LIVRE I
lirer parti de la haine qui animait les peuples de cette province contre les Russes ; il créa un gouvernement provisoire , à la tête duquel il mit sept des principaux seigneurs lithuaniens ; un commissaire impérial servait d'intermédiaire entre ce gouvernement et Napoléon ; il divisa la province en quatre intendances (a) , qui furent elles-mêmes divisées en sous-préfectures ; les intendans étaient Français , les sous-préfets furent choisis parmi les nationaux ; il ordonna la formation d'une gendarmerie et celle de six régimens d'infanterie et de cinq de cavalerie , dont un , composé de gentilshommes , devait faire partie de sa garde ; il nommait aux principaux emplois, le gouvernement provisoire nommait aux autres. L'état de détresse dans lequel la guerre réduisait cette malheureuse contrée ne lui aurait pas permis de donner un plus grand nombre de troupes.
Napoléon avait avec lui Maret , duc de Bassano , son ministre des relations extérieures , et le comte Daru , son ministre secrétaire d'état ; ce dernier, d'après la nature de ses fonctions , était destiné à le suivre pendant toute la cam-
(a) Ces intendances étaient Wilna , Grodno , Minsk et Bialystock ; depuis l'on en créa de nouvelles , à mesure que les conquêtes de l'armée s'étendirent.
pagne. Maret paraissait posséder alors toute s» confiance (a). On savait que le rétablissement de la Pologne était une des vues politiques auxquelles ce ministre était le plus attaché ; cette grande mesure semblait d^ ailleurs commandée par l'intérêt de Napoléon ; on s'attendait donc à la lui voir prendre. Maret était resté à Kœnigs-^ berg lorsque Napoléon quitta cette capitale ; il le rejoignit à Kowno et arriva quelques jours après lui à Wilna. Il traînait à sa suite les ambassadeurs et chargés d'affaires des différentes, puissances alliées de Napoléon. Ce conquérant pouvait ainsi mener de front les négociations et les armes. Il voulait se servir de Maret sous l'un et l'autre rapport , d'une part en traitant avec les a^ibassadeurs et en leur faisant envisager les événemens sous le point de vue qui convenait à s^ politique , de l'autre comme centre de conununications entre le grand quartier général , qui devait bientôt quitter AVilna , et les corps d'armée qui opéraient isolément. Les généraux commandant les corps d'armée détachés devaient communiquer à Maret les.
ordres qu'ils recevraient directement , et même
(a) On remarqua , ce qui ëtail contre Tusage , qu'à Kœnigslicrg Napoléon se fit accompagner ai;x revues dp troupes par., çç ministre.