‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 171 sur 174 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

«laburg pour secourir le corps prussien , et qu'il n'était resté dans cette place qu'un régiment ; que Steinheil était en marche pour se réunir à Wittgenstein , déjà très-supérieur à Saint- Cyr par suite des nombreux renforts'* qu'il avait reçus, et que le seul moyen de résister à des forces aussi imposantes était que Victor marchât au secours de Saint-Cyr ; mais dès lors Napoléon ne pouvait plus compter sur ce corps pour lui servir de réserve , événement qui pouvait amener les plus grands malheurs.

Le seul retour de ce conquérant à la tête de •on armée de Moskou pouvait rétablir ses affaires (a) , et il devait se hâter ; car , si ses lieutenans essuyaient de grands revers , sa perte devenait inévitable. D'ailleurs, il se trouvait à la discrétion des Autrichiens et des Prussiens , puisqu'il suffisait qu'une seule de ces deux puii^-* sânces rompît son alliance pour causer sa ruine. H devait se souvenir qu'il est bien rare qu'on ne rompe pas des traités humilians et

(fl) Il s*ëtait flatte que la victoire de la Moskwa et la prise de ^oskou engageraient la Turquie et la Suède à déclarer la guerre à la Russie. En supposant même qu'il n'eût pas encore reçu de nouvelles directes concernant les résolutions de ces deux puissances , les diversions si importantes des armées de Moldavie et de Finlande ne devaient plus lui laisser de doute à cet égard.

{îinestes quand la force qui les ayait imposés devient impuissante pour les maintenir. Ainsi , après avoir conquis avec tant de rapidité de vastes provinces , il était menacé de 1^ perdre plus promptement encore. Malgré tant de puissantes raisons y qui auraient dû le décider à commencer sa retraite y il continuait à rester à Moskou y les yeux fixés sur Péten^ourg , d^où il attendait un armistice , pendant lequel on traiterait de la paix. Il s^était d-ailleurs , sans avoir égard aux rapports de ses lieutenans , formé un état d^s choses selon se3 désirs. Ainsi y selon lui, Tannée de Moldavie lie 4> élevait qu^i vingt mille hommes, et les forc^ de, Schwartzenberg et Reyn^r étaient mi.mcÂn^ égales à Celles de Tprtnas^of et Tchitchagof ; il avait d^aiileuraprié Temperetir d'Autriche de nKiforxtx de dix mille hommes le corps de Schwartz^nberg , et de faire faire un mouvement offensif au corps autrichien stationné en Galicic. Quant aux renforts qu'avait reçus Wittgenstein y il prétendait que c'étaient principalement des milices, troupes méprisables, et que Saint- Cyr était en état de tenir tête à ce général ; que si , contre l'apparence , il ne le pouvait , Victor était disponible ; comme s'il n'était pas possible que les circonstances devinssent telles que

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