LIVRE IL
rieur de bonhomie. Son origine , son grand âge (à)j son respect pour les pratiques de la religion, le souvenir de Souwarof, dont il avait été le compagnon d'armes , et jusqu'à son costume , qui conservait quelque chose de celui du tems de Catherine , le rendaient cher aux soldats ; aussi fut-il reçu de l'armée avec en^thousiasme.
Ce fut à Tzarewo-Zaimisze , village situé entre Wiazma et Gjat (29 août), qu'il remplaça Barklay (é). Napoléon , espérant que ce nouveau général en viendrait enfin à une bataille , témoigna beaucoup de joie de ce changement. On lui opposait, dans une extrême vieillesse , ce même Kutusof qu'il avait vaincu à Austerlitz ; cet âge n'est point propre au commandement Çc) ; la résolution , l'activité et un corps robuste , qualités les plus nécessaires à un général , lui manquent ordinairement. Kutusof avait plus de vigueur qu'on ne devait en attendre d'un homme de son âge ; mais il manquait d'activité , et si les débuts de son commandement témpignèrent de la résolution,
{à) Il ëtait âgé de soixante-quatorze ans.
(b) Barklay conserva le commandement de la première armée.
(c) Cette maxime est soumise à des exceptions ; mais elles sont rares , surtout depuis la nouyeUe méthode de guerre.
ces voitures d'entraver la marche des troupes et de Tartillerie , avec lesquelles elles marchaient ordinairement pêle-mêle. Cette précaution devenait nécessaire aux approches d'une bataille ; mais Texécution rigoureuse de cet ordre était impossible , parce que les généraux et chefs de corps avaient un trop grand intérêt à ne pas perdre de vue leurs voitures particulières et même celles qui portaient les vivres de leurs troupes. Napoléon le sentait; aussi, pour assurer au moins eja partie cette exécution , il déclara qu'il ferait brûler lui-même le* voitures qu'il trouverait en contravention. Par suite de ces dis-, positions l'artillerie éprouva pendant quelques jours un peu plus de facilité à marcher.
voitures ne marcheraient qu'après TartiUerie , qu'elles ne se trouveraient jamais à moins de deux lieues de Tavant-garde , et qu'elles ne parqueraient jamais sur le chemin. On devait brûler les voitures qui seraient trouvées en contravention. Le jour même oii cet ordre fut publié , Napoléon écrivit à Berthier la lettre suivante :
jiu major-'général.
tt Mon cousin , vous avez reçu oion ordre du jour , pour les
» bagages: faites en sorte que les premiers bagages que je ferai
» brûler ne soient pas ceux de l'état major général.
» Sur ce , etc.
» Signé NAPOLÉON. »
L'ordre de Napoléon , ne fut point exéc|ité, et il ne fit brû« \ei: aucunes voitures.