences d^^ll-Arich, il sMtait empressé
de se rapprocher de Kléber , qui |*eçut ses
émissaû^eset lui envoya les siens. Deux jours
avant la bataille d^HéliopoIis , il fit demandei*
au général en chef s^il devait obéir à rjnjonC'*
tion du grand-visir quîvlut ordonnait de se
réunir à l'armée. Kléber lui répondît qu^H le
verrs^t au milieu de ses ennemis sans Ten es*^
timer moins. Dès le commencement de Faction ,
le bey avait passé sur la rive droite du Nil , et
e^est là qu'il était encore lorsque les Français
victorieux revinrent pour pédnh-e le Caire.
Un traité consacra cette alliance ; Mourad
obtint le gouvernenlent du Haut-Saïd et envoya
aussitAtsou kachef^Ueutenant)Osman-Bardissy,
afin de chasser de TEgypte supérieure
Pacha f qui était en devoir d^en prendre possession au nom du Sultan. En informant Kléber de cette nouvelle, Mourad ajoutait. « Faitesmoi savoir si vous demandez la tète de ce pacha, ou si vous exigez seulement qu^il se retire de TÉgyple. Je vous promets qu^ilne tardera pas à repasser en Syrie. » Le gene'rai français ne voulut accepter que la deniière promesse ; peu de jours suffirent au bey pour la remplir fidèlement.
L^obstination meurtrière des habitans do Caire ne pouvait fléchir que devant des actes de sévérité ; les mesures que Ton avait prises et les secours de Mourad mettaient lesFrancaû en état de porter des coups décisifs ; le généra] eu chef n^hèsita plus à prendre conseil des événemens « quoique son ame répugnât à b Tioleuee*
Friaut) avec un détachement de sa divisioDf pénètre dans le quartier Cophte, situé au nord de la ville) chasse Teunemi de ses posîlioD^'
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tét lui enlève quatre drapeaux. Le lendeiiiaiti Rejnier s'^empare du Santon Abousieh , et vers le soir un peloton du régiment des dromadaires pénètre dans Fancienne maison de la direction du génie , où les Turcs sVtaient réfugiés. Ceux-ci continuent à déployer une activité extraordinaire ; ils ont î'ésolu de combattre jusqu^à la dernière extrémité. Lé général Priant cerne le faubourg Boulak /emporte d'assaut les retranchemens qui. en défendent rapproche, et oblige les habitans à implorer sa clémence.
La priée de ce faubourg devait accélérer^ celle de la capitale; une pluie imprévue contraria les projets de Kléber : il suspendit ses opérations, et ne les recommença que le 18 avril; Les premières attaques se dirigèrent contre là maison de Sitty-Fatmeh , qui servait de point d'appui à la gauche des Turcs ; elle fut détruite à rentrée de la nuit par une explosion de ràihé,
et une foule d'osmanlis et de Mameloucks pé-
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rirent sous sçs débris. Soudain le combat s^eng;ige sur tous les points. Friâtnt , secondé par Ponzelot, réduit }e quartier Cophte et celui des boudiers. Rey nier attaque le quartier Bab-El-Charieh avec le méniie succès. Robin ^ à la tête d^une compagnie de carabiniers, court sVmparer d^une pièce de canon qui battait le poste du Santon Aboiusieh ; il ren* contre les troupes de Nassif-Pacha et de Hassan Bey*Djeddaoui , les harcèle, les atteint et les met en déroute ; la fuite ne sauve que quelques chefs.
L^ennemi perd tous ses postes ; les ("rançais s^ établissent ; racharnement des vainqueurs et des vaincus redouble ; la capitale de l^Égjpte sera bientôt réduite en cendres si elle tarde k se soumettre i
On transmet à Kléher desi propositions déplacées ; il les entend , sourit et ne répond aux agens qu^on lui envoie qii^en leur montrant d^une fenêtre de soq palais le vaste incendie
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du Caire et les ruinée flimanted de Boulak.
Sur ces entrefaites le gênerai en thef apprend que les Anglais ont rëcemmeflt débdl-qué des troxJpes au port d^ Stiéz. Il ordonné à Padfjudant-général Ma-Séchl d^àller en reprendre le commsiiidement , et an èhef de bi-igadë Lambert de raccompagner. Leurs troupes se cornposaient d'une cottiipdgnie de grenadiers , de cent dromadaires , d'un (ïetachement de la vingt-unième légère, d'un ^cond détachement du quatorzième de dragons, de quelques sapeurs et de trois pièces d'artillerie. En vain publia-t-on qu'elles n'étaient qu'un reste de l'armée française , et qu'on aurait peu de peine à les exterminer ; parvenues à leur destination^ elles attaquèrent la place de Suez, et entrèrent dans la ville malgré la résistance opiniâtre de leurs adversaires.
Le chef de brigade Lambert , et une partie des troupes qu'il commandait rejoignirent
Parmée, sitôt que le but de leur expédition eut été rempli.
De nouvelles conférences eurent lieu , durant cet intervalle, entre le général de Tarmée française et les émissaires des chefs de Farmée ottomane. Kléber communiqua son traité avec Mourad , et dicta les articles de la capitulation, qu^Ibrahim-Bey et* Nassif-Pacha ratifièrent avec empressement. LMchange des otages destinés à en garantir la validité s'effectua le 22 avril ; les trois jours suivans furent consacrés à Tévacuation du Caire , et le général en chef j fit son entrée solennelle le 27 , après avoir rassemblé ses troupes dans la plaine de la Qoubbeh , passé tous les corps en revue , et commandé plusieurs manoeuvres dont Pheureuse et prompte exécution dut révéler aux beys le secret de nos victoires et de nos triomphes.
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