‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 152 sur 174 · LIVRE. IL · texte numérisé non relu

LIVRE. IL

c&rps qui étaient dans Moskou et aux environs de se procurer des vivres pour six mois (a) , et faisait travailler à mettre le Kremlin en état de défense , c'est-à-dire, à Fabri d'un coup de main; car cette vieille forteresse ne pouvait soutenir un siège en r^gle. Le 2 octobre , on y comptait déjà douze bouches à feu; dix-huit autres devaient y être placées à mesure que les travaux s'exécuteraient. Ce fut alors aussi que Napoléon fit jouer la comédie par des comédiens français qui étaient restés à Moskou ; ainsi rien n'annonçait qu'il voulût quitter cette capitale. Ces dispositions prises ^ il envoya vers Kutusof , Lauriston, l'un de ses aides de camp (A) ( 4 octobre); ce général était porteur d'une lettre de Napoléon à Alexandre , qui contenait des propositions de paix, et l'offre de lui envoyer cet aide de camp à Pétersbourg pour en traiter. Il proposait aussi une suspension d'armes , et une désignation des pays qu'occuperait l'armée française pendant qu'on traiterait de la paix. Ku-

(a) Il n'était pas possible de se procurer cet approvisionnement en farines ni en bestiaux ; mais l'on réunit le plus que Ton put de pommes de terre ^ de légumes et de poissons secs.

(à) Le général de division comte Lauriston était ambassadeur en< Russie avant la guerre ; il avait quitté Pétersbourg le 3o juillet pour s'embarquera Gronstadt, avait débarqué àPilau, et avait rejoint Napoléon deux jours après la prise de. Smolensk.

Sgo EXPÉDITION DE RUSSIE.

tusof se chargea de faire parvenir la lettre ^ mais refusa de recevoir Lauriston avant d'avoir pris les ordres de son souverain (a).

Cependant la perte de M oskou , n'ayantpoint engagé Alexandre à demander la paix. Napoléon ne devait séjourner dans cette capitale que le tems strictement nécessaire pour réparer les forces de ses soldats, rétablir ses chevaux, et faire à la chaussure et à lliabillement les réparations les plus urgentes. Le dépérissement de la cavalerie augmentait chaque jour (6).

Déjà quatre mille cavaliers étaient démontés , et il ne restait en bon état que la cavalerie de la garde. Napoléon devait craindre aussi que Kutusof , qui recevait journellement deâ renforts , ne se décidât à se porter sur ses communications. Enfin les approches de Phiver , si rigoureux dans ces climats , devaient le décider à partir, au plus tard, dans les premiers jours d'octobre, s'il ne voulait exposer son armée aux plus grands malheurs; car indépendam-

(à) On remarquera que Napoléon était obligé de se servir, pour négocier, de ses généraux, tandis que son ministre des relations exténcures , resté à Wilna , transmettait ses ordres aux généraux commandant les corps d'armée détachés, etpoa* vait même prendre sur lui d'en donner dans les cas d'urgence.

(t) Cette observation se rapporte particuHèremaaf à la cavalerie qui se trouvait avec Murât.

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