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çaise , qui les soutenait, les reprit aussitôt ; enfia cette masse redoutable d'infanterie , éprouvant des pertes énormes, ralentit sa marche, puis s'arrêta, et bientôt après le désordre s'y étant mis , elle se retira couverte par son artillerie et sa cavalerie. Tel fut le résultat d'une tentative bien entendue , qui devait avoir du succès , et qui n'échoua que par la lenteur de l'exécution (o).
Toutes les troupes qui avaient été engagées de part et d'autre, avaient essuyé de grandes pertes , et étaient accablées de lassitude ; on ne pouvait plus rien entreprendre de vigoureux qu'avec des troupes fraîches. Dans l'armée de Kutusof , la seule milice de Moskou n^avait pas donné ; dans celle de Napoléon , au contraire , la garde , à l'exception de trente-six bouches à feu qui avaient pris part au combat (6), était intacte ; il pouvait se promettre un succès décisif s'il la faisait donner : il se contenta d'en*^ voyer la division Claparède en réserve derrière Eugène ; ce fat alors seulement que , montant achevai, il se dirigea vers les redans, et visita
(a) Je ne veux parler que d'un succès momentané^ puisque Napoléon pouvait disposer de toute sa garde pour repousser cette attaque.
{J)) L'artillerie de la garde servait cent quatre bouches à feu.
3i6 EXPÉDITION DE RUSSIE.
de ^^rand^ pertes, eft son adversaire acquérait une force morale incalculable. Jusqu^alors c^é-* tait particulièrement sur les.champs de batailles que ses talens avaient brillé avec le plus d'éclat; c'était-là qu^il semblait en quelque sorte maîtriser la fortune^ A la Moskwa. on le vit rester avec apathie , pendant presque toute la bataille , dans un endroit trop éloigné du théâ-* tre des opérations pour qu'il pût les juger pap ses yeux , et d'où il ne donnait que des ordres souvent tardifs. Il montra dans les momens les plus importans une grande irrésolution ; il fut enfin au dessous de sa réputation , et manqua entièrement à sa fortune..
Si Poniatov^ki ne put exécuter ce qui lui avait été ordonné , cela tint aux localités et au nombre de troupes qui lui furent:opposées , cirr constances que Napoléon ne pouvait connaîtne exactement ; mais si Ney eût été secondé à tems après s'être emparé des redans {a) , Içs Russes auraient été enfoncés sur ce point ; la cavalerie française aurait {>u se déployer dans la plaine qui était en arrière ; la bataille gagnée compté-
(a) Indëpendamment de Friant Napoléon aurait pu envoyer au secours de Ney Gaparède et même Junot. Ce dernier aurait- Cité employé plus utilement sur ce point, oii il aurait produit un effet décisif , qu'à secourir Poniatowski.