‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 21 sur 174 · LIVRE I. S · texte numérisé non relu

LIVRE I. S

obéir à ceux que dans des cas d^urgence il jugerait convenable de leur donner. Ce ministre avait donc reçu des pouvoirs tels que Napoléon n^en avait jusqu^ alors accordé de semblables à personne dans des circonstances aussi importantes.

Les premiers actes du gouvernement provisoire lithuanien furent trois proclamations ;' par la première il annonçait son installation : la deuxième était adressée au clergé pour Fen^ gager à solliciter la protection divine ; la troisième aux Lithuaniens qui servaient dans Tarmée russe , pour les engager à se ranger sous les drapeaux de la patrie. Ce gouvernement s'occupa ensuite d'exécuter les ordres de Napoléon et d'adoucir les maux que la guerre faisait peser sur le pays. Le plan que je me suis tracé ne comporte pas de plus amples détails sur cette matière ; je me contenterai d'ajouter qu'on acheva l'organisation du pays , en imitant presqu'en toutes choses celle de la France.

Pendant que Napoléon se livrait à ces occupations, il ordonnait de construire un vaste camp retranché sur la rive droite de la Wilia , , vis-à-vis de Wilna ; mais ces travaux sans but raisonnable furent bientôt abandonnés. On donna de la suite à ceux qu'il faisait exécuter

pour mettre Kowno à l'abri d'un coup de main. Cette ville était son principal entrepôt de vivres ; ils y arrivaient par eau {a) , moyen précieux , vu l'épuisement des pays qu'avait parcourus l'armée ; de là on les conduisait à Wilna sur des allèges , qui peuvent remonter la Wilia jusqu'à cette ville.

Les soins que Napoléon donnait à ses nouvelles conquêtes ne l'empêchaient pas de s'occuper de son armée ; il dirigeait de Wilna les mouvemens de tous les corps, et inspectait toutes les troupes qui passaient par cette ville. Un grand nombre de chevaux étaient épuises ; il les fit cantonner afin de les rétablir , et ordonna que le canon qu'on n'avait pu emmener rejoindrait à mesure qu'on pourrait réunir assez de chevaux pour l'atteler ; il ordonna aussi que les parcs d'artillerie qui n'avaient pas de chevaux seraient attelés de bœufs et marcheraient par petits convois. Ce fut au milieu de ces occupations qu'une députation de la confé-

(a) Le Niémen oommuniquait avec la Vistule par le canal Fr^dëric , la Deine, la Prëgel et le Frisch-Haff; la Vistule avec rOder par la Brah, le canal de Bromberg , la Netze et la Wartha ; TOder avec TËlbe par le canal Finow et la Havel : «ette dernière rivière reçoit la Sprëe, qui passe à Berlin. Ainsi une communication par eau conduisait de Kowno jusque dans le cœur de TÂilemagne.

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