LIVRE n
ce gênerai dût se porter tout à la fois au secours de Saint-Gyr , de Schwartzeiiberg et de l'armée de Moskou.
J'ai fait connaître le désordre qui avait régné derrière Tarmée dans le premier mois de l'invasion. Peu d'amélioration avait été appor-^ tée à cet état de choses ; de nombreux traîneurs couvraient encore la Lithuanie et achevaient de la dévaster ; la maraude était toujours le principal moyen d'existence : Kowno , Wilna et Minsk , principaux dépots de vivres de l'armée , étaient les seuls lieux où le service des vivres fût entièrement assuré. L'on s'occupait de former aussi un dépôt à Smoleusk ; mais cette opération était si peu avancée que jusqu'alors l'intendant s'était procuré des vivres par la maraude ; il donnait la ration ou la demiration aux troupes qui passaient , selon qu'il le pouvait ; celles de la garnison allaient cantonner dans les endroits qui offraient encore des ressources , ou se pourvoyaient en envoyant des détachemens à la maraude (a). Ces déta-
{a) Je tiens d'un officier du corps de Victor , qui a cantonne dans les environs de Smolensk pendant que sa division était en garnison dans cette ville^ qu'on aurait pu facilement, si Ton y eût mis de Tordre , obtenir des habitans tout ce qu'ils pouvaient donaçr. Il aurait suffi ds s*adresser aux c^befs de villages,
chemens ne se contentaient pas d'enlever le nécessaire , ils saccageaient , brisaient et détruisaient sans aucun avantage.
Cependant le repos dont jouissait Napoléon lui laissant quelques loisirs , il les employait à promulguer, de Moskou , des décisions et des décrets relatifs au gouvernement intérieur de la France , et à passer journellement en revue quelques portions des corps qui tenaient garnison dans Moskou.
Des trois armes qui composaient Tarmée , l'infanterie seule était en bon état : le fantassin , avec le repos et l'abondance , avait retrouvé ses forces. Quelques militaires blessés légèrement dans les derniers combats reparaissaient dans les rangs, et quelques régimens de marche avaient été répartis dans les corps. La chaussure et l'habillement étaient réparés.
De toute la cavalerie de l'armée , celle de la
xlans ceux qui appartenaient à la couronne , et aux seigneurs ou à leurs intendans , dans les autres. Cet officier rétablit la confiance dans ceux qui lui avaient été assignes ; ses réquisitions étaient acquittées exactement, et loin d'éprouver les moindres privations , il envoyait des vivres à sa division en -prenant la précaution de faire escorter ses convois ,, afin qu'on n'en prît pas les chevaux. Il préserva pendant quelque tems gon cantonnement de la dévastation ; mais des compagnies de «araudeurs , tenues de Smolensk , détruisirent son ouvrage.