‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 106 sur 174 · LIVRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IL

fiestes qu^eat cette conduite ; elle fut encore favorable au monarque russe sous d'autres rapports ; elle lui servit à persuader à son peuple que Napoléon ne leur faisait point une guerre ordinaire , selon Pusage des nations européennes , mais une guerre d'extermination , dans le but d'anéantir leur religion et de rayer la Russie de la liste des nations. Un danger aussi grand devait réunir noblesse , clergé , bourgeoisie et paysans pour la défense commune ; ce fut aussi ce qui arriva.

Après le léger repos que Napoléon avait été obligé de donner à son armée, il la remit de nouveau en marche (4 septembre), et dans le même ordre que précédemment. Sa cavalerie était augmentée du corps de Latour-Maubourg , qui n'était plus éloigné de l'avant-garde que d'une journée (a). A Gridnewo, l'arrièregarde ennemie opposa une vive résistance , qui n'eut pourtant d'autre résultat que de lui faire conserver sa position jusqu'à la nuit. Le lendemain (5 septembre), les corps qui flanquaient la route s'en rapprochèrent, et vers une heure

(a) Latour-Maubourg ëtait arrivé le a8 juillet à Jelnîa, ainsi qu'il en avait reçu Tordre, et avait passé à Ermakowi, le 1*' septembre.

a8a EXPÉDITION DE RUSSIE.

de Faprès-midi, Poniatowski, qui marchait à environ une demi-lieue sur la droite , rencontra Fennemi qui était en position avec des forces supérieures.

Nous touchons enfin à cette bataille, objet des vœux de Napolëon , et que les Russes avaient évitée si long-tems. Je vais d^abord faire connaître la position qu'occupait Kutusof (a).

Environ trois lieues après Gridnewo, on trouve le vaste monastère de Kolotskoi; et peu après, à une demi- lieue sur la droite, la Kalotcha, ruisseau inconnu jusqu'à ce jour, depuis, devenu à jamais célèbre. Il coule d'abord à peu près parallèlement à la route : bientôt il s'en rapproche et la traverse à Borodino, village situé à gauche du ruisseau , à deux lieues du monastère , et à vingt-sept de Moskou ; puis il se dirige vers la Mosk^ra, dans laquelle il se jette à une lieue de là. Ce ruisseau, presque tari par la sécheresse , ne contenait plus qu'une eau bourbeuse et stagnante : d'abord ses rives sont légèrement escarpées; mais en s'a(^rochant de Borodino, l'escarpement de la rive

[a) Ji'entreni dans peu de détails, parce que f ai cru nëcescesiaire de donner un plan dont l'inspection suppléera à ceux que j'aurai omis.

Page 1