‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 34 sur 174 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Russie , et détruire sa religion ; il fait connaître le danger où se trouve l'empire ; attribue ses revers à rinfériorité de ses forces , et appelle ses sujets à faire les plus grands sacrifices pour le salut de Fétat ; il charge la noblesse de cha- <pie province de l'organisation des levées ; enfin il engage Moskôu à donner l'exemple du dévouement, les provinces aie suivre. Ces mesures étaient tardives , surtout dans un pays où tout marche avec une lenteur excessive , moins à cause de son étendue que par suite d'une administration vicieuse et infidèle.

Aussitôt après avoir publié ces deux proclamations, Alexandre quitta l'armée et se rendit à M oskou , afin d'y hâter et d'y diriger les mesures de défense. Il fit , dans le même but , partir son frère le grand-duc Constantin pour Pétersbourg (a).

Barkiay se trouva dès-lors entièrement chargé de la conduite de la guerre. Dans la crainte d'être devancé par Napoléon , ce général contimiait à remonter la Dwina à marches forcées. Il laissa Wittgenstein devant Polotzk , après avoir augmenté son corps de la garnison de Diinabourg et de quelques bataillons de la réserve de gre-

(d) Constantin fut remplacé dans le commandement du cinquième corps par Larof.

nadiers , plaça Doctorof en observation devant Beszencowiczi , fit occuper ce bourg par de la cavalerie légère , envoya des partis jusque sur rUla, puis, accompagné du reste de ses forces, il repassa la Dwina à Witepsk (24 juillet) , et, descendant cette rivière par la rive gauche , prit position en arrière de la Luczissa, petite rivière qui se jette dans la Dwina à environ une lieue de Witepsk* Il envoya le corps d' Osterman (a) à Ostrowno , bourg situé à une journée de distance , sur la route de Beszencowiczi. Pendant tous ces mouvemens , l'armée française continuait à se porter sur Witepsk.

Depuis Diinabourg jusqu'à TUla , en remontant la rive gauche de la Dwina , le pays est rempli de bois et de marais , au^ milieu desquels on ne trouve que quelques misérables villages : les moindres pluies y rendent les routes impraticables ; elles se ressentaient encore de celles des derniers jours de juin ; aussi l'artillerie et les bagages ne parvinrent à y passer qu'avec beaucoup de peine , et souvent qu'après les avoir réparés.

Murât , s'étant assuré à Disna (20 juillet) que

{a) Ce général avait remplace dans le commandement du quatrième corps le général Schouwalof , tombé malade peu avant Drissa.

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