LIVRE IL
rent-ils à quelques affaires de cavalerie qui eurent lieu à r avant-garde, et qui furent sans importance , au moins à ne considérer que les résultats. Deux seulement méritent d'être citées : la première eut lieu près de Rybki (27 août), sur les bords de FOszma, dont les Russes voulurent disputer le passage; la seconde sur les bords de la Wiazma. Cette rivière traverse d'abord la ville de ce nom , puis , à environ une lieue et demie , forme un coude , et revient traverser de nouveau la grande route , un quart de lieue avant Wiazma. Ce fut en cet endroit que r arrière-garde russe opposa quelque résistance , ce qui n'en^cha pas que le jour même ( 2g juillet ) on ne s'emparât de Wiazma. Les Russes , en abandonnant cette ville , avaient mis le feu aux boutiques ; le quart des maisons fut la proie des flammes (a).
Cependant , malgré le soin que prenait Alexandre de cacher ses revers , on était instruit dans l'aoBipire , particulièrement à Moskou et à Pétersbourg , que Napoléon s'avançait à grandes
(fl) fiarklay , en évacuant sa position derrière FUja , n'avait tuiri la grande route cp'avec la première armée. Bagration , avec la seconde , s'était retiré sur sa gauche , par Brajino, Ga- Trikovvro , Luszki et Skorblewo ; il rejoignit la grande route à Fedorowskoe , le 29 juillet j et depuis cette époque les deux armées se retirèrent sur cette route.
journées sur Moskou. Un cri gênerai d'indignation s*éleva contre Barklay ; on Faccusaît de lâcheté , de trahison ou d'ineptie ; on trouvait honteux d'avoir fui depuis le Niémen sans avoir presque combattu. C'étaient les clameurs ' de Rome contre Fabius. Si Barklay eût livré bataille avant ou peu après Smolensk , il l'eût indubitablement perdue, et la Russie pouvait éprouver les plus grands malheurs : ce général, jugeant parfaitement sa position, continuait donc à se retirer , lorsqu' Alexandre fut en quelque sorte contraint de lui ôter le commande-^ " ment pour le donner à Kutusof que la nation entière lui désignait pour le remplacer.
Kutusof, russe d'origine, était issu d'une famille noble , et était par sa femme allié aux principaux seigneurs de Moskou. Il jouissait dans l'armée d'une réputation que le revers d'Austerlitz avait peu ternie, parce que cette bataille avait été livrée malgré son opposition ^ et que de nouveaux lauriers moissonnés depuis dans la guerre de Turquie , avaient effacé l'im— ^ pression défavorable produite par ce revers- Il avait reçu plusieurs blessures dans différend^ combats, l'une d'elles l'avait privé d'un œil. Il était de moyenne taille , avait de l'embonpoint « et cachait beaucoup de finesse sous un exté-^