LIVRE I. gâ
Barklay le renforça avec la division Konownitzin , ce qui porta les troupes sous ses t)rdres à environ vingt-cinq mille hommes , dont cinq mille de cavalerie ; ces forces étaient suffisantes , la disposition des lieux n'aurait pas permis d'en employer davantage.
Le 26 , le mouvement de l'armée continua , la cavalerie ne pouvant que rarement être utilisée , un régiment d'infanterie marchait à l'avantgarde ; venaient ensuite une division de cavalerie légère et la division Delzons ; les différens corps de l'armée suivaient dans le même ordre que la veille. Environ à une lieue et demie d'Ostrowno, on rencontra les avant-postes d'Osterman; quelques tirailleurs disputaient le hois que traverse la route ; ils furent facilemeiit repoussés jusqu'à un ravin escarpé , situé ûtie demilieue plus loin. Le corps d'Osterman était placé derrière ce ravin , la droite appuyée à la Dwina , la gauche à des bois épais qu'il avait garnis d'infanterie. La cavalerie se déploya autant qu'il lui fut possible , et la canonnade s'engaga ; bientôt arriva la division Delzons ; Murât lui ordonne de passer le ravin et de marcher à l'ennemi.
Dans les bois épais de la droite , le succès fut balancé; à la gauche il fut complet; mais l'enncmi ayant conduit un renfort sur ce point , y
reprit l'offensive et nous rejeta en deçà du ravin. Une seconde attaque eut le même succès , fut suivie du même revers ; déjà une colonne d'infanterie ennemie , profitant de cet avantage , passait le ravin lorsque Murât , chargeant lui-même à la tête d'un régiment de cavalerie polonaise , la rompit et l'enfonça ; ce succès ranime l'ardeur de l'infanterie, elle charge de nouveau l'ennemi , et enlève sans retour la position (a). Les Russes se mirent en retraite sur toute la ligne , et furent poursuivis jusqu'à l'entrée d'un grand bois que traversait la route ; on hésitait à les y attaquer, ignorant s'ils n'avaient pas reçu de nouveaux renforts. Napoléon arriva sur ces entrefaites , et fit pénétrer dans le bois ; les Russes en furent chassés ; on enleva successivement toutes leurs positions , et on les mena ainsi jusqu'à environ deux lieues de Witepsk.] Murât, dans ces combats et dans celui.de la veille , montra plus de témérité que de prudence ; il fut plusieurs fois sur le point d'être pris , et de perdre de l'artillerie qu'il avait trop exposée ; mais le succès justifia sa conduite.
Le corps d'Osterman ayant beaucoup souffert, Barklay composa pour le remplacer une
(a) Ce combat fut vif, mais ne dura que très-peu de tems.