‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 119 sur 174 · LIVRE IL 3ii · texte numérisé non relu

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nant sur ses pas , il pénétrait dans cette batterie par la gorge ; Eugène y arrivait alors directement en en franchissant les épaulemens : tout ce qui la défendait fut passé au fil de Tépée ; vingt-une bouches à feu dont elle était armée tombèrent au pouvoir de6 Français. Wathier reprit sa position à droite d'Eugène. Caulain^ court avait été frappé à mort, dans la batterie même. Il était alors trois heures; les Russes avsdent perdu tous leurs retranchemens , et avaient été repoussés sur toute la partie de la ligne, qui s'étendait depuis le ravin, qui était à gauche de la batterie, jusqu'à la vieille route de Smolensk ; mais aucun désordre ne s'était manifesté dans leur armée , le sort de la bataille était encore incertain. Dans ces conjonctures, Kutusof se décida à tenter un effort sur le centre de l'armée française, qui. n'était occupe, ainsi que nous l'avons vu, que par de la cavalerie. Il fait former en masse la partie de la garde qui n'avait point encore donné , la fait appuyer par de la cavalerie , et dirige ses troupes de manière à ce que leur gauche marchât sur Séménowska.

Les dispositions préparatoires de ce grand mouvement s'exécutèrent avec tant de lenteur qu'on put de plusieurs points de l'armée fran-

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çaise voir l'orage se former. Sorbier (a) Taperçut le premier , et ne consultant que la né-* cessitë , il ordonne à la batterie de réserve de la garde (A) de se porter au centre et de tirer sur les masses que formaient les Russes. Murat , instruit un moment après , s'occupe aussi de réunir de l'artillerie sur ce point; il s'y trouve bientôt environ quatre-vingts bouches à feu. Tandis que l'on cherchait ainsi à tirer parti des moyens que l'on avait sous la main » Napoléon , éclairé par le rapport de ses généraux sur le danger qui menaçait son centre , fit avancer l'infanterie de la garde pour qu'elle fût à portée de le secourir au besoin.

Cependant les Russes s'avançaient, mais lentement , accablés par le feu d'artillerie le plus violent qu'aucune troupe ait peut - être jamais essuyé. Leur cavalerie chargea les batteries à plusieurs reprises; quelques-unes tombèrent même en son pouvoir; mais la cavalerie fran-

(a) Le lieutenant-gënëral comte Sorbier commandait Tartillerie de la garde.

{è) C'était cette batterie de vÎBgt-quatre bouches à feu de douze qui avait d'abord été placée derrière Tépaulemeiit construit près du bois , mais qui avait été obligée de se porter en avant pour pouvoir canonner efficacement les redans , parce qu'ils se trouvaient trop éloignés de cet épaulement.

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