‹ Histoire de l'expédition de Russie (volume 2)Chapitre 36 sur 174 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

la nuit , qui termine ordinairement ces sortes de scènes, ne fit qu'augmenter le tumulte. Le lendemain ( 25 juillet), Murât continua à se porter en avant ; les autres corps se mirent en marche sur la même route , ne conservant entre eux que des distances qui auraient permis , en arrêtant la tête un seul jour, de les réunir tous sur un champ de bataille. Eugène suivait immédiatement Murât ; venaient ensuite la garde , les divisions du premier corps et Ney. Saint- Cyr était resté en observation à Uszacz et n'arriva à Beszencowiczi que le 3o. On détacha une brigade de cavalerie légère sur la droite pour établir une communication avec Grouchy qui occupait Kokhanow et Orsza. Ce général reçut l'ordre de se rapprocher de màtiière à se trouver entre Orsza et l'armée française quand elle serait devant Witepsk.

Depuis Beszencowiczi jusqu'à Witepsk , la route se trouve toujours à une faible distance de la Dwina ; avant Ostrowno le' pays est presque partout découvert et cultivé ; une portée de canon au delà, ce sont des bois qui s'eteudent jusqu'à la LuCzissa , et au ihiliéii desquels on trouve çà et là quelques parties cultivées.' ïia route y est coupée par plusieurs ravîn» assez profonds. Osterman avait pris position à l'en-

trée de ces bois ; sa droite occupait la partie qui borde la Dwina , sa gauche celle qui est à gauche de la grande route , son centre un terrain découvert situé au milieu du bois , et que la route traverse ; Ostrowno se trouvait devant son front. On avait mis sous ses ordres le corps de cavalerie de Pahlen ; il l'envoya en reconnaissance sur la route de Beszencowiczi, où il rencontra bientôt la cavalerie française : chargé avec impétuosité par la division Bruyère , qui marchait à l'avant -garde, il perdit six canons et se replia sur Osterman. Murât , supérieur en cavalerie , n'avait qu'un régiment d'infanterie ; il essaya cependant d'enlever la position , mais fut reppiissé ; Osterman , de son côté ^ voulut à plusieurs r^rises faire avancer de l'infanterie ; aussitôt qu'elle s'ébranlait , elle était chargée par la cavalerie et culbutée. Pendant ces alternatives l'artillerie ne cessait de porter la mort dans les rangs ; enfin parut la division Dçlzoïis du quatrième corps ; sa présence décida la retr^He d',Osterman , trop faible pour lutter contre Içs troupes qui ajilaient arriver succje^iyemèpt ; ce général pouvait d'ailleurs être facilement tourné , et il se serait exposé à une perte certaine s'il eût conservé plus longtems sa position. La nuit favorisa sa retraite.

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