‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 150 sur 174 · LIVRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IL

tie faire partir de Smolensk que des réuniond de troupes d^au moins quinze cents hommes.

Aussitôt que Napoléon eut été instruit de la position de Tarmée russe, il mit de nouveau Poniatowski , ainsi que la Houssaye , à la disposition de Murât , auquel il ordonna de repousser cette armée jusqu^à plusieurs marches de Moskou ; Bessières , avec ce qui lui restait de troupes , devait se porter à son secours s'il était^nécessaire. Napoléon , persuadé que Kutusof se retirerait dès qu'il aurait la certitude que l'armée française s'avançait pour l'attaquer, en fit courir le bruit. Toutefois , quoiqu'il désirât épargner des fatigues à sei^>troupes, il était décidé à marcher avec toute son armée pour livrer bataille à Kutusof s'il persistait à conserver sa position. Aussitôt les ordres de Napoléon reçus, Murât se dirigea de Podol sur Krasno-Pachra , ef , le 27 , il se trouva en présence dé Kutusof, et placé sur le flanc droit de sa position , en sorte qu'il aurait pu attaquer ce général avec un grand avantage s'il n'avait été trop faible pour le tenter; aussi Kutusof ne manifestait-il aucune crainte. Pendant quç Murât exécutait ce mouvement, Bessières s'était avancé jusqu'à Batukinka; Lahoussaye, qui n'avait point encore rejoint Murât, marchai^

à son avant'garde. Bessières et Murât, sépares par la Pachra, harcelés par les Kosaques, De communiquaient point.

Napoléon reçu t le 28, à deux heures de l'aprèsmidi, un rapport de Murât, qui lui faisait connaître que Kutusof paraissait vouloir tenir. Napoléon ne pouvait rester dans Moskou , si Kutusof se maintenait dans une position si rapprochée de cette capitale, et de son unique communication. Il donna donc, à Finstant même , l'ordre à toutes les troupes qui étaient dans Moskou et aux environs , de se préparer à marcher dans la nuit pour se diriger sur Podol. Son intention était de placer son armée dans la position qu'occupait Murât , pour attaquer l'ennemi par son flanc droit et de revers (a); mais un nouveau rapport de Murât lui ayant appris que Kutusof faisait des préparatifs de retraite , il se tint tranquille. Le général russe se retira en effet dans la journée du 28 ; sa retraite fut lente , comme si elle eût été le résultat d'un plan combiné, plutôt que de la nécessité (fi) ;

(a) Tout ce que je rapporte relativement aux diffërens projets conçus par Napoléon est tire de sa correspondance avec ses généi'aux , par l'intcrviédiaire de Berthier.

(b) n est naturel de le penser , puisqu'il faisait travailler^ i deux journëcs en arrière de Krasno-Pachra , à des retrancbetoens sur lesquels il se retirait.

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